Archive pour la catégorie ‘Général’

La Belle et Le Belge

Dimanche 3 avril 2011

Table Finale. Deux joueurs s’affrontent dans l’étape ultime du tournoi, le heads-up. Après avoir relancé 100% des boutons, le monstre poilu complète pour la première fois la petite blinde. La bimbo blonde checke, ravie d’obtenir un flop en soldes. Le plus beau public de poker jamais vu à la télévision - tous figurants hollywoodiens engagés par la production à l’exception d’un français à chapeau et de sa muse - retient son souffle. Les projecteurs illuminent un flop composé de trois cartes: Deux, Quatre, Neuf avec deux carreaux. La blonde s’empare prestement de l’initiative avec une mise autoritaire. Imperturbable, le monstre sacré du plat pays prend tout son temps avant d’effectuer un call agressif. Le directeur du tournoi annonce la suite des évènements: un turn! Qui n’est autre que la dangereuse, redoutable, fatale Rachel: la Dame de Carreau. Terrifiée, la belle se fige dans son élan et checke mécaniquement. Le belge l’imite plus vite que l’éclair. C’est l’heure de la river: un Cinq anodin. ChessBaby se plonge dans un abîme de réflexion sur la showdown value avant de tapoter la table. KitBul, en toute finesse, calibre son value bet. Il a touché deux paires Dame Deux au turn et a sournoisement décidé de piéger son ingénue adversaire.

La fin de l’histoire vous la connaissez: je call avec Cinq et Six de coeur, ne voyant que très peu de mains pouvant checker le turn et miser la river pour value. Quelques mains plus tard Davidi remporte son deuxième titre majeur. Et moi, je rejoins Nico et Emilie dans la foule des spectateurs.

Alors que Davidi, qui a découvert le poker avec les émissions du WPT, passe de téléspectateur à héros en brandissait son trophée, nous avons explosé de joie en criant “Vive le monstre poilu!”.

Frappant, non?

Comme il se doit dans toute belle histoire made in Hollywood, terminons par les remerciements. Merci à Winamax de m’offrir cette part de rêve américain. Merci à Caroline pour ses sublimes photos, à Guillaume et à Philippe pour leur bonne humeur. Laurent, Fabrice, Claire, Nico, Emilie, merci d’avoir toujours cru en moi. Merci à Davidi pour ce qu’il m’inspire en tant que joueur et ami. Et merci à moi-même de ne pas avoir écouté ManuB qui me conseillait de ne pas aller m’égarer au Commerce Casino!

(Photos copyright Caroline Darcourt)

En plein rush !

Lundi 14 mars 2011

Miam

Miam

C’est beau le poker quand ça marche ! On peut dire que ma saison est lancée ; visez plutôt les derniers 20 jours :

- Une Victoire à l’Extase sur Winamax, un des gros tournois du dimanche, devant 298 joueurs !
- Une 2e place au tournoi à $5,000 du Commerce pour $90,000 !
- Une 2e place au Grand Tournoi à 1000 euros sur Winamax.

Bref ‘A walk in the Park’ comme disent les américains ! Depuis trois semaines mes bluffs ne sont jamais payés, mes overbets avec 2e paire sont payés 3e paire, et mes gros jeux trouvent régulièrement preneurs :)

Le tournoi au commerce sera le sujet de mon prochain blog . Avec Shannon Shorr, Michael Binger, ou encore John Turner à ma table ce fut très intéressant et surtout plein de changements de rythme . Les résultats online feront d’excellents outil de coaching pour mes prochaines vidéos, donc je n’en parlerai pas tout de suite non plus.

Si la victoire en dur est la plus lucrative, je dois dire que faire de beaux résultats sur Winamax me tient a coeur et j’ai bien hurlé devant mon écran :) En tout cas j’ai depuis le début de l’année une sensation de jouer juste et cette confirmation par le résultat me donne de la confiance au moment où je vais en avoir le plus besoin !

En effet le calendrier de Mars/Avril est on ne peut plus chargé, et j’avoue que je suis un peu flingué avec le décalage horaire (depuis que je suis rentré il y a quatre jours de Los Angeles je suis passé par Londres, Troyes, et Paris. Je suis actuellement dans le train pour Nice, et dans 3 jours je serai à Londres pour 48h… avant d’enchainer l’EPT Snowfest, le WPT Vienne, le WPT Slovaque sans passer par la case départ (mais en espérant toucher 20,000 et plus !)

