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L’odeur du tapis vert de bon matin

1 octobre 2011 par ManuB

Chaque nouveau tournoi que j’ai la chance de disputer sur le circuit est un saut dans l’inconnu, une profession de foi. C’est l’occasion de se demander, irrémédiablement, si “cette fois, c’est la bonne!”. Le frisson de savoir si la variance sera de notre côté, si on va toucher trois carrés par tour où devoir passer pendant des heures, si on sera sauvé ou anéanti par un improbable one-outer. L’angoisse de savoir qui sera à notre table, quel monstre du poker aura la position directe sur nous et nous foudroiera du regard et de 3bets à chaque fois que nous oserons prendre les devants. Et il y a cette main fatidique, celle qui nous éliminera si on ne remporte pas le tournoi… A quoi ressemblera-t-elle cette fois-ci? Un vulgaire coin flip? Un méchant setup? Un move au timing hasardeux? Un “hero call” suicidaire?

Malgré l’importance que j’accorde à ma préparation mentale avant chaque tournoi, ces questions reviennent encore et toujours, comme la marée ascendante. Je me suis résolu à accepter que ça fait partie du processus. Après tout, si Jackie Chan avoue avoir peur avant chaque cascade, et un acteur comme Laurence Olivier peut avoir le trac avant de monter sur scène, je peux me pardonner un peu d’angoisse! Mieux, je travaille à les retourner à mon avantage. Par exemple, j’angoissais beaucoup pendant mes premières années sur le circuit à l’idée de me retrouver à table avec une star du poker, un Tom Dwan, un Phil Ivey ou autre Antonius, qui pourrait lire dans mon âme et me ridiculiser en public. Aujourd’hui, je prends chaque bon joueur à ma table comme une extraordinaire possibilité d’apprendre. Je bois chacun de leurs gestes, je scrute chacun de leur moves, j’observe leur attitude dans les passages difficiles et dans les spots compliqués. J’ouvre toutes grandes mes oreilles pour capter le moindre extrait de conversation qui pourrait m’orienter dans leur thought process.  J’ai réalisé qu’à partir d’un certain niveau, l’edge d’un meilleur joueur n’est pas assez fort pour contrebalancer l’avantage de la position. J’ai dépassé ma peur et j’ai grandi comme joueur.

Ce début de saison 2011-2012 m’aura apporté son lot de sensations grisantes et décevantes. J’ai commencé l’année sur les chapeaux de roue avec une place payée à Barcelone, qui aurait pu être bien plus belle avec un peu plus de réussite au jour 3.  J’ai effectué ensuite deux excellentes premières journées au WPT Paris et au Partouche Poker Tour, avant de m’effondrer au jour 2 du WPT et de faire la quasi-bulle du PPT. J’attendais beaucoup de mon dernier tournoi, l’EPT Londres, que je disputais pour la première fois “à domicile”, mais j’ai du rendre les armes en moins de deux niveaux. Parfois, le cauchemar redouté prend forme et rien ne peut arrêter notre élimination, c’est la nature du jeu, et après avoir perdu la moitié de mon tapis dans diverses circonstances malheureuses, j’ai eu du mal à éviter la confrontation entre mon ATrèfle 5Trèfle  sur QCarreau 4Trèfle 3Trèfle  et les KTrèfle 6Trèfle  et QTrèfle 7Trèfle  de mes adversaires…

Chaque échec est une étape vers le succès, alors je m’accroche. Mon degré de concentration est supérieur à ce qu’il était il y a un an. Je suis de plus en plus mon instinct et mon expérience. Je me trompe parfois, mais je me pardonne.  Et je pense à la prochaine étape: les Winamax Series! Je suis inscrit à une quinzaine d’events pour environ 3k de buyins et je compte bien y faire des étincelles.

A dimanche pour les premiers tournois!

Sueurs froides à Graz (Suite)

30 septembre 2011 par Antony L

L’astuce du jour : avant d’attaquer la seconde partie, je vous conseille de lire la première

Le tarif me semble raisonnable. Je vais donc voir David et il me fait rapidement le topo de la partie, me précisant que Nikki n’est pas un joueur de Mixed games Limit. Il peut value thin mais il fera des mauvais call. Et il n’est pas capable non plus de jeter sa main pour un bet à la river. Je constate rapidement que David ne me menait pas en bateau. Il m’expliqua aussi qu’il n’allait pas me donner d’informations sur le troisième larron. Il préférait me laisser découvrir le spécimen. Un local, un autrichien censé moyennement jouer au Pot Limit Omaha et qui faisait à cette occasion strictement n’importe quoi.

