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Le post-it

12 mars 2013 par Sir Cuts


Il y a quelques mois à peine, je remportais mon premier tournoi de poker majeur : l’étape European Poker Tour de San Remo. J’y étais ! Après quelques années passées à écumer le circuit, alternant entre des années euphoriques (2007, 2010) et catastrophiques (2008, 2012). On top of the world, plus ou moins.

Sauf qu’on n’y reste jamais bien longtemps, au top. Alors j’en ai profité un maximum, essayant de surfer sur la vague lors des tournois qui ont suivi… le tout sans grande réussite. Me revoilà donc, en bon numéro 265 mondial (d’après le Global Poker Index), prêt à tout remettre en question pour essayer d’aller titiller les machines à gagner du Top 10.

Je ne vais pas vous resservir le discours à deux balles du mec qui se sent mieux dans la peau du challenger que celle du favori. Ni écrire un truc du genre ”je suis attendu au tournant”. Car ne nous sommes pas au tennis ici, dans notre milieu il y a deux catégories de joueurs :

1/ Ceux qui vous respectaient dès le début. Ils vous respectent encore aujourd’hui, car après tout vous ne pouvez pas être si con que ça. Ces joueurs sont généralement les meilleurs du monde (car ils évitent de faire montre d’ego mal dirigé), ou les pires (car ils n’ont aucune ambition).

2/ Ceux qui veulent vous bouffer, car vous êtes clairement un fish. Dans cette catégorie, on retrouve tous les mecs contre lesquels vous avez déjà chatté au moins une fois en live, sur Internet, ainsi que tous leurs amis, et bien sur un petit groupe de très jeunes joueurs aux dents longues pour qui un mec de plus de 25 ans et François Montmirel, c’est kif-kif.

En gros, rien n’a vraiment changé, donc. Gagner un titre de nos jours, c’est nul ! Tout le monde en a au moins deux, on a même un Belge dans le Team qui en a trois, et si vous avez suivi la récente étape WPT de Bruxelles vous pouvez réaliser à quel point c’est ridicule, un Belge qui gagne tout. Vous me direz : pourquoi je me la raconte en vous parlant de mon titre, puisque cela ne sert à rien ? Pourquoi ressortir ça six mois plus tard alors que tout le monde a déjà oublié ? Pour se la péter ?

En fait, contrairement aux apparences, il se trouve que j’ai perdu toute confiance en mon jeu - à nouveau. Plus ou moins. Disons juste que je suis toujours conscient de pouvoir être un des meilleurs. Le truc que j’ai perdu de vue, c’est comment y arriver, comment l’être. Mais rassurez-vous, ce genre de perte de confiance est tout à fait normal dans le milieu du poker, il serait même grave de ne jamais en subir, et peut-être que ce sont les périodes où l’on progresse le plus.

Du coup, j’ai désormais un nouveau post-it au-dessus de mon écran d’ordinateur, juste entre celui sur la diététique (le jus d’orange le matin, c’est trop sucré, en théorie il ne faudrait jamais manger de pain, même enrobé de pâté de campagne) et celui qu’a posé ma copine à mon intention (check-list pré-lavage : trier le blanc des couleurs, vérifier la température et la vitesse d’essorage) et que même la femme de ménage ne lit jamais.

Il dit quoi ce post-it ? Qu’il faut analyser ses coups de poker avec ses amis pour vérifier si on a fait des erreurs ? Qu’il ne faut pas jouer trop de tables à la fois afin de réfléchir plus en profondeur ? Qu’il faut potasser les forums et mater des vidéos stratégiques ?

Non, il ne dit rien de tout ça, car tout ça on le sait déjà.

Ce post-it, il dit juste une chose, la plus importante de toutes :

« Arrête de te prendre la tête, tout va bien se passer. »

Top Shark : du rêve à la réalité

6 mars 2013 par DaProd

Résumer une aventure comme la Top Shark Academy n’est pas une chose simple, ceux qui l’ont vécu avec moi pourront le confirmer. Je tiens d’ailleurs en premier lieu à les féliciter pour leur parcours, particulièrement Phildar10, x BABURSS et tinmar30 qui m’ont accompagné en finale. Ce sont les adversaires coriaces qui rendent une bataille plus belle, et celle-ci fut particulièrement intense. L’ambiance a toujours été au top entre nous, j’ai apprécié le soutien et le temps passé à discuter. Merci à vous.

