Archive pour la catégorie ‘Général’

Epic League: Je reviendrai!

Samedi 13 août 2011

Alors que la finale de l’Epic League est en train de se jouer, je suis tranquillement dans ma chambre d’hôtel en train de taper ce blog. La faute à un full qui ne tiendra pas contre les deux As du néanmoins sympathique Gavin Smith. Au moins celui ci aura amené mes jetons en finale, vous pouvez les suivre en direct sur
le site d’epicpoker

Je vais rester un peu dans le coin (au sens vaste du terme, les USA c’est grand!). Au programme Colorado, San francisco, Los Angeles, vacances roots histoire de faire le vide et revenir à bloc pour un WPT et … encore l’EPIC League! En effet je suis persuadé que malgré les critiques de Negreanu sur ce nouveau circuit, ma décision d’y participer était la bonne.

Pour ce qui ne connaissent pas le principe, l’Epic League présente deux différences majeures avec un tournoi plus classique: Lire le reste de cet article »

Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas

Jeudi 11 août 2011

Vegas 2010, il y a un an. Je sors de WSOP ratés, après une saison en demi-teinte qui m’a vu échouer à plusieurs reprises assez proche de tables finales majeures: Prague, Monte Carlo… Le Graal m’échappe encore. Je me résous à travailler pour m’approcher de cet objectif. Avec l’aide de Stéphane Matheu, récemment appointé manager du Team, je fais le points sur mes objectifs et les moyens que je leur dédie. Je commence un suivi sérieux avec Pier Gauthier, amené par Stéphane pour nous préparer mentalement à la compétition. Et je me lance…

Un an plus tard, beaucoup de choses se sont passées et il est temps pour moi de tirer un bilan de cette saison 2010-2011. La première chose qui me vient est que j’ai enfin brisé la malédiction qui me privait de table finales. Avec un septième place à Prague et une neuvième à Monaco, j’ai accompli un objectif personnel majeur et effectué une saison européenne satisfaisante. Grosse ombre au tableau: j’ai fait une mauvaise fin de saison. Alors certes, il y a un peu de variance dans tout cela, mais je ne suis pas totalement content de ma réaction. Mes WSOP 2011 furent un semi-désastre dans lequel je porte une part de responsabilité. Néanmoins je porte un regard globalement satisfait sur la saison: pas tant à cause des résultats, certes en amélioration mais pas tout à fait spectaculaires encore, mais plutôt à cause de la transformation personnelle que j’ai réussi à accomplir.

Comme dans la vie, où l’on peut attribuer son malheur à “pas d’chance”, au poker il est trop facile d’imputer ses échecs à la variance. Personnellement, je m’y refuse. La variance est une partie naturelle du jeu, pas une fatalité. Elle s’applique à tout le monde de la même manière. Nous partons tous égaux. Ceux qui franchissent les premiers la ligne d’arrivée sont ceux qui ont mis le maximum de chances de leur côté. J’ai envie de faire partie de ceux-là, alors je me concentre sur ce que je sais faire et ce que je dois changer.

Quelque chose a aussi totalement changé dans mon attitude par rapport aux champions: depuis mes débuts comme compétiteur à Magic, j’ai toujours ressenti une forme de peur à l’occasion de mes rencontres avec les “grands joueurs”. Depuis un an, j’ai opéré un revirement complet: plutôt que de geindre en voyant que j’ai tiré une table compliquée, j’en profite un maximum pour observer ce que font les meilleurs. J’ai beaucoup appris en regardant Tom Dwan s’adapter à son image télévisée, en voyant ElkY faisant preuve d’une stabilité et d’une patience infinie, ou au contact du stoïcisme impeccable de Mike McDonald. Les champions ne me font plus peur: ils sont des adversaires à respecter et dont on peut tirer de précieux enseignements.

Parallèlement, j’ai poursuivi mon retour au cash game online en jouant beaucoup sur winamax.fr avec des résultats tout à fait honorables. J’ai beaucoup travaillé mes faiblesses, étudié le jeu des autres regulars et pris mes responsabilités comme joueur pro avec un volume correct.

(Graph global depuis mon retour en CG en février 2010)

Par-dessus tout, je suis content de mes progrès concernant le pire ennemi du joueur: le tilt! En plus des conseils de Pier, les ouvrages et Tommy Angelo ont été une source d’amélioration constante de mon état d’esprit de grinder. Des sessions catastrophiques qui autrefois pouvaient m’affecter des semaines ne me troublent pas plus de quelques heures. Conséquence directe: je joue mieux, plus souvent, et je suis bien plus heureux.