Au Deuce-to-Seven, il tirait 25% du temps mort avant le dernier changement. Il payait trop souvent le dernier bet, ne prenait aucune value avec des mains décentes, et ne bluffait jamais. Bref, j’ai joué une partie de rêve.

Nous décidâmes de jouer 40 minutes de chaque jeu et de jouer au moins deux fois le cycle des 3 jeux. Cela me convenait : je ne suis pas le genre de joueur à rester 1 heure et me faire la belle.

Le premier jeu était le Triple draw Deuce-to-Seven. David joua de mal chance pendant que je me voyais doté d’une « forme » (upswing pour les geeks) Merciesque. Ouais, je viens d’inventer cet adjectif. Et être en forme comme Jason Mercier, c’est pas donné à tout le monde. Mes mains à l’abattage étaient dans le top 10% des mains que l’on peut montrer après un bet à la river.

Je me suis retrouvé gagnant de 67,000€ en moins de trente minutes. Je commence à sentir les carapaces se craquer, l’affaire est dans le sac : ils sont ferrés ! Le jeu change : nous passons au Holdem Limit. Rebelote : je me remets à gagner tous les coups. Je bluffe au bon moment, fold parfaitement… Bref, il y a des moments où tout roule, où on est presque en transe, en fusion avec la partie. Je monte pas loin de 100,000€ de gains quand le Seven Stud High arrive. Quand je fold (et je décide de jouer très tight, je ne suis pas au point à ce jeu, c’est d’ailleurs celui où je suis le moins bon), je regarde les mains de David qui est assis à côté de moi. Tant qu’à faire, autant essayer de s’améliorer sur le tas en regardant Monsieur B.

Je reperds 7 ou 8,000€. L’autrichien se fait littéralement défoncer par Nikki mais surtout par David. Il doit avoisiner les 170,000€ de perte. Nikki est à peu près gagnant de 70,000€ et David revient de loin. Moi, je gagne un peu moins de 90,000€. Nikki reçoit soudain un coup de fil. Il y a une belle partie à Innsbruck, une autre ville d’Autriche. Nikki s’excuse et annonce la dernière heure pour lui. Le local ne se vexe pas et décide de partir avec Nikki à Innsbruck. Je ne vois pas de problème non plus, même si je sais que j’aurais peut-être pu faire la gagne de ma vie.

David me regarde dans le blanc des yeux et je lui dis d’accord avant même qu’il ne me pose la question. Nous jouerons donc au rami pour le reste de la soirée.

Je me couche assez content de moi. Mais bon, j’ai beaucoup perdu ces derniers mois, alors il n’est pas vraiment temps de chômer. Je passe quelques coups de fil et on me laisse savoir qu’une semaine de cash games est organisée au casino de Tanger. Je passe d’autres coups de fil (j’ai 2,500€ de note de téléphone par mois en moyenne…) pour savoir qui va s’affronter à Tanger. Je ne citerai pas son nom mais le créateur de « Tout chez PAPA !!! » est annoncé, ainsi qu’un milliardaire américain, des espagnols inconnus et un bon pote qui joue pas mal.

48 heures plus tard, je traversais la ville de Tanger, véritable cimetière d’immeubles laissés à l’abandon pour des raisons obscures. Je me douche et me dirige vers la salle de poker. La partie est une 50€/100€ No-Limit Holdem.

Nous jouerons trois soirs.

Le niveau n’est pas aussi mauvais que je le pensais. Bon, je vous rassure, c’est pas non plus les 50/100 du Bellagio ou les 10/20 de Winamax. Mais les joueurs s’accrochent et tentent de jouer leur meilleur poker.

Leurs bonnes résolutions ne dureront qu’un temps. Je finis à jeu et petit perdant les deux premières séances. Le troisième soir, les poches se délièrent : notre milliardaire américain avait un coup dans le nez pendant que « Tout chez papa ! » n’acceptait pas le 14-outers que je lui avais mis et commençait à casser ses jouets. Arrive une confrontation entre nous. Il est de petite blinde et je suis de grosse. Tout le monde a passé jusqu’à lui et il ouvre à 400€. J’ouvre ma main, un joli APique KPique . Le tapis de mon adversaire est de 120 blindes et je le couvre. Je décide de relancer a 1200€ et il paye. Le flop vient JTrèfle TPique QCœur . Dure la vie hein ?

Il n’y aura pas d’histoire de bad beat, de coupure d’électricité, ni même de braquage. Non, juste un déstackage en bonne et due forme. Il donk bet à 1700€. Connaissant mon adversaire, je sais qu’il a touché un ptit bout du flop. Du coup, je décide d’en finir rapidement et le relance à 3900€. Il push dans la foulée et je paie.