Surtout ne vous méprenez pas, loin de moi l’idée de me plaindre !!! Jouer des grands tournois est une chance, une chance que je ne compte pas gâcher justement ! Le poker est vicieux et les moments de réussite peuvent dérégler un joueur autant que les périodes de défaites, surtout lorsque les tournois s’enchainent. Après mes bons résultats Il est idéal d’enchainer sur la confiance mais pas n’importe comment : je suis déjà parti en roue libre dans le passé après une perf’ (en mode c’est facile pas besoin de me concentrer ou d’être patient à la table)…

Bref un peu de recul et d’analyse de ce qui était bien et ce qui ne l’était pas ne me fera pas de mal avant de repartir à l’attaque.

Ça tombe bien : les 4 jours qui viennent sont dédiés au travail et à la remise en forme. Après l’expérience réussie du stage à Londres en petit groupe, le Team Winamax remet ça, et cette fois au grand complet ! Au programme sport en groupe tous les matins, ambiance warrior…

Allez on chante pendant le footing! « en sau-tant avec deux As,- je suis tom-bé sur bre-lan !»

L’après- midi sera dédié au Brainstorming et verra des intervenants extérieurs, notamment des grands sportifs qui pourront nous parler mental, attitude, compétition etc. Ne me demandez pas les noms, Stéphane est une tombe!

Face au niveau grandissant dans le poker, la bonne attitude pour rester un joueur gagnant est de se professionnaliser au maximum et je suis très heureux que le coach nous ait organisé ce stage. Une chose est sûre, en sortant de là on aura tous appris deux trois trucs poker mais aussi et surtout en sortant je sais qu’on aura tous la rage de vaincre et la fraicheur physique pour tout déchirer!

Bon ce blog manque quand même un peu de fun, alors pour finir en bonus une photo de Davidi, le belge préféré des français, en mode chill avant sa finale remportée à LA!

Une pétition pour qu’il les garde au prochain tournoi ?

Félicitations, ou les politesses de la jalousie

Mardi 8 mars 2011

Good luck mon cul !

La jalousie est un sentiment humain. A bonne dose, cela peut même être un sentiment positif. On est jaloux en amour. Au boulot, on peut être jaloux d’un collègue qui viendrait de recevoir une promotion, une augmentation. Au foot, on peut être jaloux du mec qui vous pique votre place, celui qui vous remplace à l’heure de jeu, surtout s’il marque un but qui fait gagner l’équipe. On est content pour lui, content pour l’équipe, mais en même temps…

Et au poker, ça se passe comment ? Membre de la même équipe ou pas, amis ou pas amis, nous sommes tous adversaires.

Au poker, il n’y a pas de jalousie, évidemment.

Car c’est un jeu, un sport de gentlemen, paraît-il. Il y a une éthique, celle de prendre le pognon ou les jetons des autres. C’est vrai : c’est mieux de le faire avec classe et élégance. On entend pas mal de « good game » par ci, « good luck » par là. Mon cul, oui ! C’est du vent, du bluff ! « Good luck » à personne ! « Good luck » à moi d’abord !

Moi, j’aurais préféré le gagner, ce coup. Moi, j’avais bien envie de le gagner, ce tournoi. Et pourtant, on ne gagne pas souvent au poker.

Alors on s’efforce de rester beau joueur, et on se lève de table en souhaitant bonne chance aux autres… Cette putain de table qu’on a pas envie de quitter ! On a juste envie de rester, de mettre un coup de pied au cul d’un type et de lui prendre sa place.  Au lieu de cela, on se lève élégamment, humilié, un peu honteux même parfois, laissant les autres profiter, kiffer, rêver.

On passe entre les tables pour s’éclipser le plus vite possible, on jette quand même un coup d’œil sur ceux qui sont toujours dans la course.

Tiens, voilà d’ailleurs un pote avec pas mal de jetons. Tu glisses un « Good Luck, mec » pour la forme, mais sérieusement, j’ai juste trop envie d’être à sa place.

On discute un peu du bad beat qu’on vient de prendre, tout en observant les autres du coin de l’œil. Impossible de décrocher, d’oublier.

