Icônes - Partager


Salut à tous,

En regardant le Picasso du dernier post d’Almira sur ce blog, j’ai eu envie de vous faire partager ma passion pour la photographie. Et pourquoi pas, vous raconter mon Vegas à moi à travers ces clichés.

3 voyages à Vegas. Déjà. Je commence à m’y sentir chez moi. Jouer là bas est le rêve de tellement de joueurs que je ne peux que me sentir privilégiée.

Vegas pour moi se résume en quelques mots : cartes, lumières, solitude et fantasmes.

Patrick Taberna

Dans l’immense salle du rio, je repense à chaque fois à un conseil que m’avait donné Patrick Bruel lors de mon premier séjour : ne regarde pas autour de toi, c’est trop immense, tu n’en verras pas le bout et tu auras le vertige. Il a raison. Et ce dont parle Almira, cette sensation de ne pas en voir le bout, c’est le lieu qui l’amène et pas seulement le type de tournois, main ou small event. Il faut résister c’est une machine à broyer.

Mais le plaisir de jouer pendant des heures, d’entendre « all in » ici et là, c’est comme un levé de rideau pour moi, un pied absolu. Et cette année, pour cause d’enfant en bas âge, je ne vais faire que deux tournois : le main event des wsop que je vais commencer le 6 juillet et le main event des mega stack du caesar palace. J’espère jouer suffisamment longtemps pour ne pas repartir frustrée. Et pourquoi pas faire mon 3ième itm de la saison après Londres et San Remo.

Gilles Coulon

L’année dernière, j’habitais dans la villa avec mes copains de la team et je découvrais les plaisirs de la collectivité made in usa. La wii n’avait plus de secret pour moi, pas plus que le supermarché du quartier. Ouvert 24H/24. Las Vegas c’est cela, des lumières et une vie de nuit comme en plein jour. Pas d’heure, le corps qui se plie à l’oxygène trafiqué des grands hôtels, le chaud et le froid, le néon. Pas de conscience écologique ici. Ou alors une mauvaise.

Pierre Molinier

Une oasis au milieu du désert, une ville totalement fantasmée et réalisée grâce à la folie de l’homme. Molinier était un drôle de monsieur, surréaliste fétichiste, dans la démesure et la mise en scène jusqu’au bout. Il pensait que nous étions sur terre pour « transformer le monde en bordel » et s’est suicidé en écrivant sur sa porte la date de son décès avant de passer à l’acte.

L’art de la mise en scène se mesure aussi ici à Vegas. Et je pense moi à la démesure d’un Phil Ivey qui a parié 3 millions sur l’obtention de son nouveau bracelet, d’un Phil Hellmuth qui arrive comme d’hab en retard entouré de pompom girls, à ceux qui rasent les murs en fin de world series, plus d’argent, tout dépensé à la roulette…

A cet état de puissance qui habite ces joueurs qui ont vaincus.

Anders Petersen

Et à la solitude des autres. Ma solitude à moi. Qu’il est long le couloir du Rio quand on le parcours de la salle vers la sortie, les yeux rivés sur le tapis (qu’il est moche le tapis du rio) en espérant ne pas croiser untel ou untel tellement on a envie de respirer un petit coup (même du 40°c) avant de sentir le poids tomber sur nos épaules et de se convaincre : oui, demain est un autre jour.

Frank Horvat

Et le rhino. Non pas le rhino du rhinocéros, mais le rhino dont vous avez déjà souvent entendu parler, le club de striptease de Vegas.

Que vient faire une fille comme moi dans un lieu comme ça !?

J’avoue, j’ai découvert un monde que je ne connaissais pas en suivant les garçons au Rhino. Et je l’ai aimé. Un monde fait d’artifice, de blondeur, de mâles. De réconfort tarifé et d’illusions chères payées. Mais personne n’est dupe, ni les filles qui y travaillent avec souvent beaucoup d’intelligence, ni les hommes qui écoutent ce qu’ils ont envie d’entendre. Et ce manège tient. De tournois en tournois. De world series en world series. Et pour avoir partagé les wc avec ces demoiselles, je peux vous dire qu’on en apprend beaucoup sur la nature profonde de notre espèce. Et sur soi-même.

Francesca Woodman

J’espère que ce voyage dans mon album personnel vous a plu, qu’il vous donnera envie d’aller à la découverte de ces photographes et je vous retrouve très vite à Vegas !

Nb : j’ai emprunté le titre de l’article « icônes » à Claude Berri, grand collectionneur de photographies et à son livre.

Alexia

Neechee Girl

4 commentaires pour “Icônes”

  1. davidosky x dit :

    en un mot je dirais superbe Neechee Girl.en lisant ton article,j ais ete transporte a vegas et ca ma bien plu.je sent comme une tension en te lisant je suppose que la pression doit etre grande alors encore une fois un gros GL a toute lequipe.ciao

  2. giggs83 dit :

    GG pour l’article Alexia, c’est toujours agréable d’avoir des “morceaux de vie” au milieu des “morceaux de coups” !

    Et surtout un enorme GL pour les WSOP !

    Nechee Girl FTW !

  3. zacpran16 dit :

    j’ai ressenti ce parfum paradoxal…suffoquant et ennivrant de mes escales marines où un monde inconnu vous révèlle à la fois ce qu’il a de plus scintillant et de plus vil…
    Des bordels aux hotels 5 étoiles…la solitude, misères et illusions s’entremellent, les amours tarifés, les sourires convenus, les services intéressés…
    Mais l’atmosphère pesante et inclassable vous entrave, vous envoute…vous paralyse parfois !
    J’ai revécu du Blaise Cendrars dans ton récit…Et c’est un vrai plaisir !
    Et puis Vegas reste un mythe pour les joueurs que nous sommes, une destination que je ne vis qu’en rêve pour le moment…je t’envie pas mal, dès fois, pas toujours…surement.
    Bonjour d’Angouleme et Good luck pour la suite !
    ps : je file consulter ces photographes car ma culture photo est pauvre !!!
    - Greatstack -

  4. fredoAllin dit :

    Poésie et culture, qui viennent alimenter le mythe Végas
    Bravo pour ce bel article.

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.

visit counter