J’ai commencé les qualifications pour Top Shark remonté et motivé comme jamais. Je suis un homme de défi, mes plus belles réussites résultent des challenges que je me suis lancés, et je voulais vraiment venir à bout de celui-ci. J’avais suivi de très près la saison précédente et je m’étais régalé. Intégrer l’Academy peu avant la trêve de Noël fut absolument euphorique, et je suis incapable de dire ce que j’ai reçu comme cadeau tant j’étais concentré sur le plus beau de tous : ma qualification !

Pendant la trêve, j’ai essayé de suivre mes futurs adversaires et d’étudier leur façon de jouer, sans même savoir que cela me servirait dès la première épreuve : des heads up entre élèves. Je n’ai pas forcément brillé, mais assuré l’essentiel en me classant sur le podium. Une copie brouillonne me classe en milieu de tableau sur la seconde épreuve, mais c’est suffisant pour ne pas être nominé.

Sauvé par la communauté

Les épreuves de la cinquième semaine auraient pu m’inquiéter… Faire fructifier une bankroll de 100€ en cash game ! Certes, ce n’est pas mon domaine de prédilection mais j’adore ce type d’épreuve parce que ça représente un réel défi, un pour lequel il faut s’investir et se donner à fond. Ce qui correspond ici à faire le geek et multitabler pendant des heures et des heures. J’ai fait le choix de jouer en NL5 et NL10, ce qui s’est avéré payant car j’ai terminé premier avec 240,75€.

La sixième et avant-dernière semaine est la mythique épreuve des heads up contre les joueurs du Team Winamax. Un challenge bien difficile car on joue contre des adversaires n’ayant rien à perdre alors que c’est tout l’inverse pour nous. J’essaye de me sortir l’enjeu de la tête et de mettre en place mon jeu. Une victoire sur deux affrontements m’éviterait à coup sûr la nomination mais je m’écroule dans cette épreuve et commence à mobiliser les réseaux sociaux et mon club de Poker@Lyon en prévision du futur vote.

Je prends mon pied durant la seconde épreuve : une vidéo commentée où je me place premier. Cela ne suffit pas pour échapper à la nomination : une place en finale se joue, et préciser que j’avais la pression est peu dire… Je pense avoir appelé toute personne connaissant ne serait-ce que mon prénom durant cette journée ! Après avoir appuyé sur la touche « F5 » pour actualiser la page des résultats toutes les 5 secondes durant 24 heures, je peux être soulagé : je suis sauvé ! Un grand merci à tous ceux qui ont voté pour moi, et un merci plus particulier à ceux qui m’ont aidé à rechercher des votes, je leur dois beaucoup.

7 jours de lutte pour intégrer le Team Winamax…

Sans surprise, l’épreuve finale est un challenge en tournois multitables. C’était mon épreuve, celle que j’attendais de pied ferme, celle pour laquelle je me suis préparé. Je décide directement de faire un gros volume de jeu, afin de limiter le plus possible la part de chance dans mes résultats. Dans un premier temps, j’enchaîne les petites perf autour de 1000 points, ce qui correspond à des demi-finales sur des tournois intermédiaires.

Je ne passe pas loin de plusieurs perfs’ importantes et suis de près le parcours de mes concurrents. Notre logo Top Shark n’est pas là pour aider : à l’approche des finales, nos adversaires deviennent très agressifs puisqu’ils savent que nous avons tout à perdre. La pression se fait sentir et, avec la fatigue, tout devient plus dur. Je sais que tout va se jouer le dimanche soir, mais je sais aussi qu’il est très dur de réaliser une perf’ sur un des tournois majeurs.

Assez bien placé dans l’XTASE et le HIGHROLLER, je subis de nouveau une pression démentielle et m’incline peu avant les demi-finales sur les deux tournois, obtenant tout de même de précieux points… Et la soirée n’est pas finie ! Entretemps et sans vraiment m’en rendre compte, j’ai monté un tapis important sur le Money Time. Je joue alors pour la gagne en adoptant un jeu très agressif qui finit par payer : j’atteins la seconde place et me retrouve avec une avance conséquente sur le reste des finalistes. Ils ne reviendront pas. C’est fait. Le graal est à moi : je remporte la Top Shark Academy ! Un sourire béat est affiché sur mon visage durant de longues heures, et j’ai énormément de mal à réaliser ce qu’il m’arrive…

Tout s’accélère et se précise le lendemain quand je reçois un coup de fil du Team Manager Stéphane Matheu qui me donne le calendrier de mes prochaines échéances…  Le rêve peut commencer, c’est parti pour une année riche en apprentissage et surtout riche en émotion.

