Cela fait quelques mois que j’éprouve les plus grandes difficulté à gagner sur Winamax… Il est temps de faire le bilan, histoire d’essayer de comprendre les raisons de cet échec. Le début des ennuis remonte à mon intégration dans le Team, en octobre dernier. A ce moment commençait un bad-run qui allait durer 30,000 mains et durant lequel j’allais perdre 35,000$ en espérance de gain (cette somme correspondant donc à la différence entre mon résultat réel et le résultat espéré si les probabilités avaient été respectées). Cette mauvaise passe, couplée à une sélection de table inexistante et un niveau de jeu en baisse, est venue noircir des résultats plutôt correct en tournoi.
Ainsi, j’avais succombé au fameux syndrome du Team Winamax… Un syndrome qui, avant mon intégration, m’avait toujours fait sourire quand j’entendais mes camarades en parler. Avant que j’en devienne moi-même la victime ! Ce syndrome, on peut le définir très simplement en deux temps : « live donkament boomswitch », puis « online cash-game doomswitch ». Traduction : quand on entre dans le Team Winamax, on « chatte » tout de suite en tournoi live, avant de subir un très violent coup de mou en cash-game.
Cela s’est parfaitement illustré pour moi. J’ai connu la victoire à Evian dès mon second tournoi live aux couleurs du Team. Dans le même temps, j’ai connu autant de sessions négatives en quatre mois que je n’en avais connu durant les deux années précédentes…
La malchance n’explique pas tout. Moi qui passais beaucoup de temps à sélectionner mes tables et choisir minutieusement sur quel adversaire je voulais avoir la position, je me suis retrouvé du jour au lendemain à jouer n’importe qui, n’importe quand, et, plus grave encore : n’importe comment. J’ai commencé à jouer avec mon égo. Conséquence : je bluffais plus souvent, et je payais régulièrement ce qui me semblaient être des bluffs… J’ai fait de tonnes de mauvais « hero calls » et commencé à opter pour des lignes bizarres, bref à me « level » tout seul. De plus, j’ai « run » comme un chien, et j’ai tilté un max. En d’autres temps, la gestion du tilt fut une de mes grandes forces. J’arrivais à sortir gagnant de parties dans lesquelles je ne partais pas favori parce que globalement j’étais beaucoup moins sujet au tilt que mes adversaires. A présent, je suis souvent le plus « tiltard » de la table et j’ai tendance à balancer environ un buy-in par session, ce qui rend toute victoire quasi impossible.
Pour soigner ce mal récurrent, j’essaye de ne plus commencer une session quand je suis fatigué ou quand je suis déjà énervé par un élément extérieur, comme par exemple un pari sportif perdu (mon péché mignon). J’ai aussi décidé de filmer toutes mes sessions, ce qui a tendance à diminuer ma tendance à faire n’importe quoi, puisque je me vois mal expliquer après coup pourquoi 6-bet all in avec T7s sera profitable dans cette situation. D’ailleurs, plusieurs de ces vidéos seront publiés sous Winamax d’ici peu de temps.
Malgré ces nombreux points négatifs, je garde le moral. Ce «downswing» m’a ouvert les yeux sur ma faible capacité à endurer les mauvais coups, ma mauvaise adaptation face à une forte adversité et m’a fait découvrir des faiblesses dans mon jeu. Même si il me reste pas mal de chemin à faire, je suis sur la bonne route, j’en suis sûr. A ma décharge, le niveau en cash game online a considérablement augmenté au cours de ces deux dernières années, il est donc normal de passer par des phases d’adaptation et de remise en cause de son jeu.
Ces derniers mois, j’ai beaucoup échangé avec le local hero «Donlimit» et j’ai pas mal progressé à ses côtés. Nous nous sommes affrontés pendant de longues heures et nous avons fait un debriefing après chaque session. Rien de mieux pour identifier ses lacunes et y remédier.
Coté tournoi, je m’étais fixé des objectifs dans un précédent post du blog et je les ai plus ou moins tenu.
J’ai atteint les places payées à l’Open de France de Cannes et je me classe 4ème au side event de l’European Deepstack de Dublin. Je n’ai par contre pas réussi à perfer à l’ACF et je reste plutôt déçu par ma prestation à l’EPT de Berlin. D’ici les WSOP, il me reste trois épreuves au programme : l’EPT San Remo, le side event en shorthanded à l’EPT de Monte Carlo et le WPT parisien. Trois essais pour faire un résultat dans un tournoi majeur puisque jusqu’à présent, j’ai mieux réussi dans les tournois au buy-in inférieur à 2,000€.
Je terminerai ce blog par des félicitations à nos Local Heroes chawips et Donlimit qui remportent respectivement l’Open de France de Cannes Mandelieu et l’Open d’Evian pour plus de 50 000€ chacun! Y a énormément de talents chez les Local Heroes et cela me fait très plaisir de les voir concrétiser surtout qu’ils sont tous deux des amis très proches.
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