« T’as As-Roi ?! » me demande-t-il.
« Oui, un ou deux ? » (Je lui propose là de faire deux turns et deux rivers)
« UNE ! »

Turn : une brique.
River : une autre brique.

Je préparais ma valise 2 heures plus tard. Le milliardaire américain avait golf le lendemain. A 9h30, « Tout chez Papa ! » n’a rien reçu, mon pote était à jeu et les espagnols jouaient trop tight. J’étais alors gagnant de 34,000€ mais ne m’imaginais pas gagner beaucoup plus, mes adversaires n’étant pas assez deep.

Je vous écris ce blog depuis un avion. Je rentre de Marrakech et de Casablanca, les parties y étaient endiablées ! J’ai gagné un peu, surtout durant la partie que je viens de quitter il y a 3heures. Des pots de 50k€ se sont échangés durant toute la partie (J’en ai gagné un :) ) !

Je rejoue parfaitement en cash-games : je pense que j’ai eu une période trop tight après le downswing que j’ai vécu pendant 10 mois. C’est comme dans tous les sports, je suis sorti blessé d’une rencontre et il me fallait une rééducation. J’en ressors maintenant plus fort et plus clairvoyant sur les risques que j’ai pu prendre et ceux que je dois prendre.

Hormis l’Aviation Club de France qui est mon fief, ainsi que les tables hautes limites de Pot-Limit Omaha sur Winamax, je ne jouerai que très peu en cash-games jusqu’à fin 2011. Les tournois live m’apportent un équilibre mental et physique et c’est là-dessus que je vais travailler pendant 3 mois.

N’oubliez pas les Winamax Series (2 au 9 octobre) où vous pourrez me défier en tournoi. Je serai aussi sur les grosses tables de PLO pour les plus courageux :P Bonne chance à vous !

WPT Malte : Tristan Clémençon chipleader

24 septembre 2011 par Harper

Alors que le Winamax Poker Open focalise notre attention du côté de Dublin, le World Poker Tour a posé ses bagages du côté de Malte. Avec une étape au prix d’entrée de 3,300 euros, l’emblématique circuit a réuni 240 joueurs. Parmi eux, on retrouvait deux membres du Team Winamax. Si Davidi Kitai fut rapidement éliminé, ce n’est pas le cas de Tristan Clémençon. Le PDG est en passe d’atteindre la finale en position de large chipleader !

Après avoir géré un tapis un poil en dessous de la moyenne tout au long du tournoi et à l’abord des 27 places payées, Tristan (photo : Matthieu Sustrac pour Team 770) a accéléré le rythme une fois les demi-finales atteintes. Alors qu’il ne reste plus que huit joueurs, il possède plus du quart des jetons en circulation. Un second français est également dans le coup : Fabien Sartoris. Voici les joueurs encore en course et les prix à gagner, en vous signalant qu’un streaming live sera disponible une fois tombé à six joueurs.

Siège 1 : Cecilia Prescaglini 1,218,000
Siège 2 : Filippo Bianchini 188,000
Siège 3 : Fabien Sartoris 654,000
Siège 4 : Matt Giannetti 1,309,000
Siège 5 : Mats Karlson 452,000
Siège 6 : Simon Trumper 631,000
Siège 7 : Tristan Clemencon 2,215,000
Siège 8 : Christofer Williamsson 510,000

Blindes 8,000/16,000 ante 2,000

Vainqueur. 273,200$
Runner-up. 159,412$
3ème. 104,936$
4ème. 72,985$
5ème. 54,381$
6ème. 41,977$
7ème. 31,486$
8ème. 22,894$

RésultatsVainqueur : Matt Giannetti - 273 200$
Runner up : Cecilia Pescaglini - 159 412$
3e : Daniel Buzgon - 104 936$
4e : Simon Trumper - 72 985$
5e : Tristan Clemençon (deux Rois contre As-Roi, As rivière…) - 54 381$
6e : Fabrice Sartoris - 41 977$

La Pizza Margherita

20 septembre 2011 par Sir Cuts

La réalisation et la réussite d’une pizza Margherita passent tout d’abord par un travail préalable de qualité. Il faut s’enquérir des bons ingrédients : farine, levure, mozzarelle, tomates, et ne pas rechigner à aller chercher loin pour une qualité meilleure. On ne construit rien de bien sans bases solides.