Objectif : High-Roller

26 février 2013 par KitBul

L’année 2013 a débuté en fanfare. Je n’ai pas joué énormément de tournois, mais j’ai été très actif à plusieurs niveaux. Tout a commencé par la remise des European Poker Awards GPI où j’ai été récompensé pour ma prestigieuse année 2012 par deux titres : meilleur joueur belge et, surtout, meilleure performance de l’année grâce à ma victoire à l’EPT Berlin. Quelle belle surprise, quelle belle soirée, quel beau souvenir !

J’ai ensuite joué mon premier tournoi de l’année : le Main Event des EFOP à Paris. Comme souvent à l’Aviation Club de France, j’ai été éliminé proche des places payées sur des belles petites horreurs. Malgré tout, j’y ai pratiqué un très bon poker et les bad beat m’ont très peu affecté. Au contraire, j’ai franchi un cap supérieur dans l’assurance que j’ai en moi, ce qui était de bon augure avant l’EPT Deauville.

En Normandie, j’ai attaqué par le High-Roller des France Poker Series au prix d’entrée de 3,000€. 222 joueurs au départ et j’ai atteint ma première place payée de l’année et surtout ma première table finale ! A six joueurs restants, je me suis retrouvé avec un tapis confortable, mais personne ne voulait sortir et le chipleader allemand en a profité pour écraser la table et accroitre son avance.

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aPAUthéose

19 février 2013 par O RLY

Vendredi, 7h00. Le réveil est désagréable. Le joueur de poker n’aime pas se lever tôt. Le cerveau embrumé, je prépare machinalement ma valise après une courte nuit ponctuée de deux heures de sommeil. Pas le temps de traîner, une longue journée dans les transports doit me mener de Londres à Pau et son Palais Beaumont, où se tiendra le lendemain une nouvelle étape du Winamax Poker Tour. Après une sieste bercée par le roulis de l’Eurostar, me voilà déjà à Paris où je rejoins mon compagnon Harper. L’avion pour Pau décolle avec une heure de retard. Le bad run des transports en commun ne semble pas prêt de s’arrêter !

Arrivés sur place, nous retrouvons un vieil ami jouant au poker dans la région. L’occasion de se plonger dans ce qui fait aussi le charme de ces Winamax Poker Tour : ses à-côtés ! Ballade sur les rues pavées paloises et quelques chopines autour d’un billard dans un bar local sont au programme. Mais pas de folies ce soir, un bon repas en amoureux au restaurant traditionnel Ô’Gascon suivi d’une bonne nuit de sommeil, rien de tel pour être en forme afin d’affronter les qualifiés et essayer de décrocher le précieux ticket pour la finale.

Samedi, 9h00. Les joueurs se pressent devant les portes de l’imposant Palais Beaumont. Une heure plus tard, une centaine de participants sont en place. Shuffle up and deal ! Pour beaucoup, il s’agit du premier tournoi live, et cela se ressent. L’ambiance est tendue, parfois électrique, mais il suffit d’une blague ou d’un pot amusant pour que les langues se délient et que la partie se poursuive dans des éclats de rire. A l’occasion de la pause déjeuner, il est temps de faire plus ample connaissance avec les joueurs locaux. Et les membres du Pau Poker Club ne tardent pas à se faire connaitre. Venus en force pour participer à cet évènement, ils mettront l’ambiance tout l’après-midi en encourageant ardemment leurs poulains encore en course.

Après m’être battue pendant plus de cinq heures, je finis par m’incliner à la 28e place. Une performance honorable, mais inférieure à celle de la doyenne du tournoi qui atteint les demi-finales ! La sympathique septuagénaire Annette repartira sans son ticket pour la finale, mais ne manquera pas de revenir soutenir les membres de son club le lendemain et en profitera pour tester les Sit&Go sur iPad et décrocher un ticket sur Winamax ! Après avoir félicité les deux vainqueurs, de nombreux joueurs débriefent et profitent d’un bon repas à une brasserie bien connue des palois, Le Berry. Nous faisons de même avec le staff Winamax.

La deuxième journée sera à l’image de la précédente. A la différence près qu’après notre pique-nique improvisé lors de la pause déjeuner de la veille, les membres du Pau Poker Club ont visiblement eu pitié de nous, on les comprend, et nous ont aimablement invité au restaurant Le Saint-Jacques (en photo ci-dessus) pour partager un repas en leur compagnie. Je ne peux que vous recommander ce restaurant si vous êtes de passage dans la région. Nous regrettons de n’avoir pu en profiter plus longtemps, tant l’ambiance était conviviale. Pour tout vous dire, le temps nous a manqué pour prendre un dernier verre. C’est donc tout naturellement que je me suis dévouée pour transvaser le reste de la bouteille de rosé dans une bouteille plastique introduite illégalement dans la salle de tournoi (des paparazzi ont immortalisé l’instant). Mais j’ai en revanche manqué de clairvoyance en confiant le précieux liquide à Harper… Inutile de préciser le sort tragique qui allait lui être réservé.