Alors on rejoint les autres joueurs qui ont sauté, histoire de boire un verre et passer à autre chose. On parle de tout et n’importe quoi mais finalement, on est ailleurs, ou plutôt, on a envie d’être ailleurs, en tout cas pas avec cette bande de losers.

On rentre dans sa chambre d’hotel et au lieu de se mettre un petit film, on branche le PC. On attend quoi ? Que peut-on souhaiter à un ami ? Qu’il gagne parce que de toute façon ça ne change rien à votre vie, ou qu’il perde pour se retrouver dans la même situation que vous ?

Untel est toujours en course, mais short, un autre vient de sauter.

Et puis un ami vient de doubler. Super ! Et un autre ami vient de sauter. Super aussi !

Et puis on rentre à Paris. Pendant ce temps, le tournoi continue. Impossible de ne pas jeter un coup d’œil sur le coverage de Benjo et Harper, pour savoir si tout se passe bien, si ça continue à sauter ou à doubler à l’approche de la bulle.

Et voilà. La bulle a éclaté. Ils sont dans l’argent, et moi je suis dans le métro comme un con. Winamax.fr sur l’iPhone.

Oui, mais il est nul, lui, et celui-là, il a chatté grave. Et t’as vu ce coup comme il est mal joué ? Et dire que je devrais encore être là bas… Parce que je suis le meilleur, un vrai killer… En tout cas, je serai au prochain tournoi pour aller le plus loin possible et, évidemment, je ne vais pas souhaiter bonne chance aux autres…

Au fait, Good Game Davidi, et Good Game Almira. Et là, c’est vraiment sincère ! :)

Note de l’éditeur : La citation qui sert de titre à cet article est d’Ambrose Bierce, dans Le dictionnaire du Diable

Finale du WPT : Davidi s’impose devant Almira !

Jeudi 3 mars 2011

C’est historique ! Fantastique ! Magique ! Les superlatifs ne manquent pas… Au terme d’une finale de rêve, Davidi Kitai remporte un prestigieux titre du World Poker Tour devant sa camarade du Team Winamax Almira Skripchenko ! En attendant le compte-rendu détaillé de Benjo (que je vous reproduirai ici), je vous invite à relire le coverage réalisé cette nuit en cliquant ici.

World Poker Tour Celebrity Invitational
Commerce Casino, Los Angeles
481 joueurs – Freeroll

Vainqueur : Davidi Kitai (Team Winamax) 75,000$ (+ ticket finale WPT)
Runner-up : Almira Skripchenko (Team Winamax) 50,000$

3ème : Dan Heimiller (USA) 20,000$
4ème : George Rechnitzer (USA) 15,000$
5ème : Damon Schramm (USA) 10,000$
6ème : Dinara Khaziyeva (Canada) 5,000$

Félicitations à Almira, qui passe de nouveau tout près d’un titre, et un énorme bravo à Davidi, qui empoche son deuxième titre majeur après son bracelet acquis aux WSOP en 2008 dans l’épreuve de Pot-Limit Omaha à 2,000 dollars. Il n’est plus qu’à un titre d’un triplé historique (WSOP - WPT… EPT !).

TF du WPT Invitational : Chaud d’action !

Mercredi 2 mars 2011

L'oeil du tigre © Caroline Darcourt

Demain, j’ai une table finale… Et pas de n’importe quel tournoi : un World Poker Tour, celui qui manquait à mon palmarès ! Bon, certes, ce n’est pas un WPT comme les autres, c’est un WPT Invitational, et il regroupe un field d’un niveau plus faible qu’un Main Event normal… Et surtout un prizepool beaucoup plus faible !

J’en suis néanmoins fier : c’est le WPT du prestige où j’ai pu rencontrer de nombreuses personnalités du show bizz américain, toutes mélangées au gratin du poker mondial : le tournoi s’est joué dans une bonne ambiance malgré les énormes écarts de niveaux au Day 1. Lors du Day 2, les survivants étaient tout de même d’un meilleur calibre et se sont battus pour faire partie des finalistes : pour atteindre l’argent, la condition sine qua non était effectivement d’accéder à la finale à six joueurs.