Cette quête achevée on peut enfin rentrer dans le vif du sujet, la cuisine, dont la première étape est la laborieuse mais nécessaire réalisation de la pâte. L’excitation de l’approche d’un dénouement alors qu’on glisse la pizza au fond du four est encore loin, pourtant vos décisions et observations à ce stade auront un impact direct sur l’issue du projet.

Concentrez-vous et observez la levure fondre dans l’eau tiède, attendant patiemment votre heure. Puis vient le moment de passer à l’action. Alors puissamment et progressivement vous pétrissez la levure dans la farine de vos propres mains, ajoutant vos petites touches personnelles (sel et huile d’olive), incorporant progressivement de l’eau tiède, sans vous presser afin que le mélange ne change jamais de texture a l’œil nu. Vous avez franchi un premier obstacle, la pate est prête. Vous l’enveloppez minutieusement d’un torchon et la placez dans un endroit sec et tempéré, un lieu sûr où elle montera doucement.

L’attente est longue, deux heures durant lesquelles il serait facile de se reposer, de se laisser griser face à ce premier obstacle franchi. Mais en cuisinier chevronné vous saurez revoir vos classiques, passer les ingrédients en revue ou relire la recette. Une dernière check-list.

Puis c’est  l’agitation a nouveau ! La pâte a, lentement mais surement, doublé de volume ! Vous pouvez maintenant l’utiliser pour créer quelque chose de plus grand, c’est le support de votre grande entreprise, mais pas encore non, pas tout de suite.

Vous allez d’abord utiliser ces petits ingrédients préparés laborieusement des heures auparavant, vous faites revenir l’ail finement découpé puis écrasé avec les tomates lentement épluchées, le tout à feu doux pendant une quinzaine de minutes. Vous n’êtes plus très loin maintenant, alors que vous étalez la pâte tel un piège tendu, vos yeux sont rivés sur la sauce qui prend lentement. Le timing est essentiel.

Puis votre instinct vous le dit, votre expérience vous le dicte, c’est le moment ! Vous étalez minutieusement la sauce sur la pâte, en prenant soin de laisser exactement deux centimètres autour pour une finition parfaite. Un à un vous découpez puis étalez les morceaux de mozzarelle, ceux qui penserez-vous font l’essentiel du goût au moment de la dégustation, la première note, mais qui ne sont en réalité que des touches finales par rapport au travail effectué auparavant.

Vous y êtes presque. Et maintenant, tout a une importance capitale. Chacun de vos mouvement est calculé, votre timing doit être parfait. Vous vous saisissez de votre pizza, avec calme, puis la glissez au fond du four préchauffé au maximum. La réaction est immédiate : la pizza est saisie par la chaleur, elle rougit, l’issue est proche. Vous refermez lentement le four et observez.

La scène dure de sept à huit minutes, interminables, au terme desquelles vous saurez quel goût elle aura cette pizza, quelle saveur aura cette journée, cette entreprise.

Ma pizza est le fruit d’un travail minutieux. Elle n’est pas une innovation, elle est plus la redécouverte d’une recette perdue de vue et remise au goût du jour, à mon goût.

Ma préparation a été laborieuse mais sérieuse, j’ai couvert les basiques, exploré de nouvelles idées. La réalisation elle, n’a été elle que la répétition des longues gammes effectuées ces derniers mois, chaque geste était connu, chaque mouvement maitrisé. Reste le timing et la chance. Le timing c’est le plus difficile, l’expérience et l’observation nous permettent de nous rapprocher de l’idéal, mais parfois Dame chance vient jouer un rôle, heureux ou non.

Ma pizza est une pizza de qualité, j’en ai gouté des meilleures, mais celle-ci est le fruit d’un travail plus précis, plus sérieux. Chaque ingrédient a été choisi puis préparé comme je voulais le faire, comme je sais le faire. Au final, elle manquait peut être un peu de cuisson, ou d’autre chose, mais j’en suis maintenant sûr, je ne suis plus bien loin.

Un belge à la conquête de la France

12 septembre 2011 par KitBul

Je suis dans le TGV en direction de Cannes, où je vais jouer le Partouche Poker Tour… Et cinq heures de train, c’est long ! J’aurais pu prendre l’avion me direz-vous, mais disons qu’en ce 11 septembre, j’ai préféré éviter. Ce n’est pas tant une question de superstition. C’est juste que ce jour-là, les probabilités d’attentats sont plus élevées que d’habitude et que les contrôles sont renforcés.