La table finale se forme quelques heures plus tard et j’en fais partie ! Les membres du Pau Poker Club offrent une tournée de bières aux rescapés et c’est dans une ambiance tout à fait détendue que nous atteignons la bulle de la qualification. Mais, munie d’une paire de rois, je dois m’incliner à la 4e place contre les neufs de mon adversaire. Dommage pour cette belle occasion manquée ! Comme je suis éliminée, le tournoi se poursuit jusqu’à l’élimination d’un 3e homme. C’est le malheureux Anthony “valmorider”, vice-président du PPC, qui fera la bulle après avoir réalisé l’exploit d’atteindre la table finale lors de deux étapes consécutives.

La déception passée, c’est une fois de plus en compagnie des membres du Pau Poker Club que nous passerons notre dernière soirée dans un bar de la ville pyrénéenne. C’est précisément ce que l’on aime dans les WiPT : des rencontres entre passionnés, des échanges de nos expériences, le tout dans la gaieté et la bonne humeur. Ce dimanche 24 février, le PPC retrouvera son quotidien à l’occasion de leur Main Event. De mon côté, j’espère les recroiser la semaine prochaine lors de la finale tant attendue !

Tout chez papa !

18 février 2013 par CrocMonsieur

Depuis quelques mois, je sais que ma vie va changer. Du tout au tout.

Problème ? Ma vie n’était pas loin d’être parfaite, et si je comprends bien, plus rien ne sera jamais comme avant. Pourtant, j’accueille ce changement avec bonheur, impatience, et une bonne dose de trac… Je vais être papa !

Bonheur, car ma femme est merveilleuse.
Impatience, car j’ai hâte de rencontrer cette petite fille en personne.
Trac, car nous ne sommes pas prêts du tout !

Quoiqu’il en soit, je dois me préparer à avoir de grandes responsabilités. Voilà un mot qui fait frissonner bien des joueurs de poker. Responsabilités. Brrrr ! Le poker, c’est la liberté de faire ce qu’on veut, d’interpréter un personnage, de mentir, de jouer. Ce jeu attire donc de grands enfants, passionnés, souvent atteints du syndrome de Peter Pan. Et je ne fais pas exception. Choisir d’en faire son métier, c’est carrément passer du côté de la douce folie : c’est mettre la trilogie liberté/insouciance/aventure devant sécurité/stabilité/utilité.

Jusqu’ici le mot qui définissait le mieux ma vie était plaisir. Ce n’est pas que j’ai vécu une succession ininterrompue de plaisirs (hélas) - mais parce que je n’ai travaillé dur que lorsque les choses me passionnaient, et parce que j’ai planifié ma vie pour éviter au mieux les contraintes… et les responsabilités !

Jusqu’à aujourd’hui.

J’ai toujours su que je voudrai un jour une famille, de l’amour, et construire quelque chose. Mais dans ma tête, c’était toujours une vision dans un futur très, très lointain (in a far, far away galaxy !). Rencontrer ma femme fut une sorte d’épiphanie, et tout semble couler de source depuis.

Ceci dit, même si tout semble plus simple actuellement, j’ai conscience que je suis devant une montagne, d’autant plus que ce ne sera pas le genre de maman à me laisser jouer le tire-au-flanc pendant qu’elle gère les corvées. J’ai vraiment trouvé ma moitié : aussi à l’aise avec un aspirateur que moi, c’est-à-dire pas du tout !

J’ai devant moi le challenge le plus difficile et le plus excitant de ma vie. Jouer eu poker tout en étant un bon père de famille.

Ces prochains mois, pendant que le reste du Team sera à Monte Carlo, je serais en train de changer ma petite fille, lui faire faire son rot, et surfer sur les forums de jeunes papas pour demander de l’aide. Que du bonheur :)

Ce n’est pas uniquement mon programme live qui va changer : plus question de lancer des tournois qui durent 8 heures et de m’enfermer dans mon bureau (de toute façon, je n’aurai plus de bureau, puisque ce sera la chambre du bébé !). Je vais devoir me réinventer en tant que joueur, et trouver l’équilibre juste. Exit les tournois, bonjour le cash game et les Sit&Go turbos. Le maitre mot : la flexibilité. Sessions courtes et maitrise de moi-même : la clef du paradis aux tables. Nuits courtes et maitrise de moi-même : la clef du paradis au berceau !

