Archive pour la catégorie ‘Life Style’

Action à l’Aviation

Mercredi 8 février 2012

Une fois de retour de Vegas, mon downswing s’est terminé et j’ai enchainé les mois gagnants. Il faut dire que l’action « high-stakes » est de retour à Paris : David Benyamine, Romain Arnaud, Rui Cao, Basil Yaiche, Idris Ambraise et d’autres ont bataillé avec moi sur les tables de l’Aviation Club de France (25€/50€, 50€/100€, ou 100€/200€, toutes en Pot-Limit Omaha).

D’autres joueurs moins aguerris techniquement se sont joints aux enflammées parties parisiennes.

Jusqu’à mi-décembre, tout se passait bien. D’ailleurs je n’écris pas trop quand ça va bien. Surement trop occupé à jouer. Je grindais tranquillement, rebuildant comme je pouvais ma bankroll ébranlée par mon downswing cru 2011 (moins 1,2 million d’euros).

A peu près positif de 300 000€, je me sentais invincible, je commençais à retrouver mon swing. Et oui, il ne faut pas jouer les riches quand on n’a pas le sou… Je veux dire par là que j’étais un peu scared money et que je refusais certains spots un peu risqués mais malgré tout rentable.

Je décide donc de prendre quelques jours de vacances au ski : direction Val d’Isère ! Aucun endroit au monde ne m’apporte autant de repos que la montagne, et je savais que j’avais besoin de souffler un peu. Quand je commence à rentrer dans la danse des cash games, je peux jouer 15 heures par jour 31 jours par mois. J’ai de la résistance mais je saturais un peu.

Nous sommes le 23 décembre. Anticipant les bouchons parisiens du soir, je décide de réserver le train de 7h39 du mat’, histoire d’être sûr de ne pas le rater. Le réveil sonne a 6h10 : je me lève comme une fleur et il ne reste plus qu’à passer un coup de fil à mon pote censé m’accompagner. Bref, je vais vous la faire courte… Je rate évidemment le premier train pour une raison que j’ignore totalement : une histoire de taxi qui a mal tourné avec mon pote. Je rate aussi le train de 18h23. Je suis parti à 17h de chez moi (Trocadéro pour arriver à Gare de Lyon). Bref, saoulé, j’annule le ski et suis de retour à l’ACF dès le 24 décembre.

Du 24 décembre au 2 janvier, l’action baissa d’un ton.

Et puis… Le plus violent downswing que j’ai pu vivre sur une période si courte. Ni plus ni moins. J’ai réussi à faire 23 défaites d’affilée. Je ne peux pas jurer avoir joué mon meilleur poker car, comme je l’ai dit plus haut, chaque défaite a un poids et l’accumulation pèse de plus en plus sur le mental. Le plus grave est quand celle-ci vous fait craquer, et par conséquence tilter. Mon cas est différent et par expérience je change un peu ma façon de jouer quand j’enchaine les mauvaises séances. Je joue tight, très tight, et de plus en plus short en début de partie. Malgré ma force psychologique, je ne résiste pas au mauvais sort (je déteste ce mot). Bref, 400 000 euros perdus en moins de 3 semaines.

Mes amis du poker compatissent mais surtout me rassurent sur mon jeu. C’est important d’être bien entouré dans ce milieu, et je tiens à les remercier de leur soutien moral. Ils se reconnaitront.

Je me sens progresser tous les jours à la suite de nouvelles rencontres, et de nouvelles discussions avec plusieurs joueurs cités plus haut.

Dès le début des Euro Finals of Poker, j’ai enfin enchainé les victoires, petites, mais bonnes pour le moral, le tout suivi d’une victoire plus conséquente (31 000 euros sur une 50€/100€). J’ai fini 5ème du petit tournoi de HORSE, et mes stackings ont fait 3 finales durant cette série de tournoi. A la clé, un p’tit 100 000 euros qui fait du bien et remet en pleine santé physique et mentale.

Je me sens mentalement armé à rencontrer toutes les péripéties possible au poker. Certains regs de l’ACF m’ont demandé comment je faisais pour garder le sourire et la tête haute. Il y a même de nouveaux bruits qui disent que la vérité, c’est que j’étais millionnaire avant de jouer au poker, et que du coup je m’en fous de perdre autant. Je m’en fous parce que la vérité est tellement simple et bête : je sais que je vais gagner.

Bahamamamas

Mercredi 25 janvier 2012

Dans mon blog précédent, je vous annonçais mon intention de lancer mon année par un déplacement aux Bahamas. Cette étape du LAPT/NAPT/EPT (jamais trop compris) est un véritable mini-WSOP : nombreux tournois, buy-in et variantes multiples et, bien entendu, ricains à gogo. Question hébergement et restauration, c’est un véritable braquage : les chambres sont moyennes, le service est lent à en mourir et tout est en extra.

Le summum est atteint à la poker kitchen qui, en plus d’être dégueulasse (le chef serait Greg Raymer),  fonctionne avec un système de tickets (comme à la cantine) et où tout coûte une montagne (4 dollars la bouteille de 250ml d’eau, 8 dollars le coca, 9 dollars la salade de fruits).

“Welcome to Paradise” vous hurle un mec à l’accueil quand vous descendez du taxi. Mouais, surtout le bootcamp idéal pour tout européen avant les WSOP. Il va falloir que je reste calme et que je me concentre sur mon objectif.

J’arrive donc le 4 janvier à Nassau, trois jours avant le début du Main Event histoire de m’acclimater au décalage horaire, de prendre mon coup de soleil habituel ET d’avoir le temps de le guérir (en partie), et de jouer un petit satellite a 1 000$, histoire de retrouver le live avant de jouer le Main qui s’annonce relevé.

Cette année le soleil est au rendez vous (pas forcement évident en cette période aux caraïbes, voir coverages de Benjo en 2008, 2009 et 2010), et je profite donc de mes trois jours pour mettre en application mon plan. Ma peau brule progressivement atteignant un vermillon très satisfaisant, le 1000$ est une entrée en matière agréable, je retrouve quelques sensations et me fais éliminer sur un flip apres trois heures de jeu.

