Plutôt que de vous faire un compte-rendu normal de ma table finale à l’European Deep Stack Championships, j’ai décidé de prendre un risque et de vous dévoiler des secrets pokeristiques inédits. La communauté des joueurs pros m’en voudra sûrement de réveler des astuces d’un telle importance. Mais de nos jours, il existe tellement de façons d’apprendre la technique de jeu (vidéos, coaching, articles livres, forums…) que ce n’était qu’une question de temps pour que; les VERITABLES secrets du succès au poker ne soient exposés au grand jour.
Comment, donc, gagner en poker de tournoi? Si je vous posais la question, vous me répondriez sans doute “avec un mélange de technique, de patience et de chance”. Il se trouve que c’est l’opinion largement répandue, et que comme tout les les opinions largement répandues, elle est largement fausse. En réalité, la formule pour gagner dans les tournois de poker réside dans ce que j’appelle, à défaut de mieux, “le sens du spectacle”.
Ce concept avancé s’explique mieux par l’exemple.
Imaginons; un raise en début de parole, un call, et vous payez au big blind avec un main à fort potientiel comme 52 de carreau. Evidemment, ça n’aurait pas de sens de payer preflop si nous ne trouvions pas un flop intéressant, comme par exemple Q95 avec deux carreaux. Une fois ce flop affiché, et que nous avons effectué le play standard de check/raise all in et sommes payés par AQ, il est temps de refermer le piège et de toucher le carreau. là ou un amateur fera brique brique, un vrai professionnel attendra la river pour toucher son carreau, si possible l’As, afin de donner deux paires à l’adversaire et donc économiser de la malchance pour plus tard. Un play très avancé consiste à toucher un autre 5 après que l’adversaire ait touché un As au turn, mais je vous déconseille de viser ce résultat dans vos premières parties.
Deuxième exemple: vous etes en demi finales du tournoi, et un adversaire relance votre grosse blinde. Afin de le remettre à sa place, vous décidez de le sur-relancer à tapis en “resteal” avec 78o. Evidemment, vous aviez prévu de gagner tout de même le coup dans le cas malencontreux où il déciderait de payer avec par exemple AK (sinon quel intérêt de resteal, me direz-vous!). Dans cette situation, un amateur se contenterait vulgairement de toucher un 7 ou un 8 au flop et d’éviter les A et K sur turn et river. Un véritable pro doué du sens du spectacle aura le bon sens de flopper carrément une quinte avec 569 dès le flop, histoire de tuer tout suspense et d’affirmer ainsi sa supériorité. Ce genre de coup précis a l’effet d’un direct à la mâchoire du reste de la table, et frappe considérablement plus les esprits qu’un suckout un peu maladroit.
Enfin, la table finale est le moment où on sépare le bon grain de l’ivraie, les champions de ce ceux qui n’arriveront jamais à leur cheville, bref, les pros des amateurs. Imaginez-vous dans la situation suivante: il vous reste une grosse blinde et vous êtes all in “blind” au prochain coup. Un adversaire relance et découvre AT contre votre A2. Bien entendu vous pourriez toucher le 2 dès le flop ou encore à la river, mais il est à ce moment plus judicieux d’attendre le turn, afin de renforcer dans l’esprit du spectateur moyen que :
1 - vous avez touché un miracle mais..
2 - il reste encore la river, ouh suspense le Héros est encore en danger!
Ayant doublé et foldé pendant un tour complet, il nous reste deux grosses blindes et la moitié de notre tapis est engagé en BB. Evidemment, nous allons payer “blind” la relance de n’importe quel adversaire, mais pas avec n’importe quel jeu. Pour cet instant critique, nous allons choisir notre main fétiche. Dans mon cas, il s’agit d’un Roi et d’une petite carte de la même couleur, par exemple Roi Neuf de coeur. Ensuite, face à un éventuel AJ adverse, nous allons prendre la line la plus efficace et le plus spectaculaire pour donner des frissons et des histoires à raconter à notre auditoire. Par exemple, nous laissons à notre adversaire la chance de toucher un As au flop, mais nous l’achevons avec une backdoor, et pas n’importe laquelle! Si possible une backdoor improbable, avec un board A52, 9, 9 ou A73, K, K. Evitez les deux paires backdoor telles “A52K9″ qui sont plus communes et moins étonnantes que les backdoor brelans.
Voilà, j’espère que grâce à ces quelques consignes votre jeu s’en trouvera amélioré et que vous prendrez le côté spectaculaire du Poker avec un peu plus de sérieux.
ManuB

11 février 2009 à 12:58
manu tu es vraiement le roi du second degres mais quand meme felicitation pour ta table finale qui au vu de ton depart catastophique du au intemperies et a plein d’autre choses n’ete pas du tout sure.
11 février 2009 à 13:52
Comme on dit : “GG” ou “NH”
Bravo !
Belle épopée et bon article !
11 février 2009 à 14:02
merci pour cette leçon de boule de cristal et de chatte !
bravo pour ta ténacité pour arriver à Dublin et bravo pour ton résultat !
11 février 2009 à 14:35
Il est toujours bon de parler avec humour du chattage… pardon du poker champagne.
La chance sourit aux audacieux… ou aux galériens qui rame pour arriver a leur destination
Nice post
11 février 2009 à 18:48
Je suis ravi d’avoir tous ces coups spectaculaires en direct. Merci Manu pour ce super show !!
11 février 2009 à 19:04
Quel donk ce Manu_b…
Bonne chance pour tes prochains tournois
11 février 2009 à 19:23
je suis tout a fait d’accord avec toi
tes efforts ont été recompensé donc les bad que ta collés sont la recompense de ceux que la SNCF ta mis ^^
11 février 2009 à 20:13
ah j’adore ce type d’analyse, c’est vraiment impressionnant cet art d’exceller dans la chatte, mais dis moi mon pti manub il n’y aurait pas un peu de sadisme dans ce que tu dis quand tu parles des backdoors brelans par exemple??? en tout cas moi ça m’éclate mdr
11 février 2009 à 20:13
ok, merci pour la leçon, mais est-ce qu’on pourrait pas avoir la précédente : “comment gagner les coin flip”. Merci
12 février 2009 à 3:15
Moi je pense très honnêtement que pour avoir autant été à contre courant face à un destin qui décidément, ne voulait pas te laisser voir les tapis dublinois (et les croupières, également, je ne sais pas à l’european deepstack mais à l’IPO c’était gratiné, d’ailleurs j’ai reconnu la petite blonde qui dealait en demifinale je lui avais tapé dans l’oeil lol), tu avais épuisé ton stock de poisse et par conséquent tu as pu mettre en oeuvre tout ton sens du spectacle.
Une chose m’étonne ceci dit, avec une remontée pareille en TF, on ne peut que gagner, aurais-tu fait trop de zêle ? MAnu qui prend le bourrichon ? Oui, pousser avec AT après ton festival était impropre à ton sens du spectacle, la logique a été respectée
A quand ta prochaine vidéo, j’ai suivi avec intérêt ta progression dans le grand tournament.
12 février 2009 à 10:05
Énorme
je m’y attèle dès a présent….
Manque juste une vidéo sur ces points “vécus et détaillés en direct live”
Encore félicitation pour la victoire
13 février 2009 à 15:42
manuB fait son coming out
23 décembre 2009 à 2:23
[...] Le sens du spectacle - par Manuel Bevand ManuB revient sur son tournoi à Dublin et la chance [...]