Vous remarquerez le plat amusant de mon graph, qui fait penser à un arrêt cardiaque. C’est la transcription graphique de mon défi bankroll, qui m’a occupé lors du mois d’octobre 2010. Ce fût sur le moment un passage très dur mentalement car je me suis mis une grosse pression pour réussir: avais-je d’ailleurs le droit à l’échec? Avec le recul, je suis content du résultat et relis parfois mon propre blog comme on revoit un vieux feuilleton avec nostalgie.

J’ai aussi payé mon tribut à la communauté du Club Poker dont je suis issu et de laquelle j’ai quasiment tout appris, en tenant ce sujet pour répondre aux questions sur mon parcours.

Sur le plan personnel, j’ai aussi déménagé à Londres dans un cadre bien plus agréable (malgré les évènements récents!). J’ai constaté par ailleurs qu’augmenter mon niveau de vie avait un effet très désirable sur mes performances. Sans doute une forme de pression positive. J’écris ce blog de chez moi, où depuis trois semaines je me repose:: amis, sorties, sport, plaisirs en tout genres. Le spectre de la saison suivante s’approche déjà. Voici mon programme prévisionnel pour la fin 2011:

EPT Barcelone
WPT Paris
Finale PPT
Winamax Poker Open Dublin
EPT Londres
WSOPE Cannes
EPT San Remo (peut-être)
WPT Amnéville
WPT Marrakech
WPT Prague
EPT Prague

Gros planning une fois de plus, avec cette fois un objectif clairement établi: gagner un tournoi majeur. Ca ne sera pas de tout repos, et les statistiques sont contre moi,… Mais à quoi bon se battre sans rêver! Pour utiliser une image sportive usée jusqu’à la corde, Je souhaite que la saison 2011-2012 soit celle de la maturité. J’espère y faire de grandes choses, avec le soutien de mes coéquipiers, de mes coaches et de mon sponsor. Et j’espère vous voir m’encourager, car j’en aurais besoin!

Blogs Vidéos: Episode 5

Lundi 20 juin 2011

Day 20 aux WSOP, j’ai joué un peu moins d’event ces derniers temps, me concentrant sur mes paris contre les autres joueur du team… Et pendant ce temps là les français n’ont pas chomé, ElkY remporte une triple crown et Elie Payan son premier bracelet!

Realisé par Emilie Bouchard

Blogs Vidéos: Èpisodes 3 et 4

Jeudi 16 juin 2011

Pour ces deux épisodes suivants, j’ai confié mes impressions à la caméra juste avant le jour 3 de l’event 7, avec l’espoir de faire quelque chose, et juste après, avec la satisfaction du devoir accompli ;)

Impressions avant de reprendre le jour trois du $10,000 PLHE. Peut etre une tres grosse perf en perspective, il faut etre pret mentalement!

Quatrième épisode: Day 9, l’heure est à la fête! Nicolas revient sur sa table finale, comment il est arrivé là et comment il compte célebrer tout ça. Champagne…

Une Finale de Pot Limit Holdem

Mercredi 8 juin 2011

Mon regard est fixé sur la rivière et mon air calme ainsi que mon sourire un brin crispé ne cachent finalement qu’assez mal la tempête qui fait rage sous mon chapeau. Je joue un coin flip à tapis en finale des World Series. J’en ai joué 3 avant dans le tournoi, gagné deux, perdu un. La pièce tombe du mauvais côté cette fois ci, et je quitte mes adversaires un brin trop tôt à mon gout, sous le regard de mes amis du circuit présents à Vegas.

Pour en arriver là, j’ai du batailler dur, et élaborer un plan de jeu. Car le pot limit est un drôle d’animal : Pas vraiment différent  du No Limit en soit (l’overbet , bien que revenu à la mode ces derniers temps , n’est pas si fréquent que ça) et pas vraiment identique : il n’y a pas d’ante .Pourquoi le PLHE alors ? Je crois que chaque variante du poker répond à un problème ou un manque dans une variante déjà existante : à l’origine le jeu smallball en no limit n’existait pas, et les gens aimaient overbetter le pot avant le flop. Du coup l’intérêt du pot limit était d’amener un peu de mesure au jeu préflop pour ceux qui n’avaient pas envie de voir les enchères exploser d’un coup. On peut d’ailleurs voir dans plusieurs livres de Doyle Brunson et notamment la première bible du poker «Super Sytème » que les overbet étaient fréquent avant même la naissance du père d’Isildur !