Je peaufine mon conditionnement par une petit discussion avec Pier Gauthier sur skype, je suis prêt, je bosse bien depuis plusieurs mois, il faut que je me concentre sur les détails, la différence entre un bon joueur et un grand joueur c’est une addition de détails. Je repense au stage du Team à Sofia Antipolis, la nutritionniste, l’ostheo, le coach mental. Je suis prêt.

Ce voyage à Nassau coïncide aussi avec ma première “collaboration” avec un ami de Toulouse, Etienne.

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2012 : la consécration ?

Vendredi 13 janvier 2012

Au poker, il n’y a pas que les mathématiques, la psychologie, la stratégie et la préparation. Il y a aussi le feeling, l’instinct.

Difficile à expliquer, mais il est plus important qu’on pourrait le croire. Parfois, avant même le début d’un tournoi, on a un pressentiment, qu’il soit bon ou mauvais. Et très souvent, il est vérifié.

Pareil quand on est dans un coup, qu’on a une décision délicate et qu’on hésite entre le fold ou le call à la rivière par exemple. On a toujours une première intuition, et il s’avère qu’elle est souvent juste. Elle reste pour autant inexplicable  et est le fruit d’une analyse inconsciente de notre cerveau de certains facteurs (attitude corporelle, betting pattern, etc.) qui nous aurait échappé. Un bon joueur de poker devra être capable de suffisamment lâcher prise afin d’écouter son instinct dans certaines situations.

Et justement, un feeling, j’en ai un pour cette année 2012. Et il est plein d’optimisme.

Mais tout d’abord, petite rétrospective sur l’année tout juste écoulée. Le bilan est honnête, mais pas totalement satisfaisant.

En terme de performances, j’ai réalisé quelques beaux deep run, dont notamment le 1 500$ H.O.R.S.E. et le 10 000$ PLO des WSOP, mais aussi le WPT Malte. J’ai manqué de réussite sur la fin, n’ayant pas vraiment de regret à nourrir mais la déception reste palpable.

Concernant ma préparation, c’est très encourageant. Je me suis remis au sport et j’y prends goût (même du fitness en salle… Oui, oui !). Et même si je peine encore à en faire régulièrement, je progresse dans ce domaine et cela m’aide grandement dans les tournois afin d’être performant à toute heure. J’ai décidé cette année de continuer à collaborer avec Pier Gauthier et je compte bien approfondir mon travail avec lui.

Voici mes prochaines échéances : tous les tournois de NLH et PLO à 1 000€ ainsi que le H.O.R.S.E à 250€  (plus pour le fun) des EFOP à l’ACF. Si je suis éliminé du Main Event, je ferai également le High Roller à 10 000€. Ce sera une de mes résolutions cette année : faire quelques High Roller en No-Limit Hold’em, de préférence les plus juteux. Je serai également bien sûr présent à l’EPT Deauville, et je compte y disputer de nombreux tournois, en espérant bien entendu ne pouvoir en faire qu’un pour cause de deep run : le Main event ! Vous pourrez suivre un pointage régulier de chacun de ces events sur mon Twitter ou sur ma page Facebook.

Alors, pourquoi ce bon feeling ? Tout d’abord, mes premiers tournois joués sur Winamax.fr (Top 50 , XTASE, High Roller et Grand Tournoi) m’ont apporté une grosse satisfaction vis-à-vis du jeu que j’ai développé. J’ai eu d’excellentes sensations et j’ai ressenti les dynamiques de jeu à table comme rarement. Cela me donne une confiance énorme pour les prochains live : j’espère vraiment frapper fort dès ce mois de janvier. De plus, par rapport aux années précédentes, j’estime vraiment avoir toutes cartes en main pour réussir. Je suis beaucoup mieux préparé, et je sais ce que je dois faire.

C’est pourquoi mes objectifs pour cette année seront assez élevés :

-    3 Tables Finales dans des events majeurs (WSOP, EPT, WPT)
-    1 Titre majeur
-    + de 500 000 $ de gains en live

J’ai à cÅ“ur de les atteindre et même, pourquoi pas, de les pulvériser (sait-on jamais !). Verdict à la fin de l’année.

Celui qui n’a pas d’objectifs…

Mercredi 11 janvier 2012

…ne risque pas de les atteindre - Sun Tzu

En effet, nous y sommes. Adieu sapin, dinde, cotillons et coupes de champagne : nous sommes en 2012. Comme chaque année, l’heure pour chacun des bilans, des résolutions, des objectifs !

A titre personnel, 2011 pour moi fut un excellent cru, sur le plan professionnel comme personnel. Mais nous sommes ici pour parler de poker alors je ne me la jouerai pas et ne vous parlerai pas de ma superbe fiancée !

Cette année, je m’étais promis de mieux me préparer, de rester humble lorsque les cartes allaient de mon côté (pour éviter l’euphorie aka le tilt positif), et de travailler mes prises d’information à la table. Autant d’objectifs louables, mais comme me le fit remarquer Stéphane, autant d’objectifs peu quantifiables… comme si je ne voulais pas faire de promesses pour ne pas échouer.

Du coup, il est dur de faire un bilan. J’ai l’impression d’avoir bien progressé, je me prépare plus longtemps à l’avance, suis beaucoup plus l’action à la table, et j’ai trouvé un bon équilibre entre la confiance et l’humilité, ce qui me rend moins apte au tilt. Par contre, ma préparation reste en dent de scie, avec des périodes de sport et de motivation comme au premier trimestre, et des périodes un peu en roue libre entre les tournois ou encore une fois, vers la fin Juin à Vegas.

Bref, je me donne un 7 /10 car j’ai le sentiment d’avoir vraiment passé un palier depuis 2 ans, dans la tête autant que dans le professionnalisme.