Toute la communauté du poker est présente dans le train… mais on ne peut pas dire que j’ai hérité du compartiment le plus animé ! A ma gauche, il y a une mamie qui dort. C’est d’ailleurs embêtant parce que j’aimerais bien rejoindre le wagon-bar, mais je n’ose pas la réveiller. Devant moi, une famille polonaise. Malgré mes origines, je ne comprends pas le moindre mot de ce qu’ils racontent. Je trip néanmoins bien sur la prononciation des mots, tout en réalisant que cette langue n’est vraiment pas classe. Bref, toutes les conditions sont réunies pour écrire un blog !

Revenons d’abord rapidement sur mes World Series of Poker. Le bilan est positif : j’ai atteint l’argent six fois sur les onze tournois que j’ai joué. Ces résultats m’ont une nouvelle fois prouvé que j’étais très à l’aise face au jeu des américains. J’ai surtout taché de proposer un jeu très solide dans mes tournois de prédilection : le Pot-Limit Hold’em et short-handed, où j’ai fait ITM dans les trois seuls tournois joués.

Certes, j’ai manqué de réussite pour atteindre une table finale. Mais ce n’est pas la seule explication. J’avoue avoir mis de côté ma philosophie d’antan (appelé le play to win par les réguliers de tournois de 2007) qui consiste à prendre tous les risques aux moments importants comme la bulle afin d’engranger des jetons et ainsi préparer la victoire. J’ai donc sans doute été plus/trop lâche dans les moments importants afin d’assurer l’argent, ce qui reste primordial pour la confiance.

Maintenant, parlons du futur. Cette saison, je me suis fixé un objectif principal : gagner un tournoi majeur français. Je joue sur Winamax.fr des tournois avec des structures profondes, et très souvent en short handed. J’ai donc affronté à plusieurs reprises les meilleurs regs français, ainsi que de nombreux amateurs. Je fréquente également depuis cinq ans les cercles parisiens et j’ai pu comprendre le mécanisme de réflexion (pas toujours rationnel) de ce que certains appellent les livetards, mais aussi de joueurs live plus avisés. Les deux écoles sont bien distinctes : protection contre small ball, prise d’informations contre value,  instinct contre jeu mathématique, expérience contre insouciance… Chacune de ces écoles comptent des joueurs de grande qualité, mais aussi son lot de poissons.

Les connaissant très bien, je parviens néanmoins à m’adapter à leur jeu. Je pense donc qu’il est grand temps d’aller chercher un titre majeur en France ! Et on peut dire que c’est la bonne période… Le premier tournoi a eu lieu à l’Aviation Club de France cette semaine : le WPT Grand Prix de Paris. J’ai eu l’occasion d’y perfer en terminant deuxième derrière Anto Lellouche dans l’Omaha Cup à 5,000 euros. Tristan a fini septième et je me suis retrouvé en tête à tête face à Anto. Il a pris l’avantage en jetons en éliminant le russe en troisième place. Vu que c’est son jeu de prédilection, je n’ai pas pu faire long feu. Je me satisfais néanmoins amplement de cette belle deuxième place, surtout lorsque je repense à mon Day 1 où j’ai été sauvé à 3 reprises à la rivière ! Beaucoup d’autres tournois vont s’enchainer avec tout d’abord le Partouche Poker Tour, tournoi que j’affectionne particulièrement de par les écarts de niveaux entre les nombreux qualifiés et les grands noms internationaux. En espérant atteindre l’objectif de la saison le plus vite possible ;)

COAD !

Tourner sa main en bluff à la rivière

6 septembre 2011 par LocSta

Vous avez apprécié mon premier blog technique ? Voici le second ! Cette main s’est déroulée sur une table 2€/4€ de Winamax. Le contexte : RGoethals et S4lt1bank sont deux très bons joueurs qui viennent d’arriver à la table et moi-même, ohcaraiboa et jertiann sommes là depuis plus longtemps. Nous avons tous les 3 un tapis supérieur à 700€. Loïc Ohcaraiboa Sa est un excellent joueur : il fait d’ailleurs partie des Local Heroes Winamax. Il a un style de jeu très loose agressif avant le flop. C’est contre lui que je joue la main dont je vais parler aujourd’hui.

***** Hand History for Game 16410161297 ***** (Winamax)
$400.00 USD NL Texas Hold’em
Thursday, August 04, 09:14:15 ET 2011

Table Stara Zagora (Real Money)
Seat 5 is the button

Seat 1 : RGoethals 396.00€
Seat 2 : S4lt1bank 400.00€
Seat 3 : ohcaraiboa 1679.56€
Seat 4 : LocSta 712.50€
Seat 5 : jertiann 1125.84€

RGoethals posts small blind 2.00€, S4lt1bank posts big blind 4.00€
Dealt to LocSta KCœur ACarreau 

Ici, j’ai As-Roi dépareillé. C’est une excellente main avec laquelle il est plus que standard de partir à tapis en cash game avec une profondeur de 100 grosses blindes.

