
En ce début d’année 2009, je suis officiellement “on fire”. Et aussi un peu “on tilt”.
Certes, je n’ai pas passé le premier jour à l’EPT des Bahamas. Puis, j’étais dans les chip leaders à Deauville à la fin du day 1, avant de m’écrouler au jour 2 avec un mélange de malchance et de jeu approximatif. Ca, c’était histoire de se motiver pour la suite.
Et puis, le rush. Je viens d’enchaîner trois tables finales consécutives dans des tournois “mineurs” du circuit. Et pourtant, quelque chose me tracasse: un sentiment diffus de frustration et d’inachevé.
Il y eût tout d’abord le tournoi mensuel du Cercle Wagram à 1500 euros. Après un départ canon, je résistais avec patience à un tilt énorme pendant plus d’une heure (8 relances, 7 fois avec rien, 7 fois tapis sur moi, la seule fois ou j’ai une main je prends les blinds!). Avec un peu de réussite et pas mal de self contrôle, j’accrochais la table finale puis rentrais dans le deal à 4 grâce à un coup chanceux avec A4 contre le AK de Gilles Smadja. On peut pas toujours être devant… Les cartes se vengaient de moi un peu plus tard quand, chip leader à trois joueurs, mon AK perdit à son tour le “70/30″ contre le AT de Marc Trijaud, pour le pot du tournoi. J’échouais à remonter par la suite et terminais en 3eme place pour 25000 euros.
Puis ce fût le tour de l’European Deep Stack Championship à Dublin de se placer dans mon viseur. Arrivé dans les cironcstances comiques que vous connaissez (décrites sur ce même blog), je profitais de la structure magnifique pour pratiquer un poker créatif et un peu foufou. La présence d’un bon nombre de joueurs de qualité, notamment parmi les qualifiés Winamax, ou encore Aurélien Guiglini ou Tristan Clémençon, me compliquait la tâche lors du jour 2 notamment. Il fallait bien trouver quelques subterfuges pour leur donner le tournis! On s’est donc fait plaisir à coups de resteals, de 4bet light, de check/raise all in avec air dans des pots monstrueux… En plus, la réussite était au rendez-vous et je me retrouvais chip leader à 15 joueurs…. très brièvement, avant qu’un combat big blind vs bouton mal négocié ne me coûte un pot énorme. La machine s’était enrayée, et je m’écroulais en 7eme position. 11500 euros.
Enfin, tout récemment, je m’attaquais au main event à 2000 euros du Paris Open of Poker de l’ACF. J’y ai joué plutôt pas mal, sans réussite particulière, et eût le plaisir de disputer quelques mains contre d’excellents joueurs qui resteront dans mes annales personnelles: un énorme bluff, un énorme call…. et aussi un énorme craquage! Le No Limit Hold’em ne laisse pas le droit à l’erreur. 6eme place, 15065 euros.
Je suis obligé de constater qu’il me manque quelque chose. Si les tables finales commencent à apparaître, les premières places manquent encore à mon palmarès live. Serait-ce la “peur de gagner” dont parlent les tennismen? Ou un excès de confiance, d’ego qui me force à me mettre en danger alors qu’il me suffirait souvent de gérer? Tel un footballeur en plein doute, je me positionne devant le but vide avant de tirer dans les nuages.
Je sais que le combat à livrer est contre moi-même. Ces tendances à “suicider” mes tournois, si elles ne manquent pas d’un certain panache, ne sont pas vraiment bénéfiques à ma page hendon mob, ni à mon portefeuille. Nico Levi m’a pourtant prévenu: dans la carrière d’un joueur pro, le pire est toujours à venir!
Regardez le Roi de Coeur en haut de ce blog: on l’appelle le Suicide King, car il donne l’impression de se passer sa propre épée en travers du cerveau. J’aurais pu tout aussi bien mettre ma photo…
Note pour 2009: changer de couleur.
ManuB
12 mars 2009 à 13:06
Allez Manu, tel Hatem Ben Arfa, tu as le talent mais faut pas faire n’importe quoi avec ! Je m’inquiete pas pour toi, tu sauras tres bien gere ce passage, apres tout tu as bien ecrit un livre sur ca, non ?
12 mars 2009 à 14:08
Courage Manub… Là tu viens de faire le plus dur, se (re)mettre en question.
Tout de bon, cordiales salutations
23 avril 2009 à 14:05
[...] Read the original: Suicide King [...]