Sur le plan comptable, je réalise ma meilleure année, avec 3 tables finales dont une aux WSOP (ma quatrième en 4 ans sur le circuit !) et dont –enfin- un podium lors d’un tournoi majeur : l’EPT Prague, pour finir en beauté. Paradoxalement, cette année ne comporte que 4 ITM, alors que je n’ai pas l’impression d’avoir été particulièrement agressif par rapport aux précédentes saisons. Peu importe, les min-cash ne me manquent pas, même si mon passage à vide entre les WSOP et Prague fut long et dur mentalement !

Cette année, plus de détours. Dame Variance est toujours la plus forte sur le circuit live, et je n’oserai pas lui manquer de respect, mais qu’importe, après deux années excellentes, je vais me fixer des objectifs encore plus ambitieux, quitte à ne pas tous les accomplir. Il s’agira de ma ligne de mire 2012 :

- Tout d’abord, ce que je désire le plus, et qui est clairement à ma portée, c’est de gagner un tournoi majeur ;

- Ensuite, je souhaiterai grappiller des places au classement Hendon-mob. 14ème de la « French All-time money list » en 4 ans sur le circuit est un bon résultat, mais j’ai pour ambition de rentrer dans le top 10 pour ne plus en sortir. Douze mois seront peut-être trop court pour combler le trou qui me sépare du top 10, alors je me fixe d’être dans le top 12 à noël, et d’intégrer le top 10 d’ici Vegas 2013.

Le fait de passer un palier demande deux fois plus de travail pour rester au niveau, sans parler de monter, car la compétition est rude. Pour rester au top, 3 résolutions :

- Être studieux. Lire plus de livres poker, regarder plus de vidéos de coaching pour voir où en sont les autres, afin de rester un étudiant du jeu et continuer de chercher des outils stratégiques ;

- Grinder plus régulièrement sur Winamax. Le niveau –sans manquer de respect aux joueurs du site- est en moyenne beaucoup plus faible que sur le circuit international. En multitablant je pense pouvoir dégager un profit régulier, bon pour la confiance et la stabilité tout au long de la saison. Sans compter l’expérience de jouer plusieurs tables finales par mois. Pour l’instant mes stats sont au vert (ROI 38%, profit 12 000€), mais le nombre de tournois joue est peu significatif. Je veux gagner un gros tournoi sur Winamax cette année ;

- Perdre du poids. J’ai un léger surpoids depuis… humm, depuis toujours, qui varie en fonction de la qualité des room services et des restaurants où le circuit m’emmène. Au 2 janvier, je pesais 89 Kg pour 1m80. D’ici le début des WSOP je veux être à 82, et d’ici décembre : 77kg. Avec des exemples de sportifs autour de moi comme ManuB ou Stéphane Matheu, je n’ai aucune excuse pour échouer, et je suis très confiant. Pour y arriver, je serai obligé de manger équilibré et d’avoir une vie (relativement) saine (faut pas pousser non plus) toute l’année, et je suis persuadé que les conséquences sur mes performances, mon énergie, et mon bonheur en général seront extraordinaires.

J’ai hâte de voir ce que 2012 me réserve, en bonheur comme en désillusions, et quelles rencontres je ferai sur le circuit cette année.

Bonne chance dans vos propres résolutions et objectifs.

« Dans la tête d’un pro » Spécial Cannes, épisode 1/7

Mercredi 21 décembre 2011

Vivez les émotions d’un grand tournoi live comme si vous y étiez, suivez le raisonnement des pros au cœur de l’action et partagez la vie quotidienne du Team Winamax au travers des nouvelles vidéos exclusives de la série « Dans la tête d’un pro » : 7 épisodes tournés lors de la finale du PPT au casino Palm Beach de Cannes !

Dans l’épisode 1, mettez-vous dans la peau de Vikash Dhorasoo qui, à la croisée des chemins, se pose des questions sur son avenir en tant que joueur de poker. De sa préparation (« C’est pareil qu’avant un match, sauf qu’au lieu de crampons, je mets des Ray Ban ») à l’arrivée à table du « Docteur Maboul » Jean-Noel Thorel, suivez le destin de Vikash dans ce tournoi.

L’épisode 2 sera mis en ligne le mardi 27 décembre : on y suivra le parcours d’un Ludovic Lacay plus en forme que jamais. Jamais un joueur n’avait été suivi d’aussi près et aussi longuement lors d’un tournoi de poker… A consommer sans modération !


« Dans la tête d’un pro » Spécial Cannes par winamax


Entretien avec Vikash Dhorasoo

Dans l’épisode 1 de « Dans la tête d’un pro » Spécial Cannes, tu te poses de nombreuses questions concernant ton avenir en tant que joueur de poker… Peux-tu nous en dire plus ?

« J’ai décidé de quitter le Team Pro Winamax car être professionnel de poker demande beaucoup de travail et d’investissement. J’ai l’expérience du haut niveau dans le football et mes activités aujourd’hui ne me permettent plus de faire les sacrifices nécessaires pour être le meilleur.

Je préfère redevenir un joueur amateur de poker de même que je suis redevenu un joueur de foot du dimanche, pour retrouver un autre poker, celui que j’ai découvert en jouant sur internet à mes débuts ou entre amis à la maison. J’aime le jeu et le plaisir que je peux prendre en pratiquant ces deux disciplines. C’est pour cela que j’ai intégré l’équipe du Winamax Football Club qui joue en Fédération Gymnique et Physique de Travail (FSGT).

Je veux retrouver le plaisir de jouer et redevenir un joueur comme un autre faisant partie de la communauté des Wameurs. »

Tu es très proche de Winamax et de l’équipe professionnelle. Vas-tu rester en contact avec eux ?

« Depuis trois ans, je suis lié à Winamax et c’est un honneur. En accord avec Winamax, je vais rester proche du Team Pro, devenant une sorte d’ambassadeur de Winamax.