Ce qui me rassure, c’est que j’ai déjà su faire beaucoup de transformations dans ma vie de joueur de poker.

Jeune grinder en ligne aux dents longues et à la peau blanche qui ne voit pas le soleil : fait.
Jeune joueur sponsorisé qui se prend pour le meilleur et qui claque tout en boite de nuit : fait.
Joueur expérimenté du circuit, qui ne tilte pas et sait maitriser son ego : fait.
Homme marié et posé dans sa vie, qui sait où il va : fait.

Finalement, le poker peut apparaitre comme une discipline difficile à vivre avec une vie familiale, mais je pense que je saurai en tirer le bon bout. La liberté, c’est aussi prendre du temps pour ma femme, ma fille. La liberté de jouer moins pendant ces prochains mois et d’avoir une raison de gagner lorsque je suis aux tables. La liberté de choisir mes priorités tout en restant moi-même, et continuer à vivre de ma passion.

Poker et responsabilité, c’est le début d’une aventure fascinante. Souhaitez-moi bonne chance !

Trois coups de poker à Deauville

15 février 2013 par ManuB

L’actualité récente du milieu du poker professionnel est très riche en rebondissements, entre fiscalité et affaires de triche. M’étant déjà exprimé sur ces sujets sensibles sur les forums et réseaux sociaux, je préfère pour l’instant temporiser et attendre de nouveaux développements. En attendant, pour patienter, voici un petit blog stratégique à propos de trois mains disputées lors de l’étape European Poker Tour de Deauville. Toutes trois sont intéressantes et radicalement différentes.

Main #1
Level 1 (50/100) - Tapis effectif : 30 000

Nous jouons depuis une demi-heure et j’ai d’ores et déjà repéré un joueur Italien que j’ai affronté à Prague et qui a visiblement l’intention de jouer 90% des mains (on l’a vu ouvrir avec Q7o en milieu de parole, entre autres). Le voilà qui relance à 225 au hi-jack (deux crans avant le bouton). Aurélien Guignol (’guignol’, chef de produit chez Winamax) est à sa gauche et à compris le manège : il sur-relance à 550. Au bouton, un jeune joueur Allemand qui n’a pas encore joué une seule main 4-bet a 1,400.

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Quelques nouvelles

13 février 2013 par Sir Cuts

L’année 2013 a débuté sous le soleil pour moi. Comme tous les ans, je me suis rendu aux Bahamas pour jouer ce qu’on pourrait appeler les World Series des Kids du Poker. Les Bahamas sont en effet très populaires en raison de la limite d’âge pour y jouer qui n’est que de 18 ans contre 21 aux USA.

Du coup, il est assez classique de se retrouver à table avec six gamins à l’air d’être tout juste sortis de l’œuf mais qui sont en réalité des killers du online. Cette année n’a pas été différente en ce qui me concerne puisque je me suis retrouvé à une table de joueurs inconnus qui m’ont rapidement défoncé.

Direction la plage pour quelques jours avant de retenter ma chance sur le tournoi de Pot-Limit Omaha à 5,000$, qui va tourner court lui aussi. Mes talents de swappers (le fait d’échanger des pourcentages de ses gains éventuels avec d’autres joueurs engagés dans la même épreuve) ont cependant encore frappé puisque le suédois Ramzi Jelassi a fait une petite perf (je parle du PLO hein, je n’avais pas d’action sur son EPT Prague, hélas) et j’ai rapidement pu réinvestir tout cela en roulette/craps/homards avec un résultat plutôt satisfaisant.

J’ai reçu d’excellents retours à propos de mes vidéos stratégiques de Omaha en basses limites. Vous pouvez les retrouver ici :

Part 1 - Recherche de défauts en Pot-Limit Omaha
Part 2 - Commentaires d’une session PLO 0,5€/1€

Sachez que j’en ai tourné deux nouvelles et que j’en suis vraiment très content, il me tarde que vous les voyiez !

L’année va s’accélérer progressivement puisqu’après l’EPT Deauville qui vient de se terminer, je vais filer sur le WPT Bruxelles, le Winamax Poker Tour à Paris puis l’EPT Londres a domicile ! Il me tarde d’enchainer les tournois à nouveau et de reprendre un boulot plus au jour le jour. Ces derniers mois, ma préparation a été plutôt physique et mentale et je dois avouer que j’ai vraiment faim de tournois ! Ou comme dirait mon ami le belge… Je suis chaud d’action.