Question stratégie : le premier prix est de 75,000$ + 1 ticket pour le WPT à 25,000$ + un bracelet WPT ! Vous comprendrez bien que je serai prêt à prendre tous les risques nécessaires pour atteindre cette première place ! Cette structure de prix particulière, qui consiste à donner 50% du prizepool et toute la gloire au vainqueur, m’y oblige…

Cela ne veut pas dire pour autant faire n’importe quoi : je vais essayer de rester focus pour choisir soigneusement mes spots, et accélérer la machine à agression au fur et à mesure que les joueurs s’éliminent ! Nous aurons tous des tapis relativement équivalents, entre 22 et 30 blindes, ce qui réduira obligatoirement le nombre de move possibles… Je vais donc privilégier un jeu solide avant le flop.

Une finale avec Almira... © Caroline Darcourt

Une finale avec Almira... © Caroline Darcourt

Je souhaite bonne chance à Almira, qui a un gros respect des adversaires à la table… Je la sens capable de « ship » ! Elle a la position sur moi, mais la bonne nouvelle est que je suis positionné juste après Dan Heimiler, le joueur le plus loose de la finale, et donc le plus dangereux. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de le 3-bet light trop souvent avec notre profondeur de tapis. L’idée serait plutôt d’élargir ma range de 3-bet {A9+ ; KQ ; 77+) afin de pouvoir éventuellement call son 4-bet à tapis.

Voilà, je vais aller dormir car j’ai rendez-vous demain à midi (heure locale) pour les interview ESPN, cela va être bizarre d’être confronté aux commentaires de Mike Sexton et Vince Van Pattern… Voire à ceux de Patrick Bruel un jour ! Il faudra que j’évite les sick moves incompris !

A demain en espérant un Heads-Up contre Almira ! Allez, COAD !

La table finale est à suivre en direct sur Winamax dans la nuit de mercredi à jeudi, à partir d’une heure du matin.

Entrez dans la Danse

Samedi 26 février 2011

Je suis confortablement assis dans le lobby du Radisson Copenhague. Mon taxi part dans 45 minutes, mon avion dans 2h. Tout est réglé comme du papier à musique. Un deux trois un deux trois. C’est la Valse du Broke.

Mon regard erre dans la salle et tombe sur de nombreux visages connus, mes adversaires de l’EPT qui comme moi sont rentré dans la danse trop tôt à leur goût. Valise, checkout, taxi, aéroport, avion, prochain tournoi, check-in, inscription, tournoi, bust. Tous ont le même regard déçu, comme réveillé d’un beau rêve. C’est la Valse des Brokes.

Juha Helppi, le pro finlandais que j’ai très souvent eu à ma table ces deux dernières années, passe à proximité. Nos regards se croisent, nous échangeons un “Hello” timide mais plein de sens. Ce simple mot, ce petit regard contient toute l’information nécessaire. Pas besoin du dialogue habituel “Ouais, j’ai bust fin du jour 1, mais c’est sick, attends je t’explique, alors j’ai paire de six et…”. On connaît la chanson. En dire plus serait comme chanter un tube de David Guetta en public: “I’ve got a feeeliiiing, whooohooo”. Vulgaire et redondant. Autant valser un bref instant, les yeux dans les yeux. We’ve got the blues.

J’ai énormément changé mon attitude ces derniers mois. J’ai appris à espérer la victoire en acceptant la défaite. Quoi d’autre? Le joueur de tournoi passe son temps à perdre. D’un tournoi à l’autre, les espoirs se reportent, toujours plus vivaces, mais le résultat est tout le temps le même: à un moment, il faut se résigner à voir ses jetons quitter la scène, se lever en tapotant la table avec fair play, adressant un “good luck guys” à contre-coeur pendant que tous pensent “ouf, un de moins, peut-être que cette fois ce sera mon tour!”.

Mon objectif d’ici la fin des WSOP est de briser ce cycle infernal: je veux remporter un titre, aller au bout pour une fois, sortir de la danse. Je travaille en ce sens avec acharnement. J’essaie de simplifier ma vie au maximum pour concentrer à fond mes facultés intellectuelles sur le poker. J’ai multiplié les lectures et les conversations sur la performance de haut niveau. Je cultive un état d’esprit positif, basé sur l’apprentissage, l’humilité, le respect de l’adversaire et la recherche objectives de ses failles. J’essaie d’être créatif aussi, par exemple en me passant des vidéos de poker live image par image pour détecter des tells involontaires sur différents types de joueurs. J’échange beaucoup avec mes coéquipiers, particulièrement avec Locsta en ce moment - s’il y en a bien un qui une attitude obsessivo-perfectionniste au poker, c’est bien lui.