____________________
**
Dealing down cards **

ohcaraiboa relance à 14.00€
LocSta paie 14.00€

Je décide néanmoins de simplement payer et de cacher la valeur de ma main, pour plusieurs raisons que je vous présente :

- Je ne pense pas pouvoir amener ohcaraiboa à partir à tapis avant le flop avec une moins bonne main que la mienne ;
- Je sous représente la valeur de ma main et, de ce fait, je pourrai prendre assez souvent de la value post flop si je touche ;
- J’offre un spot de squeeze aux 3 joueurs à parler derrière moi.

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RDV à Paris, Omaha Cup : Doublé Winamax !

5 septembre 2011 par Harper

Encore un doublé pour le Team Winamax ! Après le duo Davidi Kitai – Almira Skripchenko, qui a sévi à Los Angeles à l’occasion du WPT Celebrity Invitational, c’est au tour d’Antony Lellouche, une nouvelle fois en compagnie du belge, de porter le logo Winamax au sommet du classement.

Festival incontournable de la rentrée, l’édition 2011 du « Rendez-vous à Paris » a débuté tambour battant avec l’Omaha Cup, une épreuve non labélisée World Poker Tour mais qui a tout de même regroupé la fine fleur du poker international. Avec un prix d’entrée à 5,000 euros, ils étaient 65 à avoir pris le départ, un nombre ayant largement répondu aux attentes de l’Aviation Club de France. Parmi eux, Jason Mercier, Rui Cao, Jeff Lisandro, Florian Langmann, Anthony Roux, Elie Payan, Ludovic Lacay, Basil Yaiche et même Patrick Bruel avaient tenté l’aventure.

Après une journée de compétition, ils n’étaient plus que seize en course. Et trois joueurs du Team Winamax pointaient le bout de leur nez : Antony Lellouche et Tristan Clémençon avec d’importants tapis, mais aussi Davidi Kitai, en embuscade en milieu de peloton. Après six nouvelles heures de combat, les trois représentants de l’équipe la plus titrée du poker français parviennent à se hisser parmi les huit places payées. Deux français les accompagnent : Michael Fratty, qui sautera rapidement en huitième place, et Pascal Leyo, futur quatrième.

Le Team Winamax se met à croire à un improbable triplé. Malheureusement, Tristan Clémençon s’incline en septième place, après avoir disputé un pot supérieur à la moyenne où il était pourtant favori. Mais en Omaha, tout peut aller très vite. Grands spécialistes de la discipline, Antony Lellouche et Davidi Kitai parviendront à passer entre les gouttes et domineront de bout en bout la finale. Ils décideront tout de même de proposer un deal une fois tombé à trois joueurs, Vadzom Kursevitch offrant de la résistance. Le biélorusse finira néanmoins par s’incliner sur la plus petite marche du podium, permettant aux deux compères du Team Winamax de s’offrir un face à face épique.

Photo : Poker 52

Davidi Kitai a déjà vécu la scène à Los Angeles. Opposé à sa camarade Almira Skripchenko, il avait connu la victoire et enlevé le premier titre WPT de sa carrière. Mais hier, Antony Lellouche était trop fort. Il remporte le duel Winamax et s’offre l’Omaha Cup. « C’était facile ! » a lancé en riant Antony Lellouche au lendemain de sa victoire. « Plus sérieusement, je pensais que le niveau serait plus élevé. Il y avait de nombreux qualifiés et quelques joueurs inexpérimentés : je ne me suis jamais senti inquiété durant le tournoi. » A la recherche d’un titre depuis deux ans, Antony a enfin pu profiter : « J’ai dormi à côté de mon Omaha Cup, et ce fut un vrai plaisir ! »

Aujourd’hui débute le tournoi principal du Grand Prix de Paris, l’étape World Poker Tour à 7,500 euros l’entrée. L’occasion d’enchainer pour le Team Winamax qui sera de nouveau bien représenté. Almira Skripchenko, Aurélien Guiglini, Ludovic Lacay, Michel Abécassis, Tristan Clémençon, Manuel Bevand, le duo Antony Lellouche – Davidi Kitai, mais aussi de Patrick Bruel seront au départ. Le coverage de Benjo sera à suivre à partir de mercredi en début de Day 2 !