Je continuerai donc à participer à quelques tournois live en défendant évidemment les couleurs de Winamax. Je participerai aussi à quelques étapes du Winamax Poker Tour et à quelques tournois sur le net.

L’histoire qui me relie à Winamax s’apprête à connaître un nouveau chapitre : Winamax, qui m’a permis de découvrir le poker de haut niveau, continuera de m’accompagner dans mes projets à travers ses actions de mécénat.

Notre collaboration continue car notre philosophie se rejoint sur de nombreux points. Peu importent les cartes, le succès ou les moyens à votre disposition, on retiendra toujours ‘‘ce que vous en avez fait’’. »

Comment va se matérialiser cette collaboration ?

« Autour du mouvement Tatane, je développe des actions qui correspondent à une volonté commune de jouer, de privilégier le plaisir du jeu de manière durable et joyeuse, pour en faire un facteur de développement et de lien social.

Aujourd’hui, Winamax devient le premier partenaire corporate du « mouvement TATANE » aux initiatives favorisant le jeu de manière consciente et durable. Je suis pour ma part fier de pouvoir me faire le porte-parole de cette collaboration unique. »

Entrez dans la Zone Grise

Jeudi 15 décembre 2011

Mon dernier blog stratégique remonte à longtemps, trop longtemps ! Je mets fin à cette absence aujourd’hui en partageant avec vous un concept fondamental qui m’a personnellement aidé à mieux comprendre la nature du poker, particulièrement en ligne. Il s’agit de l’idée de “zone grise” (”grey area”), abordée dans l’ouvrage de Tommy Angelo “Elements of Poker”.

Mais je développerai plus tard. Tout d’abord, effectuons un petit retour en arrière.

A peine avais-je appris les règles du Texas Hold’em que mon cerveau s’est mis en quête de trouver des réponses aux problèmes généraux que le jeu me posait. Les premières étaient, vous vous en doutez, assez naïves. Faut-il payer ou relancer avec un tirage ? Comment jouer une paire d’As ? Ça vaut quoi, exactement, quand on a deux paires ? Peu à peu, au fur et à mesure que ma connaissance technique se développait, mes recherches de réponses se sont faites plus complexes et exigeantes. Après six ans de poker intensif, j’aborde un problème de poker très différemment aujourd’hui, en utilisant tous les anglicismes barbares que vous entendez dans les vidéos de pro et dans les conversations sur les forums. Ma range est-elle bien équilibrée dans ce spot ? Ai-je pris la ligne optimale ? Comment équilibrer survie et accumulation des jetons en tournoi ?

Néanmoins, si la teneur de mon questionnement a changé, sa nature est restée identique. Portez en ce moment un regard sur votre propre progression comme joueur, où que vous soyez aujourd’hui, et il est probable que vous constatiez la même chose. Nous cherchons tous des certitudes ! Des réponses toutes faites, immuables, franches et précises. Nous rejetons l’approximatif et le poétique dans notre quête de la vérité absolue. Le poker est alors vu comme une énigme mathématique à laquelle il n’existerait qu’une seule solution, un seul play ou ensemble de play optimal approprié à la situation. Il ne s’agirait que d’une serrure dont il faudrait trouver la combinaison.

Les effets collatéraux de cette façon d’appréhender le poker sont implacables. Comme il n’existe qu’une seule solution, une seule façon correcte de jouer qui maximise l’EV d’une situation, toutes les autres sont jugées “mauvaises” et leurs pratiquants affublés de divers sobriquets insultant directement leur intelligence. “LOL le play de fish il a défendu K8s oop!”. “OMG mais comment il peut check/call cette river, quel débile!” “Il call un 4bet pour le tiers de son stack avec J9s, il comprend rien!”. Et j’en passe.

Rentre en jeu le concept de “Zone grise”. Dans son livre, Tommy Angelo expose à l’inverse que la vérité absolue n’existe pas au poker. Certes, dans quelques situations “noires” et “blanches” le play optimal est mathématiquement évident (par exemple, quand on a les nuts à la river et que l’adversaire fait tapis). Mais dans la quasi-totalité des situations de jeu, la réponse parfaite n’est pas démontrable avec une certitude absolue. Nous sommes donc en permanence dans la zone grise, celle qui n’admet pas la certitude, seulement la spéculation.

Évidemment, on peut avoir l’intuition, voire la quasi-certitude qu’on est proche du play parfait. On peut aussi argumenter solidement avec conviction et intelligence dans un sens ou dans l’autre. On peut savoir d’expérience que notre play est, si ce n’est parfait, au minimum correct et EV+. Mais on ne peut pas en principe en faire la démonstration de manière inattaquable ! Pourquoi ? Car pour connaître la “solution” (au sens mathématique) d’une main de poker crédible (je ne parle pas ici des tableaux inexploitables de push/fold à moins de 10bb effectifs dont on nous gave dès qu’on aborde la théorie des jeux au Poker), il faut connaître les stratégies complètes de chacun des adversaires, la fréquence sur chacune de leurs actions, leur range précise dans tous les embranchements possibles, et bien d’autres choses encore. Déjà, le problème apparaît : on ne peut pas connaître l’adversaire avec l’exhaustivité nécessaire. Il s’agrandit encore face à la réalisation que nous-mêmes, la plupart du temps, ignorons quelle est notre stratégie précise !

Réfléchissez à comment vous prenez vos décisions de jeu : il y a certes une part de raisonnement structuré, mais aussi une part d’expérience et d’intuition, une part d’impulsivité, une part de brouillage émotionnel (de tilt, donc), une part de fantaisie et même une part de hasard total ! Combien de joueurs sont capables, à n’importe quel point clé d’une main, de donner leur propre range exacte ? Faites l’expérience : lancez une table de cash game sur Winamax, concentrez-vous, jouez quelques mains et arrêtez l’action la première fois que vous voyez un turn. Êtes-vous réellement capable de jurer connaître votre propre range dans ce spot précis ? Et de ne jamais en dévier ? Bien sûr que non. Vous pouvez vous en approcher suffisamment pour prendre des décisions efficaces, mais la décision parfaite - ou plutôt, le raisonnement certain que votre décision est parfaite - vous échappera toujours.