Plus que tout, je continue à y croire. Quelques mois de coaching mental m’ont permis de faire sauter des barrières psychologiques qui m’empêchaient de joueur à mon meilleur niveau. Aujourd’hui, je n’ai plus d’excuses. Chaque tournoi est l’occasion de se rapprocher de mon objectif, et à défaut, d’apprendre de mes erreurs ou de tester ma résilience et ma force de caractère.  Un petit défi au passage: la prochaine fois que vous jouez, en ligne sur en vrai, et que ça se passe mal, voyez ce qui vous arrive comme un test, comme une façon de prouver votre solidité psychologique et votre résistance au tilt. Prouvez-vous que vous en êtes capables. Faites taire le refrain dans votre tête qui cherche à revenir even ou à vous venger du bad beat subi, ou à pleurnicher contre le destin.

Je me force ainsi à voir chaque pas de danse vers la sortie d’un tournoi comme une scène d’un grand ballet, dont le final sera grandiose. après tout, que vaut le succès sans l’adversité? En attendant, je me délecte des performances de mes coéquipiers à Los Angeles, avec juste ce qu’il faut de jalousie pour entretenir une motivation maximale.

Alors que je conclus ce blog, je réalise que Juha Helppi est en fait encore en course et qu’il vient même d’atteindre la table finale de l’EPT. Ah, l’humour nordique!

Au dela du hasard

Dimanche 13 février 2011

Ma 4e rencontre avec Tom Dwan fut profitable.

Si vous êtes un lecteur assidu de mon blog vous aurez remarqué que je n’ai pas fini de vous raconter mes aventures au WSOP et au WSOP Europe, mes deux plus beaux résultats de 2010. Il y a deux raisons à cela.

La première, que nous appellerons “la raison indéniable”, est la difficulté que j’éprouve à atteindre les touches de mon clavier étant donné l’énorme palmier que j’ai dans la main…

La deuxième raison est fine, plus psychologique et assez intéressante. Autant blogguer une table finale me replonge dans ces instants forts et me redonne confiance dans les moments de doute, lorsque les cartes ne sont pas de mon côté, autant raconter la fin - funeste - de mon tournoi est moins ma tasse de thé. C’est même devenu un syndrome épatant :

Tant que je ne finis pas mon récit, je suis encore dans le tournoi.

Etrange?

Peut être, mais mes proches pourront vous confirmer tout le mal que j’ai à communiquer sur mes sorties. Mon twitter s’enrhume et mon facebook se grippe. J’évite même parfois de croiser les journalistes en partant… (coucou BenHarper !).

C’est bête et mathématique! Tant que la nouvelle ne s’est pas répandue, je suis encore en course! En fait Je crois que j’ai du mal à dire que je suis sorti autant par ego que par peur de décevoir ceux qui croient en moi. Alors l’écrire en détail dans un blog, n’en parlons pas. D’ailleurs ce blog devait à l’origine être le dernier épisode des WSOPE et j’ai réussi à dévier et parler d’autre chose!

Oh bien sûr j’encaisse en apparence très bien et avec classe les éliminations. Je suis même réputé pour cela : je ne crie pas sur le pauvre croupier qui n’y est pour rien. Je m’efforce de respecter mes adversaires au point de systématiquement les gratifier d’un sourire, d’une tapote sur la table, et d’un “Good Game” qui n’a rien d’ironique. Mon amour pour ce jeu et pour la compétition me rappelle que sans adversaires, bons ou mauvais, il n’y a pas de compétition.

Soit la sortie est due à mes mauvaises décisions, et je n’ai rien à reprocher à personne, soit elle est due à la chance. Mais sans chance il n’y a pas de poker

Ma première défaite dans une table finale majeure, St Kitts; Nov 06 (sur un bad beat). Je souffre encore...

Ma première défaite dans une table finale majeure, St Kitts; Nov 06 (sur un bad beat). Je souffre encore...