En ce qui concerne l’actualité agitée et les soupçons de triche autour de la finale du PPT 2009, j’ai réagi sur les réseaux sociaux.

Enfin, je voudrais souhaiter la bienvenue au nouveau membre du Team Winamax, Yann ‘DaProd’ Del Rey qui a largement dominé ses adversaires sur la dernière épreuve de la Top Shark Academy et mérite amplement sa place dans le Team. Vivement le Winamax Poker Tour pour la suite de son bizutage entamé à Deauville…

Voilà pour ce court blog. Un petit newswrap ne fait pas de mal de temps en temps, on ne peut pas toujours pondre un article de qualité. A très bientôt, disons après les prochaines échéances, pour discuter de mes victoires.

La théorie du complot

24 janvier 2013 par Sir Cuts

Les blindes sont de 600/1200 quand, avec mon tapis de 28,000, je relance à 2,400 au bouton. Hastalavistadu77 ne passe pas immédiatement et je pense forcément au pire. Le timer commence à descendre, il hésite, je l’imagine derrière son écran en train de se gratter le menton, nous ne sommes plus qu’à 241 places de l’argent et il trouvera surement un meilleur spot avec TCœur TTrèfle  que celui-ci.

Son tapis de 7,000 ne lui permet pas non plus d’entrevoir un futur trop radieux, mais après tout, il est contre un pro et il sait que je risque de l’éliminer. Il appuie maintenant sur la gâchette, regrettant immédiatement son move trop agressif, téméraire.

La grosse blinde passe rapidement et je me retrouve dans une classique situation de « Fuck it… » et paie en une seconde avec 9Carreau 7Carreau , uniquement pour découvrir la mauvaise nouvelle. Je suis mort.

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On fait le bilan, calmement…

23 janvier 2013 par O RLY

Dans quelques heures, je vais disputer le NBC National Head’s up Championship à Las Vegas. Qui l’eût cru ? Un an à peine après mon entrée au sein du Team Winamax, je vais me retrouver confrontée aux meilleurs joueurs du monde à l’occasion de ce prestigieux tournoi  de tête-à-tête à 25,000$. Je vous avais laissé peu après ma dixième place au Main Event des WSOP.  On pourrait penser que tout a changé pour moi depuis… Pourtant, il n’en est rien ! Bien sûr, grâce à cette perf’, je vais pouvoir parcourir tout le circuit live cette année, comme je le souhaitais lorsque j’ai pris la décision, en 2011, de faire une transition online/live, un peu lassée à l’époque par la monotonie du grind online. Comment aurais-je pu rêver mieux ?

Je ne me suis pas privée ces six derniers mois. On peut dire que j’ai eu l’occasion de voir du pays : Chypre, Barcelone, Cannes, Dublin, San Remo, Malte, Mazagan, Prague, Iguaçu… Un programme bien chargé. Pas de résultat notable, si ce n’est une onzième place sur un side event à 2k€ (450 joueurs) à San Remo, une bulle en Argentine et une (presque !) bulle à Mazagan. Si 2012 fut l’année des bulles, j’ai hâte de voir ce que me réserve 2013 !

Mais revenons sur les tournois qui ont marqué cette fin d’année 2012. Tout d’abord, il y a eu le Winamax Poker Open de Dublin. Jamais un tournoi de poker n’aura été aussi fun. A peine arrivés à Dublin, nous nous retrouvons entre membres du Team attablés autour d’une Guinness et nous en profitons pour aller à la rencontre des joueurs. Un bon restau et une credit card roulette plus tard (merci coach), nous voilà de retour à l’hôtel. Nous découvrons la salle de jeux, qui sera le théâtre pendant tout le weekend de sanglants combats de fléchettes, de duels d’air hockey sans pitié et de parties de puissance 4 géant, billard, Fifa et autre beer pong endiablés. Le lendemain, l’ambiance aux tables n’en est que plus détendue. Les joueurs sont là pour s’amuser et ça se voit ! Ça nous change du sérieux et du calme des grands tournois. Tout le weekend sera à l’image de cette première journée, chaleureuse et placée sous le signe de la convivialité.

Après cette étape dublinoise, je reprends le circuit, sans résultat marquant. Mon dernier tournoi de l’année aura lieu à Iguaçu, en Argentine. Invitée à jouer un 1000$ avec Lucille Cailly, nous quittons Londres et son froid hivernal pour nous rendre à l’hôtel Iguazú Grand, non sans mal, après 26 heures de trajet, une escale à Madrid et une autre à Buenos Aires… Mais le jeu en vaut la chandelle ! L’hôtel est sublime, il fait 30° et il faut le dire, la viande argentine est délicieuse ! Le tournoi comptera environ 160 joueurs, tous plus mauvais les uns que les autres. Le niveau de jeu doit être équivalent à celui d’un freeroll sur internet, mis à part quelques rares joueurs ayant de vagues notions techniques.