Il en ressort que dans la plupart des situations, les joueurs présents ignorent non seulement la stratégie exacte de l’adversaire mais ont aussi une idée seulement approximative de la leur. Conséquence : non seulement personne ne peut prétendre jouer à la perfection, mais personne ne peut prétendre  avoir joué de manière inattaquable la moindre main qui est passée  par la “zone grise” !

Quand dans mon well sur Club Poker on m’a demandé la main que je pensais avoir le mieux joué de ma carrière, je me suis trouvé bien embêté. Il y a certes des mains où j’aime l’élégance de mon raisonnement, des mains dont j’aime le résultat, des mains où j’ai suivi une intuition qui s’est révélée exacte, mais je peine à les comparer entre elles et surtout je me sens incapable de déterminer avec une quelconque certitude si aucune de ces mains-là étaient réellement “bien jouées” par rapport à ce satané idéal mathématique !

Revenons à nous, joueurs de poker, engoncés dans le sérieux de notre jargon, qui commentons des mains sur les forums ou de vive voix. J’ai fréquenté quelques groupes d’experts dans ma vie, et les mêmes tendances se retrouvent : ego démesuré, surestime de soi, tendance à rabaisser les autres. Jusque-là, rien d’inhabituel. Mais bien plus choquant est le sentiment de certitude avec lequel est assénée la vérité magique du poker idéal et parfait, que la majorité des participants semble persuadé de posséder. Ce joueur qui insulte copieusement son adversaire SAIT-IL VRAIMENT que c’est “horrible” de payer un 3bet avec J9o hors position ? A quel point par rapport aux alternatives fold/4bet? Comme il ne peut le démontrer avec certitude, cette affirmation devient une simple croyance, qui peut donc être vraie, ou fausse. Par extension, on arrive au même résultat pour l’ensemble de notre jeu et nous réalisons que notre poker est constitué de croyances souvent très personnelles !

D’où viennent ces croyances noires ou blanches dans un univers si gris ? Pourquoi sont-elles si fortement ancrées dans nos esprits ? Pour certains, ce sera l’expérience, la réalisation empirique que payer un 3bet hors position avec une telle main fait perdre de l’argent. Pour d’autres, ce sera l’acceptation aveugle de la parole prêchée dans une vidéo par un des millionnaires du poker online. Pour d’autres encore, c’est le rangement à l’autorité de la masse. Si Totor84x s’est fait copieusement insulter après avoir posté une main où il effectuait un tel play, ça va le calmer un moment. Les spectateurs silencieux, impressionnés par le venin des réactions, se rangent vite également à l’avis de la majorité. Les arguments d’autorité ont la belle vie (”retourne en NL10″, “quand tu seras en NL1k comme moi tu comprendras”).

En sept ans de poker, j’ai vu passer des dizaines de modes et de façons de jouer qui ont pu être estimées ridicules par le passé. Jugez donc:

- Essayez de relancer any two cards utg en tournoi en 2005
- De faire un overbet en 2006 (souvenez-vous comme Roger Hairabedian était moqué pour cette “livetarderie” avant que tout le monde ne se mette à vénérer Tom Dwan pour exactement le même play)
- De faire un min-raise en tournoi en 2007 (comme je l’ai suggéré timidement dans un thread 2+2, l’ayant lu dans un bouquin de Chris Ferguson, avant de me faire copieusement insulter !)
- De faire un “click-back” (mini-sur-relance) en 2008.

En 2011, tous ces plays sont non seulement acceptés mais aussi tout à fait standard, voire recommandés, accompagnés d’arguments solides comme “mais c’est totalement évident lol espèce de noob”!  Tout le monde s’accorde pour dire que les capacités d’adaptation sont vitales au poker, mais c’est pourtant l’orthodoxie la plus rigide qui domine!

Vous vous demandez sans doute où je veux en venir.

Je ne suis pas en train de dire qu’il faut défendre ou respecter n’importe quel play. Même si on n’en a pas toujours la démonstration certaine, nous savons que certains plays sont perdants d’expérience dans la majorité des situations. Empiriquement, suffisamment de mains ont été jouées pour atteindre un consensus. Nous savons donc écarter pas mal de plays dans l’éventail des possibilités, et c’est d’ailleurs ainsi que raisonnent la plupart des joueurs gagnants. Si nous nous trompions une fois de temps en temps en écartant un play qui pourrait s’approcher de l’optimal alors que nous l’ignorons, ce n’est pas si grave.

Je ne cherche pas non plus à révolutionner la façon dont les joueurs de poker débattent où réfléchissent. Ce serait un combat perdu d’avance contre la nature humaine.

Je défends simplement, avec un optimisme très personnel, l’ouverture d’esprit et le questionnement, dans un jeu où les égos parlent souvent plus fort que la raison.

Revenons dans le concret. Comment cet article peut-il vous aider à améliorer votre propre poker ? Voici quelques pistes, sous forme de petits exercices que vous pouvez entreprendre facilement dans le confort de votre canapé, avec une tasse de café et une dose d’honnêteté intellectuelle.

Selon moi, la plus grosse erreur que peut commettre un joueur de poker qui aspire à l’excellence ne se déroule pas à la table, mais dans son appréciation du jeu des autres. Cela commence par la recherche et la découverte de votre “fish émissaire”.