Ainsi je ne casse rien en rentrant, et je sais la chance que j’ai d’être là où je suis. Avec le recul je ne peux pas me plaindre! Mais ne croyez pas que je ne souffre pas pour autant, ne croyez pas que je suis blasé et surtout ne croyez pas que je m’installe dans un petit confort de joueur sponsorisé, qui n’aurait plus l’envie ni la rage de vaincre.

La réalité c’est que chaque sortie est un drame pour le compétiteur qui vit en moi, je laisse dans chaque salle de tournoi un petit bout de ma personne, de ma motivation, de mon optimisme et de ma confiance.

Et c’est tant mieux! Cette fierté, cet ego démesuré cette frustration est ce qui m’évite d’être usé par les déceptions qui accompagnent la vie d’un joueur du circuit. C’est le moteur qui fait que ma tête rembobine sans cesse le fil de la partie perdue et cherche ce qui aurait pu être différent, ce que j’aurait pu faire d’autre, ce que je ne referait plus.

Il n’y a que comme cela que je peux avancer.

Parfois des pensées moins constructives comme “pourquoi le pique est-il tombé rivière?” se forment dans mon esprit. Les phases sont classiques et vous les connaissez tous bien je pense. Cela va du “Pourquoi moi?” à “Qu’ai je fait pour mériter que le sort s’acharne sur moi?” ou encore « Quand cela s’arrêtera t-il ? »

Ces pensées doivent être chassées sans relâche, car le hasard amène au sentiment d’injustice. Le sentiment d’injustice amène à la colère, et la colère est le chemin vers le côté obscur de la force: La Superstition.
- PokerYoda

Superstitieux ou pas, tout le monde dans le poker a son lot de malheur à raconter, et semble être le plus malchanceux du poker mondial. Certains se font même payer pour (faire semblant d’) écouter les bad beats! En fait la malchance n’existe pas vraiment. Ne faites pas l’innocent derrière votre écran, je vous entends d’ici! Vous êtes en train de penser:

“Facile à dire pour lui, s’il voyait ce que je me prends en ce moment”.

La phrase en elle même est typique du déni, le joueur “subit” les choses et se dédouane donc de toute responsabilité et de tout contrôle sur son sort. Le poker est heureusement un jeu de décision sur le long terme, j’ai joué plusieurs millions de mains dans ma jeune carrière et je pense pouvoir parler de ce qu’est la variance. Je conclurai donc ce blog décousu mais franc sur une citation qui m’a beaucoup servi. Elle vient de Ben Roberts, un grand joueur de cash game qui a passé l’épreuve du temps dans le poker.

Ne vous fatiguez pas avec la chance.
A la fin, vous aurez eu la carrière que vous avez méritée.
-Ben Roberts

Main Event : Ludovic Lacay s’impose !

Lundi 7 février 2011

Tous les dimanches soirs sur Winamax, plusieurs centaines de joueurs se retrouvent pour disputer le « Main Event », le tournoi générant le plus important prize-pool du site. Avec un buy-in de 150 euros et une cagnotte garantie de 100 000 euros, Aurélien Guiglini et son équipe de « tournament managers » avaient clairement affiché leurs intentions à la création de l’évènement : lancer un rendez-vous hebdomadaire incontournable, rassemblant à la fois un énorme prize-pool et un field conséquent. Quatre mois plus tard, ils peuvent se satisfaire d’avoir relevé le défi !

Au soir du 6 février, ils étaient 837 à se lancer dans l’aventure, allant chercher la plus importante part possible des 115,506 euros de prize-pool. Et à ce petit jeu, c’est Ludovic Lacay qui s’en est le mieux sorti. « Sir Cuts » est effectivement devenu le premier joueur du Team Winamax à remporter l’épreuve ! « J’ai lancé trois tournois dimanche : le Grand Tournoi (1,000€), le HighRoller (300€) et le Main Event (150€) » confie Ludo. «  Après trois heures de jeu, j’étais encore sur les trois. J’ai préféré me concentrer sur le Grand Tournoi qui était vraiment difficile et j’ai réussi à me hisser dans l’argent avant de finalement sauter en neuvième place. »