Je me retrouve à la même table que Lucille, et il nous est difficile de nous contenir à la vue des coups invraisemblables qui se déroulent sous nos yeux. Tout à coup, l’une des journalistes est demandée pour résoudre un litige lors d’une main. Que se passe-t-il ? Il s’avère qu’elle est aussi floor… Et accessoirement croupière.  Vous imaginez ce cher Harper relater un tournoi en costard de TD, entre deux mains dealées ? Je payerais cher pour voir ça !

Ironie du sort, je ferai la bulle de ce tournoi, après avoir survécu ultra shortstack pendant de longues heures (il est tout de même rare d’avoir de la fold equity avec trois blindes, c’est pourtant possible en Argentine !), encaissé plusieurs bad beats et perdu un coin flip fatal. Aucun regret cependant. Lucille terminera à une belle quatrième place et nous aurons le loisir de visiter les magnifiques chutes d’Iguaçu et d’être émerveillées par leur splendeur. Difficile de terminer l’année plus en beauté.

Pour cette nouvelle année, je ne souhaite pas me fixer d’objectif précis. Évidemment, je rêve de faire une première table finale lors d’un tournoi majeur, et pourquoi pas un Top 3. Mais je ne souhaite pas m’imposer de pression inutile, et préfère laisser venir les choses, en continuant de faire mon maximum pour essayer de décrocher mon premier titre. Pour commencer, souhaitez-moi bonne chance pour le NBC National Head’s up Championship !

Un an avec le Team Winamax

15 janvier 2013 par Mikedou

Lundi 16 janvier 2012. Il est minuit quand une cruelle rivière me prive d’une victoire contre Ludovic Lacay et me fait perdre le dernier d’une série de 12 heads up contre les pros du Team Winamax. Voilà, je n’ai plus mon destin entre mes mains. Seul un sauvetage du public peut me permettre d’atteindre la finale de la Top Shark Academy. Je me souviens très bien de cet instant…

Durant un quart d’heure, je suis resté scotché sur ma chaise, le regard fixé sur la montre en face de moi, incapable de me projeter 48 heures plus loin et ressassant les deux derniers mois, me demandant si c’est vraiment comme ça que l’Academy allait s’achever pour moi.

Un an plus tard, je suis paisiblement assis dans le train qui me ramène de Metz à Londres… Je viens de disputer le WiPT Metz qui lance ma deuxième saison sous les couleurs de Winamax : il est donc temps de faire un bilan de l’année écoulée. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, pas mal de vodka également (à ce titre, on remerciera les organisateurs pour le judicieux enchaînement WPT/EPT Prague) et si un monde semble séparer mon état d’esprit actuel de celui de l’an dernier à la même époque, la première chose qui me vient à l’esprit n’est pas un moment en particulier mais plutôt le sentiment d’une progression constante, notamment en deuxième partie de saison.

Plus le temps passait, plus je me sentais à l’aise au sein de l’équipe, plus je percevais quel type d’« ambassadeur » je souhaitais être pour Winamax. Et notamment comment j’avais envie de faire partager cette passion qu’est le poker avec les autres joueurs par le biais des forums, tournois live, etc. Tout en ayant la sensation de progresser dans mon jeu.

Mon premier tournoi disputé sous les couleurs W est l’EPT Deauville : vous avez pu le suivre grâce aux épisodes de « Dans la tête d’un pro ». Bénéficier d’un tapis confortable au Day2 sur ce type de field aurait probablement pu m’apporter un surplus de confiance et d’expérience qui se seraient avérés utiles pour les tournois à venir. Mais un mauvais coup ne me l’a pas permis. Le premier tiers de la saison live n’allait ensuite pas être fameux, avec de nombreuses éliminations dès les premières journées. Dans ces cas-là, pouvoir jouer sur le net est indispensable pour conserver une mentalité de gagnant.