Votre fish émissaire est un joueur gagnant avec qui vous jouez régulièrement et qui vous choque par son style de jeu. Vous savez qu’il est gagnant car c’est un reg de votre limite depuis des mois, ou c’est un joueur du circuit live qui ne semble pas avoir d’autres jobs ni de fortune personnelle. C’est souvent “le plus gros chattard ever” dans votre esprit. Maintenant que vous avez choisi votre victime, repassez mentalement la liste des choses qui vous choquent dans son style de jeu et que vous trouvez “horribles”. Cela peut-être qu’il ne fold jamais sur un 4bet (un certain ex-local hero sur Winamax s’y retrouvera sans doute !), la taille de ses mises (ses “sizings” comme on dit), sa tendance à se laisser mourir à petit feu en tournoi en ratant des situations évidentes de push ou de resteal (salut Roger), sa tendance récurrente de se retrouver all in preflop avec J2o et bien d’autres choses encore. Maintenant que vous avez fait ce petit travail, essayez objectivement de quantifier l’importance de ces erreurs “horribles et inadmissibles”. Je vous surprends peut-être, mais un petit calcul d’EV improvisé vous fera réaliser que ces erreurs sont rarement aussi considérables que vous l’imaginiez, particulièrement les tendances qui font call “trop souvent” ou jouer “trop agressif”.  Seconde constatation : si un joueur peut être gagnant en multipliant les erreurs et les plays incohérents, c’est qu’il doit forcément compenser avec autre chose. La véritable question à se poser devient donc :

« Qu’est-ce que ce joueur fait-il de MIEUX que moi pour compenser ce qu’il fait moins bien. »

Mettez votre ego de côté un instant et réfléchissez. Imaginez ce joueur comme un modèle. Arrêtez un instant d’être obsédé par les “horreurs” qu’il vous a infligées et regardez les fois où il vous a totalement outplay. Le fish émissaire, ce personnage insupportable qui joue si mal au poker, peut vous surprendre et vous faire incorporer à votre arsenal des armes expérimentales aux effets détonants ! Obnubilé par les effets de variance et quelques plays en apparence foireux, vous pouvez passer à côté d’une formidable occasion d’apprendre.

Parmi les centaines de joueurs de poker brillants que j’ai rencontrés ou affrontés, je n’en ai jamais rencontré un avec qui j’étais totalement d’accord. Je suis même en profond désaccord avec certains d’entre eux sur des éléments essentiels du jeu. Mais j’ose affirmer aujourd’hui que chacun d’entre eux m’a appris quelque chose. Cela peut être un spot où ils vont oser quelque chose que je n’oserai pas moi-même. Ou une line étonnamment passive dans une situation de value. Un sizing bizarre. La façon de se remettre d’un bad beat. Un changement de vitesse inattendu. Une finesse psychologique nouvelle. La capacité à arrêter une session qui se passe mal. L’honnêteté par rapport à son propre niveau. Etc.

La vérité est que tous ces plays “originaux” sont des excroissances d’un tout, des effets de bord d’un style qui peut être par ailleurs très efficace. Si vous faites une fixation dessus en négligeant le reste, vous vous exposez à des difficultés.

Je vais vous choquer encore plus, mais il est probable que certains joueurs “perdants” effectuent certains plays mieux que vous ! Le problème est qu’on ne peut souvent pas les distinguer du reste de la stratégie perdante. Parfois, d’un processus mauvais peut émerger une décision correcte et il ne faudrait pas confondre les deux.

Le second exercice lié à la zone grise consiste à essayer peu à peu de voir votre poker non pas comme une accumulation de croyances absolues, mais comme une machine aux réglages infiniment subtils en perpétuelle évolution. Acceptez que vous puissiez vous tromper aujourd’hui. Acceptez que votre façon de jouer soit peut-être dépassée par la tendance d’ici quelques mois. Acceptez que vous puissiez dire une bêtise de temps en temps. Prenez la discussion stratégique autour du poker avec un peu moins de sérieux et un peu plus de fantaisie. Renoncez à la perfection !

Par extension, ne prenez pas la parole du premier bon joueur rencontré comme l’évangile, qu’il s’agisse d’une superstar du poker télévisé ou de votre voisin à l’ACF. Aucun joueur n’a d’autorité absolue au poker. En tout cas, pas avant que les ordinateurs ne prennent le dessus, comme ils ont pu le faire aux échecs…

Enfin, ne sous-estimez pas la capacité de vos adversaires à changer et à progresser. Même si la certitude que GroBlufDu55 fait n’importe quoi et ne gagne que grâce à une chatte de dinosaure vous aide à mieux dormir la nuit, cela ne veut pas dire qu’il n’est pas capable de porter un regard sur lui-même et d’évoluer. Donnez un minimum de crédit à n’importe quel adversaire faisant preuve d’opiniâtreté et de force de volonté, ou bien il pourrait un jour vous surprendre.

Troisième exercice : cessez de voir de la permanence au milieu du chaos. Par exemple, ce n’est pas parce qu’un reg que vous affrontez pour la première fois vous 5-bet call avec A9 pour 100bb en cash game online sans raison apparente que ce joueur va répéter ce comportement à l’avenir. Peut-être est-il en tilt. Peut-être a-t-il envie de gamble. Peut-être a-t-il une certaine image de vous que vous ne percevez pas encore. Il est même possible qu’il fasse ça exprès (le fourbe !), pour vous mettre en tilt environ 30% du temps et vous donner une fausse image de lui-même 100% du temps!

Le quatrième exercice consiste à cesser de faire du jeu preflop le maître étalon de votre jugement sur le niveau d’un adversaire. Certes, la stratégie preflop est celle qui est la mieux connue, la mieux maîtrisée et certainement la plus commentée dans les vidéos et sur les forums. C’est très logique car il s’agit de l’aspect le plus simple du jeu. Si c’est bien évidemment un aspect fondamental du poker, dès que le flop tombe, les possibilités explosent et les décisions deviennent beaucoup plus grises. Conclure qu’un adversaire est “nul” car son sizing de 3bet vous déplaît, ou qu’il défend un peu trop large à votre goût sa grosse blinde, où qu’il call les 3bet avec une range inattendue, est une grosse erreur et une extrême simplification de son style de jeu. Cela peut vous mener à le sous-estimer dans de nombreuses phases post-flop dans lequel ses décisions sont peut-être supérieures aux vôtres. Souvenez-vous que chaque décision possède une EV. Si défendre sa petite blinde avec KTo une fois de temps en temps contre un raise du bouton est *probablement* une décision EV-, son impact réel est difficile à mesurer avec précision, et l’erreur n’est sans doute pas si grosse que ça, moins de 1/bb par 100 sur l’ensemble des situations additionnées. En revanche, son effet est réel sur votre niveau de tilt et votre perception de l’adversaire si la main va au showdown (et particulièrement si vous la perdez). Abandonnez le mépris et le jugement hâtif et prenez plutôt ça avec un sourire entendu.

