Un grand ciel bleu dans l’âme - Partager


Ca faisait longtemps que je n’avais pas joué un tournoi à l’ACF. Je m’y rends régulièrement pour les tournois « people » mais ce sont des tournois très particuliers : on y boit, mange, discute, rigole autant qu’on y joue aux cartes (et parfois, le moment le plus drôle est justement quand on joue aux cartes).

Je savais que je partais avec un handicap à cet event à 3000 euros (20 000 en jetons, niveaux 45min) : l’heure de départ et donc l’heure d’arrivée. La distribution des cartes est annoncée à 16 heures et la fin du day 1 est prévue vers 6H le matin. Pour la maman que je suis qui s’est levée tôt le matin, voir même une ou deux fois dans la nuit (« maman, y a un monstre qui me fait peur » et « maman, il est toujours là !»), ma condition physique allait être l’une des clés du tournoi.

Ma table est plutôt agréable : trois habitués du lieu, Paul Testud, et quelques jeunes agressifs. Je fold KK sur un flop 10/J/X.C’est une main que je tribet préflop et je sais à la tête du joueur quand il me raise au flop qu’il a trouvé ce qu’il cherchait et il me fera voir sa main JJ. Je remporte des petits pots, je fais sauter Paul : je reraise AQ après une relance d’un joueur très actif à table. Paul très short me fait boîte pour le double de ma mise, je paye, il retourne QQ et sort un AS.

A la pause dîner je me retrouve installée devant un confortable tapis de plus de 55 000 quant l’average est à 40. Je me permets deux trois moves à ma nouvelle table car je suis systématiquement attaquée par un jeune joueur assis deux sièges à ma droite. Vers 2H30 du matin, je perds JQv67 en poussant à la faute préflop un joueur short que je sens à bout. Mais c’est sans compter la chance 895 … et me retrouve en difficulté d’autant que je n’ai aucune carte à jouer pendant l heure.

Je suis déplacée à la table de Ludo, à sa gauche. Et je saute en poussant K2s au cut off, payée par AQ au bouton.

Rendez-vous à Amsterdam le lendemain pour jouer le tournois Master Classics d’Amsterdam, 12 000 jetons seulement mais de beaux niveaux de 90 minutes.

Je joue pour la première fois à la table de Roger Hairabedian. Très actif les trois premières heures, il me donne des jetons sur un coup dont je prends l’initiative. C bet au flop, check turn (pour contrôler le pot et pouvoir figurer un bluff river) et il paye 2/3 du pot à la rivière. J’ai top paire et il muck.

Je trouve une fois les AS que je raise utg, call par trois joueurs dont la BB et le bouton. Flop 8/10/J … pas vraiment les cartes que je voulais voir et je jette ma main devant la relance du bouton à la turn qui amène une dame.

Contre un jeune joueur agressif, je call sa relance avec K4s. Sort deux carreaux. Je le check raise au flop pour avoir une free card et la couleur sort à la rivière.

Et ce coup plutôt drôle même si j’aurais sûrement gagné plus de jetons en le jouant « normalement » : un nordique en début de parole veut faire 400 mais il fait 4000 ! Il faut toujours se méfier (acting ou pas) et je regarde mes cartes KK … bon, là, je fais de mon mieux pour la jouer « oulala … heu … ben … je vais min-raise alors si tu t’es trompé » histoire qu’une main moyenne me call ou encore mieux me raise … mais non, tout le monde fold … mais je remporte tout de même cette petite somme.

Je suis bien dans ce tournois, un œil protecteur, un ange sur mon épaule droite m’encourage … je me fais remonter les bretelles par Guillaume quand je fold QQ sur un flop 766 contre un joueur dont je paye deux fois les bluffs alors qu’il mise chaque street (« là, il me la fait à l envers, il ne va pas me bluff une 3ième fois  » si si lol) mais j’ai 20 000 et tout va bien !

Et puis changement de table et descente aux enfers … plus rien ne passe, je suis siège 5 et les sièges 7/8/9 sont très difficiles à jouer. J’essaye de comprendre l historique entre ces 3 joueurs car il y a une tension palpable et les temps de réflexion s’allongent de plus en plus.

Je perds des jetons avec AK et puis je ne vois plus aucune main. Les pots sont 3bet et les tapis grimpent et je reste sur le banc de touche.

Je reviens en day 2 avec 22 BB et une petite idée de comment il va falloir jouer J

Mais je vais résister 4 heures me bagarrant toute seule contre mes mauvaises cartes … si seulement les pots n’étaient pas ouverts ! Mais comment pousser avec deux cartes non suitées comprises entre le 2 et le 6 quand une relance a déjà été faite ?

Je pousse une première fois avec 9/10o puis une seconde avec JQo dans un pot ouvert avec l’idée que mes cartes sont vivantes mais non même pas : je fais face à AJ et je chatte ce coup avec la Q … et je fini par sauter exsangue sur un coin flip JKv10/10

Je ne regrette rien (ou presque) de ces journées/nuits passées entre douceur, excitation et défis et c’est avec un grand ciel bleu dans l âme que je boucle ma valise pour Vilamoura …

A tout de suite

Neechee Girl

Un commentaire pour “Un grand ciel bleu dans l’âme”

  1. sebaja dit :

    Une sensualité extrème, une voix qui fait craquer, j aime pas, j adore ……

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