EPT Londres, milieu du jour 2. Nouvelle table. un joueur israélien très LAG relance à 4000 en 80/1600. Un très bon joueur américain TAG mais capable de gros changements de vitesses sur-relance à 16000 de SB. Je suis en BB avec Q2s et un stack de 125k et sur-relance encore à 40k. L’israélien passe rapidement mais l’américain réfléchit un bon moment, il a le même stack que moi mais aucune raison de penser que je ne possède pas la premium que j’affiche ici… Les curieux s’arrêtent autour de la table, les caméras commencent à arriver. J’essaie tant bien que mal de rester le plus serein et détendu possible: une respiration lente et régulière, la posture Hellmuth, et une “arme secrète” pour masquer un de mes tells découvert à mon grand dam cet été à Vegas. Il finit par passer en prétendant avoir AQ (étonnant comme un joueur a toujours une bonne main quand il sur-relance puis folde!).
Vous avez peut-être vu mes vidéos et ça vous étonne? Je vous présente le nouveau ManuB, ou comme le disent les anglo saxons, le “Niou Manewbee”. Cette véritable bête de guerre est:
- Plus agressif
- Moins curieux
- Plus patient
- plus observateur
- Moins en tilt!
J’effectuais la semaine dernière ma rentrée sur le circuit européen, la tête remplie de bonnes résolutions. J’ai beaucoup réfléchi à mon jeu pendant l’été et je pensais avoir décelé des failles évidentes dans mon jeu “live” : un mélange d’impatience, de peur de la contre-performance, de hantise du setup m’ont conduit à parfois jouer de manière loose passive, excessivement “small ball”. J’avais aussi un problème d’embrayage: je changeais de vitesse trop vite à l’arrivée des antes, négligeant les problématiques de profondeur. Résultat? Les décisions difficiles, c’est pour ma pomme. Il était temps de renverser la tendance.
Pour progresser au plus haut niveau, il est indispensable de se remettre en question, de se faire violence avec une approche hardie du jeu et d’élargir sa palette de moves, ne serait-ce que pour comprendre ce qui se passe en face. A Londres, où j’ai terminé dans l’argent de justesse, je pense avoir rempli ce contrat avec moi-même. Je suis sorti de ma zone de confort à plusieurs reprises en prenant le moindre spot qui se présentait. J’ai tenté des choses inhabituelles pour mon style de jeu normal: un total de cinq “4-bets light”, (sur-sur-relance avec rien) dans le tournoi, c’est beaucoup pour moi qui n’était habitué qu’à en faire qu’un en moyenne! J’ai aussi jeté plus de mains et vu un peu moins de flops dans des situations dangereuses, et toujours tenté de mettre la pression plutôt que de la subir - quitte à souffrir contre Chris Ferguson et son jeu preflop ultra-solide…
Une grosse période de tournois live arrive. après Londres, j’enchaîne avec Marrakech, Varsovie et peut-être l’Evian Poker Open. C’est en forgeant qu’on devient forgeron. Bring me some chips!
ManuB
11 octobre 2009 à 21:24
Dur de remettre en cause les vieilles habitudes on dirait, on change un petit truc et ça chamboule toute la stratégie… Et pour le tell, comment l’as-tu découvert ? Personne dans LE team ne l’avait remarqué ? ça se négocie cher un tell ? ;D
17 octobre 2009 à 20:55
Personne ne l’avait vu mais on joue très peu ensemble finalement (ou alors ils ne me l’ont pas dit!). Je l’ai encore senti à Marrakech, impossible de m’en débarrasser sans l’arme secrète (je ne peux pas dire ce qu’est l’arme secrète non plus sinon on risque de deviner !!). C’est Amnon Filippi qui l’a vu sur moi dans un event à 2k aux WSOP et il a été assez sympa de m’en informer à voix haute!