Vainqueur. Antony Lellouche (Team Winamax) 70,000€
Runner-up. Davidi Kitai (Team Winamax) 68,000€
Troisième. Vadzim Kursevitch 65,000€
4ème. Pascal Leyo 31,200€
5ème. Juha Villi 24,690€
6ème. Michael Zovik 18,720€
7ème. Tristan Clémençon (Team Winamax) 15,600€
8ème. Michael Fratty 12,480€

Rentabiliser une main grâce à l’historique

2 septembre 2011 par LocSta

Plutôt que de vous parler de mes vacances ou des tournois joués récemment, je souhaiterais aujourd’hui aborder avec vous une main jouée online. Et vous expliquer mon processus de réflexion, bien sûr.

Voici le contexte de la première main : il y 1h30 que j’ai commencé ma session en NL400 et alept a rejoint ma table il y a environ 45 minutes. Il est directement à ma droite et est un joueur loose agressif. Il float souvent, 3-bet light, etc. Dès son arrivée, nous nous sommes beaucoup joués : j’ai touché de bonnes cartes et gagné la plupart des coups contre lui lors des quinze premières minutes. Ensuite, j’ai perdu AQ contre T8 en bataille de blindes : je relance à 16€, il me 3-bet à 48€, je 4-bet à 120€ et il fait tapis. Je paie et le tableau est tombé : T62AT. Et je perds ce coup.

Vient ensuite la main dont je souhaiterais vous parler :

***** Hand History for Game 1355469139339 ***** (Winamax)
$400.00 USD NL Texas Hold’em - Wednesday, August 31, 11:27:16 ET 2011

Table Reading (Real Money)
Seat 4 is the button

Seat 1 : LocSta - 721.63€
Seat 2 : alept - 1110.44€
Seat 3 : BENJJJ11 - 271.00€
Seat 4 : Sixcoups - 439.70€
Seat 5 : jertiann - 164.81€

jertiann posts small blind 2.00€, LocSta posts big blind 4€

Dealt to LocSta QPique TPique 

** Dealing down cards **

Ici j’ai Dame-Dix assorti en grosse blinde : une bonne main à jouer en position en bataille de blindes, mais aussi une main qui joue plutôt bien dans les pots à plusieurs.

alept relance à 12€
BENJJJ11 paie 12€
Sixcoups paie 12€
jertiann passe
LocSta paie 8€
__________

Alept relance en début de parole et deux joueurs décident de suivre. Ici, j’ai 2 options : payer ou relancer (squeezer). Je pense que le squeeze n’est pas la meilleure option car d’une part BENJJJ11 est short stack et, de plus, je ne pense pas qu’il me donnera du crédit car c’est alept qui a relancé UTG et qu’il est également le joueur le plus loose à la table. Le spot est donc un peu trop évident pour que l’on me donne du crédit. D’autre part, ma main a une équité trop bonne contre les ranges adverses pour ne pas décider de simplement payer. Je paye, donc.

** Dealing Flop ** TCarreau TTrèfle TCœur 

Je floppe un carré de dix… Ça, c’est fait ! Maintenant la question est : comment le valoriser ?

Sur ce genre de flop, en général, un des trois autres joueurs impliqué dans le coup aura souvent Full. De plus, vu que je n’ai pas squeeze préflop, je n’aurai quasiment jamais mieux que paire de Neufs ici dans leur esprit. Du coup, la meilleure option me parait être un check-raise.

LocSta check
alept mise 33.00€
BENJJJ11 passe
Sixcoups passe

Ici, les deux joueurs auxquels je donnais le plus de crédit sont les deux joueurs à avoir passé. Mon plan de check raise reste-t-il le meilleur ? Comme je vous l’ai dit, alept est un joueur large agressif. Il a donc très souvent loupé ce flop. Néanmoins, du fait qu’il sache que je n’ai jamais mieux que 99 ici et que j’aurais probablement juste payé sa mise avec 99 ou moins bien pour le laisser bluffer dans la suite du coup, je ne représente pas grand chose en check-raisant. De ce fait, je m’attends à ce qu’il call mon check-raise avec toute sa range ou presque dans le but de me bluffer dans la suite du coup (il aura souvent deux cartes supérieures au 8 pour avoir une certaine équité au cas où j’ai décidé de check raise mes pocket paires sur ce flop).

LocSta relance à 85.00€
alept paie 52.00€

__________

** Dealing Turn ** 8Cœur 

Ici, je me dois de miser une deuxième fois car faire autre chose que miser montrerait trop de force. En effet, si j’étais en plein bluff, je ferais rarement autre chose que de miser ce turn.