Soyez aux aguets. Buvez l’information sans jugement de valeur. Acceptez l’erreur. Abandonnez la recherche de la vérité absolue. Ayez de l’humour. Riez de bon cÅ“ur quand vos adversaires s’offusquent. Soyez flexibles, prenez l’initiative de la nouveauté, bousculez les conventions. Apprenez à naviguer avec plaisir dans l’incertitude de la zone grise. Car au final, ce n’est pas ce qu’on fait des cartes qui compte, c’est ce que l’on croit.

Entre deux cartons

Lundi 5 décembre 2011

C’est en direct du Starbucks que je vous écris cette missive. Bon, en fait, je mens : j’ai déjà tout écrit à l’avance, mais c’est depuis le Starbucks que je vais l’envoyer à Benjo ou Harper, pour qu’ils le corrigent et le remanient afin que je puisse passer pour un mec qui sait manier avec brio la langue de Molière. Il n’en est rien, en réalité nous sommes tous quasi illettrés dans l’équipe Winamax, sauf Michel mais il est vieux, c’est normal (Note de Benjo : allons, allons, tout cela est très exagéré Ludo). Bref, pourquoi au Starbucks ? Parce que j’ai quitté mon ancien appart et que je n’ai pas encore Internet dans le nouveau. Situation classique. Les différentes péripéties qui ont entouré mon déménagement ont fait que j’ai du dans un premier temps renoncer au WPT Marrakech, puis, ensuite, à Prague. Ma prochaine échéance sera donc les Bahamas en janvier, avec au programme le Main Event et le High Roller, mais avec un peu de chance juste le Main.

J’ai enchaîné un max de tournois en ce début de saison : Barcelone, Dublin, Londres, le PPT, les WSOP-E, Amnéville, San Remo, et Paris. Les résultats sont assez mitigés, avec une 11ème place au PPT et une 20ème place dans l’épreuve de Pot-Limit Omaha des WSOP-E. Ce ne sont pas des places intéressantes financièrement, mais elles sont bonnes pour le moral. Je pense avoir bien bossé ces derniers mois, je suis bien plus performant sur la durée et capable d’enchaîner un peu plus qu’auparavant. Mon objectif principal est bien sur le festival des WSOP, à la fin de la saison : je compte donc travailler de plus en plus ma résistance et mon endurance d’ici là pour arriver fin prêt à Vegas.

En ce qui concerne le PPT, vous pourrez bientôt voir en vidéo la majorité des coups que j’ai joués durant le tournoi, comme si vous y étiez, puisque j’ai été suivi cinq jours durant par l’équipe de cameramen de Winamax pour un nouvel épisode de « Dans la Tête d’un Pro ». Il ne devrait pas tarder à sortir maintenant. Je suis satisfait du résultat, même si c’est un vrai travail d’acteur de doubler en voix-off en jouant la « petite voix » de notre réflexion intérieure. Davidi était clairement plus doué, du coup je pense que ma médiocrité m’évitera la parodie. Affaire à suivre.

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Une rentrée en trombe

Jeudi 27 octobre 2011

Je viens de boucler ma deuxième année chez Winamax ! Mais à peine cet anniversaire souhaité, l’heure de la rentrée a sonné. Néanmoins, de mon côté, une longue période éloigné des tables de poker aussi bien virtuelles que réelles furent nécessaires. Le tout suite à une légère overdose de poker.

A quelques exceptions près, je n’ai pas touché aux cartes avant mon séjour à Las Vegas. Et même chose après. J’ai senti la lassitude m’envahir pendant le Main Event des WSOP où, malgré un Day 1 réussi, j’ai effectué un Day 2 totalement catastrophique à mon sens. J’ai rarement eu l’occasion d’aussi mal jouer, ce qui est plutôt dommage quand on sait qu’il s’agit du plus beau tournoi du monde…

Mais après quelques semaines sans jouer au poker, la soif de victoires est revenue plus forte que jamais. J’étais ultra motivé à l’idée de rejouer de gros events et je suis bien décidé à faire de grosses perf’ cette année. C’est également l’occasion de prendre de nouvelles résolutions.

En période de tournoi, je compte réussir à garder une certaine hygiène de vie adaptée aux horaires de jeu. Cela commence par me lever (idéalement) 3-4 heures avant le départ, à prendre un petit déjeuner, faire une séance de sport, puis douche, petite collation avant de filer pour le casino. Idéalement, faire du sport le plus régulièrement possible et manger équilibré serait génial, mais dans la pratique, c’est assez compliqué…

Il est cette année également question de faire plus attention aux frais extérieurs aux tournois. Eviter les spew inutiles sans pour autant s’empêcher de se faire plaisir, c’est à dire rater moins d’avions, de trains, ou encore de les réserver à l’avance. Ajoutons à cela une utilisation plus accrue du coaching mental (avec Pier Gauthier), une motivation au beau fixe et les perfs suivront.

En faisant un bilan de mon début d’année, je suis assez satisfait :

- une Table Finale au PLO 5k€ à l’ACF (remporté par mes compères Antony L devant Davidi)
- Un joli deep run au Partouche Poker Tour
- Une belle Table Finale au WPT Malte qui s’est conclu par un mauvais coup (deux Rois contre As-Roi pour 60% des jetons). Si l’As n’était pas tombé à la rivière, j’aurais peut-être un bracelet WPT. Mais avec des « si », on pourrait refaire le monde. Quoi qu’il en soit, la perf’ est belle et me donne encore plus la rage pour les prochains tournois.