Ce qui est passionnant en tout cas c’est qu’en PLHE la stratégie n’est pas aussi bien définie qu’en NLHE. Le jeu est beaucoup moins joué et peu de livres sont disponibles sur le sujet. Bref la plupart considèrent qu’il faut relancer 2bb pour compenser le manque d’antes dans le pot, et je pense que c’est une bonne tactique en fin de tournoi avec des tapis peu profonds, ou pour des raisons différentes lorsque la table est faible et que jouer loose est optimal. Mais dans ce Championship à 10,0000 dollars j’ai fait un choix tactique diamétralement opposé : avant le tournoi j’ai décidé d’utiliser deux techniques :

- Abuser des changements de vitesse, sur les conseils éclairés de Davidi (deux tables finales en PLHE dont un Bracelet!) pour prendre des petits coups sans résistance.

- Jouer moins loose et moins smallball que d’habitude, et faire plus cher préflop, pour sortir mes adversaires de leur zone de confort au niveau des montants.

Le dernier point est intéressant, je ne dis pas que j’ai raison mais contrairement à l’idée d’origine du PLHE j’ai choisi de jouer des plus gros pots qu’en NLHE. La raison est mathématique et découle de mon choix de jouer moins de mains :

- si je joue moins de coup, j’ai une range plus serrée.

- Si j’ai une range plus serrée mon adversaire peut mieux me lire et déceler les cas de cotes implicite

- Pour casser cette cote implicite je dois miser plus cher.

Si vous ne connaissez pas le terme de côte implicite et que j’ai aiguisé votre curiosité rendez-vous sur la masterclass spéciale cote de la poker school ; c’est plus simple qu’il n’y parait !

Les deux résolutions, changement de vitesse préflop et style plus solide, sont dues à la force du field : quel intérêt d’aller jouer des poubelles contre de très bons joueurs qui ne se laisseront pas bluffer ? Vous allez peut être me répondre : se créer une image agressive pour être payé avec ses bonnes mains. Mmm oui mais non :

- En tournoi il est souvent plus profitable de faire coucher son adversaire car on a rarement le temps d’avoir du jeu

- Ces derniers temps il suffit d’avoir l’air d’un bon joueur pour qu’on vous soupçonne de bluffer à chaque fois que vous squeezez . A la limite plus vous avez passé les spots précédents, plus on s’attend à ce que vous craquiez ou encore utilisiez votre image pour bluffer

Moralité : en 2011 un bon ne crois jamais un autre bon . Et c’est ainsi que le style solide reprend ses lettres de noblesses. En tout cas tant que les joueurs loose ne feront pas de psychanalyse pour soigner leur paranoia!

En parlant de Parano, voila un expert

En parlant de Parano, voila un expert

Tiens par exemple j’ai fait coucher une main a Matusow, il a pas trop aimé, me demandant si j’avais quelque chose et m’insultant plusieurs fois par la suite! Mike, j’avais la meilleure main, et meme si je t’avais bluffé, au poker on a le droit de mentir ok?

Bref, je ne sais pas quelle est la part de réussite ou la part de chance dans cette superbe table finale dont je suis très fier,  mais j’aime à penser que mon plan a joué pour beaucoup. J’ai dû faire attention à ne pas me laisser marcher sur les pieds. J’ai été testé plusieurs fois et du tenter de gros contre bluffs : Un 4 bet à tapis avec KJo, un call difficile avec 4e paire, mais globalement j’ai surtout excellé dans l’art de prendre un pot moyen tous les 3 tours et de me maintenir en attendant du jeu , jeu rentabilisé comme rarement, par exemple cette paire d’As contre Annette15 :

Je relance UTG a 2.5bb (plus cher que d’habitude donc, pour ceux qui ont suivi !). Elle paye en position

Le flop vient 843 avec un tirage couleur.

J’effectue un Cbet à 2.5bb et elle paye.

Notez que sa range ici est énorme. Paire, tirage, floating. C’est rarement un monstre, il y a beaucoup de tirage et même si elle n’aurait pas peur de slowplayer, elle peut facilement représenter un tirage en relançant (vous passeriez 99 sur une relance d’annette ici vous ?) donc pourquoi s’en priver?

Turn Q qui ne complète pas la couleur.