Les joueurs du Main Event n’allaient alors pas tarder à entrer dans l’argent… « Je suis tombé à 15 blindes au moment à l’ITM » poursuit Ludovic. « J’ai ensuite payé un petit tapis avec Dame-Valet et j’ai fait face à As-Deux. J’ai perdu la confrontation et suis tombé à 8 blindes ! »

A partir de cet instant, plus rien n’a arrêté le toulousain : « En seulement vingt minutes, j’ai doublé trois fois ! Après, je n’ai plus quitté les premières places. J’ai gagné énormément de coups sans showdowns. » Une fois tombé à 24 joueurs, Ludovic Lacay n’a plus jamais quitté la place de chipleader. Sa fin de tournoi fut tout de même mouvementée. « A 5 joueurs restants, la partie est devenue très agressive mais j’avais bien observé mes adversaires, ce qui m’a permis de les contrer (grâce à de nombreux 3-bets avant le flop ou bien en relançant du minimum des c-bet) ».

Ludovic a alors atteint le face à face final avec 10 millions de jetons contre les 5 millions de « Sickario ». C’est sur des blindes 40,000/80,000 et après huit heures de jeu qu’est intervenue la dernière main. Au bouton, Ludovic place une mini-relance à 160,000 avec ATrfle 2Trfle . « Sickario » 3-bet à 480,000 et est payé. Le flop TPique TTrfle 6Trfle  apporte un tirage couleur à Ludo. Lorsque « Sickario » mise 500,000, il décide donc de relancer à 1,5 million puis de payer le tapis de son adversaire lorsque ce dernier lui réclame. Le pro Winamax fait face à KPique 9Pique  et s’impose après un tournant et une rivière sans importance.

Au-delà des 25,065 euros accompagnant sa victoire, Ludovic Lacay est surtout « fier de s’imposer à domicile ! Je me souviens qu’à son arrivée dans l’équipe, Davidi Kitai avait remporté le Big Deal, qui était à l’époque le tournoi majeur de Winamax. Il avait ensuite remporté un bracelet puis fait une troisième place à l’EPT Barcelone. J’espère connaitre le même run ! » Pour se faire, Ludovic fait son entrée dans le World Poker Tour Paris (Prix d’entrée : 5,000€) dès jeudi à l’occasion du Day 1B. Le reportage sera à suivre en intégralité sur Winamax !

Tous les jours, vous avez la possiblité de vous qualifier pour le Main Event sur Winamax, le tout à partir de 5 euros !

A Perfect Week

Lundi 7 février 2011

Une fois de plus Valet-Dame n’a pas battu As-Dame.

Et conséquence directe et logique de ce postulat, je suis éliminé de l’EPT Deauville, en milieu d’après midi, le Samedi 29 Janvier, le ticket de la 52eme place en main, un ticket qui donne droit a 15,000 euros et pas mal de remords.

Mathématiquement ainsi que techniquement, mon “resteal” était mauvais avec un tapis de 26.5BB. J’aurais du opter pour un fold mais je me suis trompé en comptant la taille de mon tapis au retour du break et étant persuadé d’en avoir 21.5, j’ai fait tapis. Allez savoir pourquoi après avoir joué des centaines d’heures en live je peux faire une erreur pareille, une erreur professionnelle.

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Ce soir, soutenez Reporters Sans Frontières

Mercredi 2 février 2011

L’étape française de l’European Poker Tour s’est terminée lundi soir à Deauville. Un très beau tournoi de poker qu’Harper, Junior et moi nous sommes appliqués à couvrir sous toutes ses coutures. Sept journées passées à traquer les coups de poker les plus intéressants, les plus insolites, les plus inattendus. Sept journées passées à prendre des photos des joueurs en vue, chasser les éliminations d’une table à l’autre, interviewer les favoris, faire l’aller et retour entre la salle du tournoi et la salle de presse pour rédiger des compte-rendus minute par minute. Bref, rendre compte de l’évènement. Faire notre travail de journaliste, quoi !

Journaliste… Éprouvant le plus grand respect pour le mot et ce qu’il représente, j’ai toujours un peu de réticence à l’employer pour décrire mon activité. Après tout, je ne fais que regarder des types jouer aux cartes. Alors que pendant ce temps, il y a des gens qui risquent leur peau tous les jours pour exercer leur métier de journaliste, des gens pour lesquels les bad beats sont à balles réelles, et à portée d’appareil photo à chaque instant. Justement, c’est eux que l’on va évoquer aujourd’hui, si vous le voulez bien, puisque Winamax lance ce soir un tournoi spécial en partenariat avec Reporters Sans Frontières, une opération qui me réjouit particulièrement.