Ce regain de motivation n’est pas dû uniquement à mon break, mais également au rush que mes amis sont en train de connaître. Cela a débuté par la deuxième place d’Hugo Lemaire au WPT Paris. Je me souviens lui avoir dit à la soirée ayant suivi sa performance que des moments comme ceux-là sont rares et vraiment très appréciables. De cette performance est née une sorte de cercle vertueux et les performances se sont enchainés à Cannes : la Table Finale d’Ilan Boujenah au PPT, la deuxième place de Basou au 5k€ HU, la victoire de Joel Benzinou au 1k€ SH puis ma table finale à Malte.

Tous les ingrédients sont réunis pour faire une grosse année. Les cartes feront le reste.

J’accorde ma basse

Vendredi 19 août 2011

On ne va pas ressortir chaque année les mêmes clichés sur les nouveaux cartables, trousses, cahiers à spirales à grand carreaux et taille-crayons. Rentrons directement dans le vif du sujet : à partir du 26 août, la machine repart pour un tour. Première escale : Barcelone et son étape European Poker Tour.

Mais avant, petit retour en arrière sur les championnats du monde et les vacances qui ont suivi.

Pas un très bon cru, ces World Series of Poker 2011… J’ai joué une dizaine de tournois, pour au final une seule place payée, dans le gros tournoi de Pot Limit Omaha à 10,000 dollars. J’étais assez déçu. Plus par les résultats que par la façon dont les choses se sont déroulées. Depuis le début de l’année, trois tournois sont sortis du lot : Deauville, San Remo, et donc ce tournoi de PLO à Vegas. A chaque fois, j’ai été loin mais j’ai perdu ce petit coup crucial qui peut remettre en selle et emmener vers la finale, ou mieux. Enfin, quand je dis « ce petit coup », disons « ce premier petit coup », celui qui permet de se hisser vers les cieux. Parce qu’après, il en faut encore de la réussite pour gagner un tournoi de poker… ça, je ne vous l’apprends pas.

Le point positif de ces six derniers mois : j’ai appris à m’ouvrir, à discuter avec des gens comme Pier Gauthier et Stéphane Matheu, qui sont là pour aider au quotidien les joueurs du Team Winamax. J’ai fini par intégrer qu’il n’y avait pas de honte à avoir des points faibles, et encore moins à les partager, c’est même le meilleur moyen de les corriger, surtout quand on travaille avec des personnes aussi compétentes et intéressantes. Donc voilà, ces six derniers mois ont fait de moi quelqu’un de plus fort et malgré le manque de résultats je ne regrette absolument rien… Pas même cette brésilienne de 23 ans rencontrée à Las Vegas et qui s’est avérée être une colombienne de 37 ans avec trois enfants. Mais ne nous égarons pas.

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Miami

Mercredi 10 août 2011

Avant d’évoquer Las Vegas et les World Series of Poker, je reviens rapidement sur mon séjour en Floride. Comme je vous l’ai raconté dans mon précédent post, j’ai passé une semaine de vacances à Miami entre potes. Un séjour des plus agréables. Bon, on n’a pas spécialement visité la ville à proprement parler, mais plutôt passé notre temps à faire la fête, profiter de la plage et du jacuzzi, avec un détour par la fameuse American Airlines Arena pour assister au premier match de la finale des playoffs NBA entre les Heats et les Mavericks de Dallas. Le match fut assez décevant, d’ailleurs, les deux équipes ratant la plupart de leurs tirs durant le premier quart temps. L’ambiance était excellente, ceci dit, et c’est bien le principal (hormis le fait que ce soient les Heats qui aient gagné).

Concernant les sorties… Hé bien, Miami, c’est un peu comme Las Vegas, mais en deux fois plus cher ! Alors que Las Vegas, de base, est déjà très onéreuse. Bref, le premier soir, on est tombé sur des filles de Dallas, en vacances comme nous. Après quelques verres dans le jacuzzi de l’hôtel, on s’est dirigés vers une boîte en vogue, le « Liv ». Un établissement particulier puisque situé dans le lobby d’un hôtel de luxe qui accueille trois nightclubs au total. A l’entrée, il devait avoir entre 150 et 200 personnes dans la file d’attente, et au moins le double dans le lobby, qui pour le coup se transformait à son tour en boîte de nuit !

On a réussi à rentrer moyennant une somme que je n’aurais jamais imaginé payer un jour pour rentrer dans un nightclub. Mais bon, c’est Miami, alors on se lâche. Une fois à l’intérieur, on arrive à peine à avancer tellement il y a de monde. Sur la scène, je reconnais Rick Ross, Drake, Lil Wayne et DJ Khaled, les rappeurs locaux mais mondialement connus… Et là je commence à comprendre pourquoi l’entrée m’a couté une tonne.

Sans surprise, impossible de s’octroyer une table. Ni même de retrouver mes amis en fait. On doit bien être 2 000 dans la boîte et il n’y a pas le moindre espace pour bouger, et commander une bouteille me forcerait à faire une croix sur le Main Event des WSOP.

Au final, on n’est donc pas restés longtemps… Se rendant compte qu’on n’amusait pas des masses dans cet endroit, on est partis au bout d’une heure et demie à peine, après avoir bu un verre avec les filles rencontrées à l’hôtel.

Les jours suivants se sont déroulés de manière semblable : piscine, jacuzzi, plages, des bons restos et d’autres nightclubs. Et après une semaine à faire la fête, j’avais ma dose : j’étais prêt à me concentrer sur les WSOP, à commencer par l’épreuve de Pot-Limit Hold’em à 10 000 dollars.

Je vous raconterai ça dans le prochain article :-)

photo : www.micefinder.com

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