Avant de filer vers Las Vegas, j’ai profité du stage de préparation concocté par le Team Manager Stéphane Matheu. Si les discussions techniques ont été très animées, ce sont surtout les débats avec un coach mental qui m’ont marqué.  J’ai compris pourquoi chaque joueur du Team était là depuis quelques années. Chacun fait l’effort permanent de se poser les bonnes questions par rapport à tout ce qu’implique de jouer au poker, adaptant les réponses à sa personnalité et conservant cette part de doute qui vous fait réfléchir et avancer. Il n’est pas si fréquent de pouvoir discuter avec des joueurs ayant un tel degré de maturité et d’introspection. Le poker, et notamment le poker de tournoi et la variance qu’il engendre, joue souvent avec vos nerfs, et constater que vous vous posez les mêmes questions que des joueurs de cette trempe est très instructif et rassurant.

C’est regonflé à bloc que j’arrivais à Vegas, mais après un début encourageant, ces WSOP allaient être de plus en plus décevants. J’ai même eu envie de prendre le premier vol disponible pour Londres. On a beau se répéter que l’échantillon de tournois est trop faible, que quelques fois je fais 50 tournois d’affilée sur le net sans faire de résultats, mais insidieusement le doute s’installe quelque peu, et pouvoir compter sur le Team dans ces moments-là n’a vraiment pas de prix.

Un peu lassé et déçu, j’ai eu la bonne idée de prendre un mois de vacances après être rentré de Vegas. L’année a été assez chargée, et passer trente jours sans voir de cartes m’a permis de prendre un peu de recul pour digérer et repartir du bon pied en deuxième partie de la saison. Cela m’a également permis de réfléchir plus sereinement à pourquoi j’avais envie d’être sponsorisé et quelle image je désirais renvoyer du poker.

Au mois de septembre, le WPT Paris a revêtu une importance particulière. Shortstack de bout en bout, j’ai offert une belle résistance durant de nombreux niveaux. Je ne sais pas trop pourquoi mais ma confiance pour la fin de saison a été boostée, peut-être que, pour moi qui suis habitué à multi-tabler online, le fait de monter des jetons lors d’un Day 3 a quelque peu modifié ma gestion et ma perception du temps en live.

Lors des tournois suivants, je ne saute quasiment plus lors des Days 1. Au Winamax Poker Open de Dublin, j’ai passé une partie du Day 2 en tête avant de finir 28ème. J’ai ensuite fait une place payée au WPT Prague. Même si sur le papier le bilan reste assez maigre, lors de tous les tournois disputés après Paris, j’ai eu le sentiment d’avoir bien géré mes jetons, d’avoir profité des opportunités qui m’étaient offertes et qu’il ne manquait finalement pas grand-chose pour enfin aller très loin dans un tournoi. J’ai également le sentiment d’arriver de mieux en mieux à utiliser l’expérience acquise en live sur le net, et vice-versa, et de tirer un maximum de profit de toutes les discussions que l’on peut avoir au sein du Team. Autant dire que je suis impatient d’attaquer cette nouvelle année.

Mais être sponsorisé cette année, ce n’était pas que disputer des tournois live. C’était également l’occasion de partager avec des joueurs de tous niveaux via les blogs, les quizz, les WiPT ou mon challenge… Tout cela permet de jouer au poker « autrement » et de rappeler que le poker doit avant toute chose être un jeu dans lequel on prend du plaisir en essayant de progresser et d’échanger avec une communauté aussi passionnée que vous.

D’ici deux semaines, un petit nouveau va intégrer le Team via la Top Shark Academy… J’ai envie de dire aux treize candidats restants que ça vaut vraiment le coup de s’arracher pendant les deux semaines restantes. J’avais un peu d’appréhension après avoir remporté l’Academy l’an dernier. Lorsque j’ai commencé le poker, je rêvais d’intégrer ce Team, mais une fois que l’on y est, on a toujours un peu peur que la réalité ne soit pas conforme à nos rêves. Je savais également que c’était une opportunité unique, et bien que ne voulant me mettre de pression excessive, je savais que je serais forcément déçu si cette aventure ne devait durer qu’une année.

Au final, j’ai passé douze mois formidables, les joueurs de l’équipe sont tous devenus des potes, les résultats ont été incroyables, le rôle de Stéphane est inestimable et tous les gens de Winamax que j’ai pu croiser ont été à l’image des joueurs, à savoir professionnels, humains et passionnés. Je vais m’arrêter ici car loin de moi l’idée d’entamer un blog de remerciements, sinon je ne saurais plus quoi dire une fois que j’aurais ship un live.

Si l’an dernier, j’étais heureux de gagner l’Academy, cette année je suis ravi et fier de rester et je ferai le maximum pour essayer de rendre la confiance que l’on m’a accordée et continuer à prendre du plaisir à faire ce que je fais. A bientôt sur ou autour des tables !

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