LocStamise 148.00€
alept paie 148.00€

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** Dealing River ** JCarreau 

La rivière est une très bonne carte. En effet, elle lui a assez souvent donné Full car, comme je vous l’ai dit, il a souvent des broadways en main. Le problème est qu’il n’a pas tout le temps une main qui va lui permettre de payer mon tapis : est-il donc préférable de checker puis payer son tapis, ou de faire tapis nous-même ?

En dehors des broadways, il va assez souvent avoir de la showdown value (des mains avec lesquelles il battra les bluffs mais des mains non suffisantes pour miser et espérer être payé par moins bien) avec des pockets pairs inférieures au 8 qu’il va checker derrière moi. Si je décide de checker cette river, il a également parfois une hauteur As et donc un bluff catcher. Du coup, je pense qu’il est préférable de faire tapis en espérant qu’il ait Full ou qu’il Hero Call avec hauteur As ou ses pockets paires.

LocSta mise 476.63€
alept paie 476.63€

alept montre QCarreau JTrèfle 
LocSta mise QPique TPique 

LocSta remporte 1466.26€

Mon défi : les résultats

29 août 2011 par Sir Cuts

Nous sommes au-dessus de Deauville quand le signal « Fasten your seat belt » s’éteint enfin, m’autorisant à me lever pour attraper mon Mac. Je profite de ce court vol vers Barcelone, coup d’envoi de la saison 2011/2012, pour revenir sur le petit challenge qui aura fait mon quotidien ces derniers jours.

De retour de vacances lundi dernier, je découvre avoir laissé à peine 4000€ sur mon compte Winamax.fr, une somme trop faible pour me permettre de jouer aux limites auxquelles j’évolue habituellement. Le problème est que je me suis toujours fixé comme règle de ne plus déposer sur un site de poker en ligne, une bonne gestion de bankroll devant m’en prévenir. Je suis donc face à un challenge personnel : remonter une bankroll confortable à partir de ce “petit” capital en évitant bien évidemment de tout perdre.

D’un autre côté, je sais que l’EPT Barcelone arrive à grands pas et un peu de poker intensif pourrait me faire du bien avant la reprise. Techniquement bien entendu, mais aussi mentalement pour gonfler mon capital confiance et travailler sur mon endurance. Et puis c’est une bonne occasion de faire des vidéos à des limites plus faibles pour les partager et en discuter sur le forum Wam-Poker avec vous.

J’ai donc eu l’idée d’un petit challenge public que vous avez pu suivre sur le Forum, sur Twitter et ma page Facebook, défi qui a touché à sa fin vendredi dernier. Je vais donc faire un petit compte rendu et procéder aux comptes ainsi qu’à la remise du prix : deux heures de coaching personnel.

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J’accorde ma basse

19 août 2011 par Sir Cuts

On ne va pas ressortir chaque année les mêmes clichés sur les nouveaux cartables, trousses, cahiers à spirales à grand carreaux et taille-crayons. Rentrons directement dans le vif du sujet : à partir du 26 août, la machine repart pour un tour. Première escale : Barcelone et son étape European Poker Tour.

Mais avant, petit retour en arrière sur les championnats du monde et les vacances qui ont suivi.

Pas un très bon cru, ces World Series of Poker 2011… J’ai joué une dizaine de tournois, pour au final une seule place payée, dans le gros tournoi de Pot Limit Omaha à 10,000 dollars. J’étais assez déçu. Plus par les résultats que par la façon dont les choses se sont déroulées. Depuis le début de l’année, trois tournois sont sortis du lot : Deauville, San Remo, et donc ce tournoi de PLO à Vegas. A chaque fois, j’ai été loin mais j’ai perdu ce petit coup crucial qui peut remettre en selle et emmener vers la finale, ou mieux. Enfin, quand je dis « ce petit coup », disons « ce premier petit coup », celui qui permet de se hisser vers les cieux. Parce qu’après, il en faut encore de la réussite pour gagner un tournoi de poker… ça, je ne vous l’apprends pas.

Le point positif de ces six derniers mois : j’ai appris à m’ouvrir, à discuter avec des gens comme Pier Gauthier et Stéphane Matheu, qui sont là pour aider au quotidien les joueurs du Team Winamax. J’ai fini par intégrer qu’il n’y avait pas de honte à avoir des points faibles, et encore moins à les partager, c’est même le meilleur moyen de les corriger, surtout quand on travaille avec des personnes aussi compétentes et intéressantes. Donc voilà, ces six derniers mois ont fait de moi quelqu’un de plus fort et malgré le manque de résultats je ne regrette absolument rien… Pas même cette brésilienne de 23 ans rencontrée à Las Vegas et qui s’est avérée être une colombienne de 37 ans avec trois enfants. Mais ne nous égarons pas.

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