Lundi 16 janvier 2012. Il est minuit quand une cruelle rivière me prive d’une victoire contre Ludovic Lacay et me fait perdre le dernier d’une série de 12 heads up contre les pros du Team Winamax. Voilà , je n’ai plus mon destin entre mes mains. Seul un sauvetage du public peut me permettre d’atteindre la finale de la Top Shark Academy. Je me souviens très bien de cet instant…
Durant un quart d’heure, je suis resté scotché sur ma chaise, le regard fixé sur la montre en face de moi, incapable de me projeter 48 heures plus loin et ressassant les deux derniers mois, me demandant si c’est vraiment comme ça que l’Academy allait s’achever pour moi.
Un an plus tard, je suis paisiblement assis dans le train qui me ramène de Metz à Londres… Je viens de disputer le WiPT Metz qui lance ma deuxième saison sous les couleurs de Winamax : il est donc temps de faire un bilan de l’année écoulée. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, pas mal de vodka également (à ce titre, on remerciera les organisateurs pour le judicieux enchaînement WPT/EPT Prague) et si un monde semble séparer mon état d’esprit actuel de celui de l’an dernier à la même époque, la première chose qui me vient à l’esprit n’est pas un moment en particulier mais plutôt le sentiment d’une progression constante, notamment en deuxième partie de saison.

Plus le temps passait, plus je me sentais à l’aise au sein de l’équipe, plus je percevais quel type d’« ambassadeur » je souhaitais être pour Winamax. Et notamment comment j’avais envie de faire partager cette passion qu’est le poker avec les autres joueurs par le biais des forums, tournois live, etc. Tout en ayant la sensation de progresser dans mon jeu.
Mon premier tournoi disputé sous les couleurs W est l’EPT Deauville : vous avez pu le suivre grâce aux épisodes de « Dans la tête d’un pro ». Bénéficier d’un tapis confortable au Day2 sur ce type de field aurait probablement pu m’apporter un surplus de confiance et d’expérience qui se seraient avérés utiles pour les tournois à venir. Mais un mauvais coup ne me l’a pas permis. Le premier tiers de la saison live n’allait ensuite pas être fameux, avec de nombreuses éliminations dès les premières journées. Dans ces cas-là , pouvoir jouer sur le net est indispensable pour conserver une mentalité de gagnant.
Avant de filer vers Las Vegas, j’ai profité du stage de préparation concocté par le Team Manager Stéphane Matheu. Si les discussions techniques ont été très animées, ce sont surtout les débats avec un coach mental qui m’ont marqué. J’ai compris pourquoi chaque joueur du Team était là depuis quelques années. Chacun fait l’effort permanent de se poser les bonnes questions par rapport à tout ce qu’implique de jouer au poker, adaptant les réponses à sa personnalité et conservant cette part de doute qui vous fait réfléchir et avancer. Il n’est pas si fréquent de pouvoir discuter avec des joueurs ayant un tel degré de maturité et d’introspection. Le poker, et notamment le poker de tournoi et la variance qu’il engendre, joue souvent avec vos nerfs, et constater que vous vous posez les mêmes questions que des joueurs de cette trempe est très instructif et rassurant.
C’est regonflé à bloc que j’arrivais à Vegas, mais après un début encourageant, ces WSOP allaient être de plus en plus décevants. J’ai même eu envie de prendre le premier vol disponible pour Londres. On a beau se répéter que l’échantillon de tournois est trop faible, que quelques fois je fais 50 tournois d’affilée sur le net sans faire de résultats, mais insidieusement le doute s’installe quelque peu, et pouvoir compter sur le Team dans ces moments-là n’a vraiment pas de prix.
Un peu lassé et déçu, j’ai eu la bonne idée de prendre un mois de vacances après être rentré de Vegas. L’année a été assez chargée, et passer trente jours sans voir de cartes m’a permis de prendre un peu de recul pour digérer et repartir du bon pied en deuxième partie de la saison. Cela m’a également permis de réfléchir plus sereinement à pourquoi j’avais envie d’être sponsorisé et quelle image je désirais renvoyer du poker.
Au mois de septembre, le WPT Paris a revêtu une importance particulière. Shortstack de bout en bout, j’ai offert une belle résistance durant de nombreux niveaux. Je ne sais pas trop pourquoi mais ma confiance pour la fin de saison a été boostée, peut-être que, pour moi qui suis habitué à multi-tabler online, le fait de monter des jetons lors d’un Day 3 a quelque peu modifié ma gestion et ma perception du temps en live.
Lors des tournois suivants, je ne saute quasiment plus lors des Days 1. Au Winamax Poker Open de Dublin, j’ai passé une partie du Day 2 en tête avant de finir 28ème. J’ai ensuite fait une place payée au WPT Prague. Même si sur le papier le bilan reste assez maigre, lors de tous les tournois disputés après Paris, j’ai eu le sentiment d’avoir bien géré mes jetons, d’avoir profité des opportunités qui m’étaient offertes et qu’il ne manquait finalement pas grand-chose pour enfin aller très loin dans un tournoi. J’ai également le sentiment d’arriver de mieux en mieux à utiliser l’expérience acquise en live sur le net, et vice-versa, et de tirer un maximum de profit de toutes les discussions que l’on peut avoir au sein du Team. Autant dire que je suis impatient d’attaquer cette nouvelle année.

Mais être sponsorisé cette année, ce n’était pas que disputer des tournois live. C’était également l’occasion de partager avec des joueurs de tous niveaux via les blogs, les quizz, les WiPT ou mon challenge… Tout cela permet de jouer au poker « autrement » et de rappeler que le poker doit avant toute chose être un jeu dans lequel on prend du plaisir en essayant de progresser et d’échanger avec une communauté aussi passionnée que vous.
D’ici deux semaines, un petit nouveau va intégrer le Team via la Top Shark Academy… J’ai envie de dire aux treize candidats restants que ça vaut vraiment le coup de s’arracher pendant les deux semaines restantes. J’avais un peu d’appréhension après avoir remporté l’Academy l’an dernier. Lorsque j’ai commencé le poker, je rêvais d’intégrer ce Team, mais une fois que l’on y est, on a toujours un peu peur que la réalité ne soit pas conforme à nos rêves. Je savais également que c’était une opportunité unique, et bien que ne voulant me mettre de pression excessive, je savais que je serais forcément déçu si cette aventure ne devait durer qu’une année.
Au final, j’ai passé douze mois formidables, les joueurs de l’équipe sont tous devenus des potes, les résultats ont été incroyables, le rôle de Stéphane est inestimable et tous les gens de Winamax que j’ai pu croiser ont été à l’image des joueurs, à savoir professionnels, humains et passionnés. Je vais m’arrêter ici car loin de moi l’idée d’entamer un blog de remerciements, sinon je ne saurais plus quoi dire une fois que j’aurais ship un live.
Si l’an dernier, j’étais heureux de gagner l’Academy, cette année je suis ravi et fier de rester et je ferai le maximum pour essayer de rendre la confiance que l’on m’a accordée et continuer à prendre du plaisir à faire ce que je fais. A bientôt sur ou autour des tables !