Saviez-vous qu’aujourd’hui, on recense 157 journalistes de par le monde croupissant sous les verrous pour avoir commis le simple crime de vouloir exercer leur liberté d’informer ? C’est l’une des nombreuses choses que j’ai apprises en consultant le très fourni site de Reporters Sans Frontières. C’est la mission première de l’association fondée en 1985 : lutter contre la censure, et crier sur les toits toutes les persécutions dont sont victimes les soldats de la presse aux quatre coins du monde. Et le sujet est, hélas, plus que jamais d’actualité. Ils sont partout, les “prédateurs de la presse”. Comme si, à mesure que l’évolution de la technologie permettait la multiplication des moyens d’expression, on cherchait de plus en plus de raisons de vouloir la restreindre. Là, maintenant, tout de suite, il est toujours impossible de se connecter sur Internet en Egypte, car les pouvoirs en place vacillants sont bien conscients que la circulation de l’information ne peut que les desservir. La censure n’a pas réussi à stopper la révolution tunisienne, mais en 2010, on a donné le Prix Nobel de la Paix à un écrivain emprisonné, et cela fait maintenant presque 400 jours que Stéphane Taponier et Hervé Ghsquière sont détenus en otage par les talibans.

« Sans une presse libre, aucun combat ne peut être entendu. » C’est la devise de RSF. Parler de la censure, c’est déjà la combattre, mais l’action de l’association va plus loin. Par exemple avec l’accueil des journalistes contraints de fuir leur pays pour s’être rendus coupables d’avoir fouillé d’un peu trop près dans les affaires d’un gouvernement autoritaire… Ces réfugiés politiques, RSF les aide en leur facilitant le droit d’asile et l’obtention d’un Visa. Les fonds de l’association contribuent aussi, entre autres, à aider les familles des journalistes emprisonnés, et fournir du matériel de protection aux reporters envoyés dans les zones de conflit où ils risquent leur peau. Et dans les locaux parisiens de RSF, on trouvera, sur une porte vitrée, un panneau portant cette intrigante mention : « Abri Anti Censure » A l’intérieur, des ordinateurs reliés sur Internet grâce à une connexion spéciale, dont l’adresse IP change plusieurs fois par minute. C’est là que les journalistes en provenance de zones chaudes du globe peuvent faire passer leurs messages avec la garantie de ne pas laisser de traces numériques, communiquer en sécurité, et se documenter sur les moyens de rester anonyme en ligne. Un sujet crucial en ces temps de flicage généralisé et de polémique sur la protection des sources.

Le travail de Reporters Sans Frontières est de la plus haute importance. En France, nous avons de la chance : on vit dans un pays où la liberté d’expression est fondamentale et considérée comme acquise. Ce n’est pas le cas partout, loin de là, et ce n’est pas quelque chose d’immuable : pour conserver la liberté d’expression, il faut la défendre et en faire l’exercice chaque jour, avec des gestes aussi simples que l’achat d’un journal au kiosque. La liberté d’expression, c’est surtout quand elle disparaît que l’on s’en rend compte. C’est ce qui la rend d’autant plus fragile.

Bref, tout ça pour vous dire que ce soir, à 21 heures, vous pourrez contribuer directement à l’action de Reporters Sans Frontières, avec un tournoi spécial à 10€ sur lequel Winamax ne prendra pas de rake. La moitié du prize-pool sera reversé à l’association, et vous pourrez retrouver de nombreux joueurs « à étoile » de Winamax : Team Pro, People, Champions…

Et toute l’année, qu’il pleuve ou qu’il vente, vous pouvez aider RSF via la boutique VIP Winamax, grâce à vos miles, échangeables contre un don direct, ou en commandant l’un des merveilleux albums « 100 photos pour la liberté de la presse » - les bénéfices générés par la vente étant bien sur reversés à l’association.

Rendez-vous à 21 heures sur Winamax : les inscriptions sont déja ouvertes !

Pour en savoir plus :
http://fr.rsf.org

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