19 janvier. Midi. Je suis dans l’Eurostar, tranquillement installé avec café et croissants. En route vers l’EPT de Deauville. Tant qu’il n’y aura pas de connection Internet disponible sous la Manche, ça restera le moment idéal pour écrire mon blog. Quand je suis en ligne, j’avoue que j’ai plus tendance à chercher une table sur laquelle raise et reraise que de raconter ma vie.
L’EPT des Bahamas est probablement l’un de mes préférés du circuit. C’est une pause de soleil au milieu de l’hiver et du gris londonien. Je suis arrivé à Nassau malade. Je repartirai tout bronzé. Je vous passe les déboires habituels du vol aller. Du retard de l’avion aux problèmes de passeport, en passant par les valises qui arrivent sur Paradise Island deux jours après nous. La routine. Côté tournoi, en revanche, les rebondissements seront nombreux…
Day 1
Le tournoi commence très bien. Pendant les trois premiers niveaux du Day 1, je joue plus loose que je n’ai jamais joué depuis un an. La table et ma position s’y prêtent parfaitement. J’essaie de toujours jouer le style optimal selon la situation, je m’adapte simplement aux circonstances, mais bien sur, quand c’est l’option “loose” qui s’impose, je prends infiniment plus de plaisir à jouer. Je relance beaucoup de coups, et paie souvent en position preflop. Je fais des calls avec Ace High, je value bet des 3e paires, je jette As-Roi sur un board As High au turn. Je sens que je suis en forme sur ce coup d’ailleurs. Parce que, normalement, je ressens toujours une pointe de frustration quand je dois folder ce genre de main. Là , pas du tout. Je fais ce que j’ai à faire, le reste ne m’importe pas. C’est bon signe…
Je joue beaucoup de coups, mais rarement des très gros. Mon premier vrai gros pot arrive aux blindes 100/200. Mon voisin de droite - un joueur très actif - relance son bouton à 550, je fais 1,500 du SB avec A
Q
. On est de loin les deux joueurs les plus actifs à la table. Le flop est magnifique : Q
5
3
rainbow. Je fais 2,000 rapidement, il paie. La turn double le 3
. Je fais 3,000, il paie. La river double le 5
. Je fais tapis pour 7,500. Il paie en maugréant « what the f*** can you have ? » et je remporte le coup. Je passe à 30,000 mais malheureusement, j’en perds une partie un ou deux tours plus tard. Il relance encore 550 au bouton, je fais encore 1,500 en SB. Cette fois je suis moins max avec J
4
. Mais sur le flop J
6
5
je deviens absolument énorme vu notre historique. Je check il check. Le moment est idéal pour le laisser bluffer. Je sais qu’il va miser la turn 100% du temps si je checke deux fois. Je checke call donc sur le turn et la river pour me voir montrer un brelan de 6. Mauvais timing…
Une fois que mon voisin de droite est éliminé la partie devient nettement moins drôle. Je ressers mon jeu à partir du 4ème niveau. Le reste de la journée va être la traversée du désert. Pas de cartes, pas de situations. A la fin de la journée, je m’endors littéralement à la table, encore malade je suis complètement épuisé. Mon voisin me tape sur l’épaule, je regarde ma poubelle, je fold et me rendors. Il parait qu’il y a eu un gros coup, un joueur a eu une décision difficile et a réfléchi 10 minutes, mais j’avais la tête ailleurs…
Day 2
Je commence le Day 2 avec 52,000 jetons. Ma table est assez difficile. Je vois quelques mains et j’ai une image assez active, sans pour autant gagner grand-chose en jetons. Jusqu’au moment où je suis au bouton. En grosse blinde, un très bon joueur avec seulement 20 blindes devant lui. Je sais avant de regarder mes cartes qu’avec mon image, je ne vais pas pouvoir relancer n’importe quoi parce qu’il va me faire tapis souvent. Je trouve A
J
, une main énorme par rapport à la range que mon adversaire imagine que je relance à ce moment là . Je fais une relance standard. Il me fait tapis. Je paie, il a A
T
et je tiens.
Je joue assez peu de coups pendant un moment jusqu’à trouver 9
9
UTG+3. Malheureusement le joueur le plus serré de la table me sur relance et je dois passer. Deux mains plus tard je trouve A
T
, je relance, et le même joueur me sur relance. Je passe encore. La main suivante je trouve A
K
utg. Je relance, suis payé une fois, et la SB fait tapis. Je paie debout sur la table et je double face à A
Q
. Un peu plus tard je paie la boite du cutoff short stack avec A
J
. Il a A
6
et je gagne encore. Pour l’instant mes mains tiennent, tout va bien.
Je suis changé de table, et avec un tapis de 100,000 je me retrouve juste à droite du chip leader qui doit avoir dans les 600,000… apparemment il a eu beaucoup de chance et ne me parait pas dangereux. Je relance avec 3
3
, et je C-bet sur un flop King High. Je suis payé. La turn est un 3
, et mon adversaire paie une mise au turn, puis son tapis sur la rivière, avec K
J
. Ce coup me fait passer à plus de 200,000. Je reperds ensuite quelques coups. Par exemple lorsqu’un joueur relance à 12,000 en MP, je le sur relance à 32,000 avec A
Q
au bouton. Le chip leader en SB fait 115,000… il pourrait crier qu’il a As-Roi que ce serait pareil. Je passe, et il montre son A
K
tout fier. Cela me confirme qu’il n’est pas bien dangereux.
Peu avant la fin du Day 2 je suis deplacé pour la dernière fois à une nouvelle table. De loin la plus facile que j’ai eu de la journée. J’ai à nouveau un peu plus d’options à ma disposition. Je me permets de relancer la blind la plus faible avec n’importe quelles cartes. Je ne pouvais pas le faire de toute la journée, c’est toujours agréable. Je perds un coup avec J
T
sur un flop J
6
5
. Mais je récupère les jetons juste derrière avec A
A
au bouton contre Q
Q
. Tout part au flop 9
4
2
après que j’ai juste payé preflop. Je finis la journée à 191,500.
Johny 001
Tags: EPT Bahamas 2009


29 janvier 2009 Ã 12:59
Sympathique le compte rendu.. j’attends la suite avec impatience !!
23 avril 2009 Ã 13:57
[...] Read this article: Mon EPT aux Bahamas, part I [...]
31 décembre 2009 à 9:57
[...] Mon EPT aux Bahamas. Part 2 - par Guillaume de la Gorce Johny001 analyse main par main sa progression dans le tournoi [...]