Dernier tango à Paris - Partager


La der des der en Europe avant les WSOP

 

Après un interminable périple méditerranéen qui nous a successivement emmenés à San Remo, Nice, Monte Carlo, et Venise, il est temps de rentrer au bercail pour le dernier gros tournoi européen de la saison. Avant de traverser l’Atlantique pour s’installer à Las Vegas, theâtre deux mois durant de la grande transhumance annuelle des World Series of Poker, posons nos valises à Paris le temps d’un week-end.

Bien avant l’European Poker Tour et les WSOP-Europe, le vénérable Aviation Club de France (cent ans d’existence, dont presque quinze dédiés au poker) accueillait sur les Champs Elysées l’épreuve phare du poker européen : le Grand Prix de Paris.

Le Club dans les années 2000
Le Club

Les archives « poker » du prestigieux club d’aviateurs remontent à 1995. Les gros tournois organisés chaque saison coutaient à l’époque 5,000, ou 10,000 francs français. Pour les plus jeunes qui nous lisent, cela correspond à environ 750 et 1,500 euros, une somme qui paraît bien dérisoire aujourd’hui, mais qui, inflation aidant, voulait tout de même dire quelque chose en ces années là, où le poker était encore balbutiant en France, et où les rares joueurs professionnels n’osaient pas s’afficher publiquement comme tels.

C’est en juillet 1998 que les archivent montrent pour la première fois une épreuve appelée « Grand Prix de Paris. » Tandis que les Zizou, Henry et Barthez défilaient sur les Champs, Coupe du Monde à la main, le danois Thor Hansen (l’un des rares professionnels européens de l’époque, justement) remportait le titre face à des joueurs tels que David Tavernier ou Michel Zajdenberg. Des joueurs qu’on ne croise que rarement autour des tables aujourd’hui.

Ram Vaswani, régulier de la première heure
Ram Vaswani, régulier de la première heure

L’année suivante, une femme remportait le Grand Prix, la seule à ce jour : l’anglaise Lucy Rokach, autrefois crainte dans toute l’Europe et désormais retraitée des grosses compétitions. Dans le même temps, Bruno Fitoussi, l’homme poker du Club, mettait en place les Euro Finals of Poker, un rendez-vous qui allait rapidement devenir incontournable. Son « Main Event » à 30,000 francs allait voir défiler des vainqueurs tels que Paul Testud (en tête à tête contre Pascal Perrault), Mike Sexton (contre Claude Cohen), ou encore l’irlandais Alan Betson (contre David Benyamine), et Ram Vaswani. Un véritable who’s who du poker européen de l’époque. C’était le temps des Robert Cohen, des Michel Akrich, des Xavier Detournel (encore très actif aujourdh’ui)… En 2001, un nouveau venu appelé Fabrice Soulier remportait le Grand Prix face à Jan Boubli et Simon Trumper : chacun s’accordait pour lui prédire un brillant avenir…

David Benyamine
David Benyamine

2002 fut une année charnière pour le poker en France, et donc pour l’Aviation Club de France, qui à l’époque était « l’endroit » où tout se passait dans l’hexagone : le poker en ligne était encore balbutiant, et nous étions cinq bonnes années avant que les premières tables de cash-game ne fassent leur apparition dans les casinos. L’année du passage à l’euro a vu l’ACF augmenter le tarif du Grand Prix à 10,000 euros : tout simplement le tournoi le plus cher d’Europe. Et surtout, pour la première fois, les caméras de télévision venaient s’installer dans le club cossu. Quand le producteur américain Steve Lipscomb était encore en train d’imaginer son circuit de poker, il tomba littéralement amoureux de l’endroit : « Je veux une étape du World Poker Tour ici ! » Le courant est bien passé avec Bruno Fitoussi, et le 15 février 2003, Christer Johansson terrassait 86 joueurs et remportait face à Claude Cohen la première étape parisienne du WPT. Quelques mois plus tard, le Club nous offrait son premier vainqueur français en la personne de David Benyamine, légende parisienne de l’époque, mais encore à quelques années de ses premiers triomphes à Las Vegas. La troisième saison allait nous offrir l’un des moments les plus mémorables du poker télévisé, avec la victoire de Surinder Sunar contre un Tony G survolté. Un must jamais égalé depuis. C’est aussi à l’Aviation Club de France que le grand talent de Roland de Wolfe fut révélé, lors de l’édition 2005. C’était le premier tournoi pro que votre serviteur eut la chance de couvrir, et je m’en souviens encore comme si c’était hier.

Will Ma, jeune champion de l'édition 2007
Will Ma, jeune champion de l’édition 2007

Le Grand Prix de Paris allait subir un brutal coup d’arrêt en 2007, à la suite d’un coup de pression lancé par les autorités françaises contre le poker en ligne. Sous prétexte que le WPT opérait sa propre salle en ligne (pourtant interdite aux joueurs hexagonaux), on lui interdit la venue des caméras de télé. Le tournoi survécut sans le prestigieux label, mais au prix d’une forte baisse du nombre d’inscrits, qui tomba à 139 après avoir dépassé les 230 l’année précédente. Un jeune canadien venu de nulle part, Will Ma, remporta l’épreuve dans l’indifférence quasi-générale malgré une épreuve de grande qualité. En 2008, l’épreuve est à nouveau filmée, par Eurosport, et les fans peuvent assister en quasi direct au sacre du légendaire Roger Hairabedian face à des cadors tels qu’ElkY et Ryad Abour.

A l’Aviation Club de France, l’histoire du poker s’écrit en lettres d’or depuis presque quinze ans. Pour la première fois, Winamax vous offre un reportage exclusif pour suivre en direct son épreuve phare : le Grand Prix de Paris. Six joueurs du Team Winamax seront au départ de l’épreuve : Arnaud Mattern, Guillaume de la Gorce, Vikash Dhorasoo, Antony Lellouche, Davidi Kitai et Nicolas Levi. Les trois premiers d’entre eux seront présents aujourd’hui pour le Day 1A. Les autres, on les retrouvera demain pour la seconde fournée de départ.

Rendez-vous à 15 heures pour suivre l’épreuve en direct !

Benjo

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