Je me dis que si je n’avais rien, je tenterai souvent d’arracher sur cette carte qui touche bien ma range. Du coup je décide de faire quasiment le pot. Tant qu’à faire autant bien me polariser.

La rivière est un 9 et je fais boite pour ¾ du pot, ce qui représente quasiment le tapis de la norvégienne. Elle finit par payer et je ne sais pas exactement ce qu’elle avait, juste que mon image ne l’a pas fait coucher un jeu clairement moyen sur cette rivière, et que ses jetons sont bien plus jolis dans mon stack :)

Une finale de plus

Une finale ce n’est pas un bracelet, mais une finale c’est une finale ! Ma quatrième aux WSOP et la plus lucrative que j’ai pu faire à Las Vegas, le tout dans l’un des Event les plus prestigieux des series, alors pas question de bouder mon bonheur. Il faudra quand même que je comprenne pourquoi je semble perfer dans les tournois les plus durs de l’année plutôt que dans ceux remplis de fish. Variance uniquement ? Je crois que la préparation, la concentration, et le mental me jouent ici quelques tours, j’en parlerai avec Stephane et Pierre évidemment !

Sur ce je vais me coucher, demain m’attend un tournoi en mode Shootout, le format ou j’avais fait la finale l’année dernière alors pas question de manquer de sommeil…

WSOP : Déjà une finale pour Nico Levi !

Lundi 6 juin 2011

Le pro Winamax termine sixième de l’Event #7 : Pot-Limit Hold’em 10,000$

Six jours. C’est le - court laps de - temps qu’il aura fallu attendre pour voir un français rallier une finale dans la 42ème édition des World Series of Poker. Et comme l’an dernier, c’est Nicolas Levi qui fait office de « bleu de chauffe »… Il y a douze mois et deux jours, le joueur du Team Winamax atteignait la finale de l’Event #6, une épreuve de No-Limit Hold’em Shootout où il atteignait la cinquième place, remportant par la même occasion plus de 92,000$. Cette année, Nicolas a attendu l’Event #7 pour briller. Une épreuve de Pot-Limit Hold’em à 10,000$ ayant réuni la crème du poker mondial, comme l’atteste la liste des joueurs ayant atteint les places payées : Steve « gboro780 » Gross, Chris Moorman, Nenad Medic, Noah Schwartz, Jason DeWitt, Robert Mizrachi, Toby Lewis, Stephen « stevie444 » Chidwick ou encore Sam Stein.

Dépourvu de jetons au départ de la dernière table, Nicolas est resté patient, regardant ses adversaires  s’éliminer les uns après les autres : Michael Benvenuti, McLean Karr, Eric Cloutier… « Avec mes 20/25 blindes, je n’avais que peu de marge de manœuvre. Il était plus intéressant de rester prudent, vu les importants écarts de gains entre chaque élimination. »

Le parcours de « Croc_monsieur » s’est fnalement arrêté peu après 22 heures à la suite d’un ultime coup de pile ou face disputé contre le chip-leader Amir Lehavot. L’américain a relancé avec As-Dame, et Nicolas n’a eu d’autre choix que de relancer « pot » avec sa paire de 7. Amir a envoyé le reste de ses jetons, et Nicolas a payé, bien sûr, ayant déjà investi l’essentiel de ses quinze blindes. Le croupier a retourné un As sur le flop, et rien d’autre ne pouvant aider le français, scellant son élimination en sixième place. Après trois intenses journées de combat, Nicolas est récompensé par plus de 110,000 dollars.

C’est un fait indéniable : depuis un an, Nicolas Levi joue mieux au poker qu’il n’a jamais joué de sa vie. Cela n’est peut-être pas visible à l’œil nu, car ses efforts lors des tournois live n’ont pas été récompensés par une victoire, mais il ne faut pas s’y tromper : chacune de ses grosses performances a été accomplie lors de tournois réputés très difficiles. Depuis cette extraordinaire seconde table lors du Shootout il y a un an, où Croc a terrassé Tom Dwan, Dario Minieri, James Akenhead, Chris Bell et Blair Hinkle, en passant par la finale du Main Event des WSOP-E, l’un des tournois les plus difficiles de l’année, où l’on retrouvait sur la dernière ligne droite des joueurs comme Phil Ivey, Viktor Blom ou Roland de Wolfe.

On pourrait argumenter que Nicolas Levi se débrouille mieux contre les meilleurs joueurs, mais l’intéressé ne veut pas y croire : « Je ne peux quand même pas affirmer que les pros les plus dangereux sont plus faciles à battre ! » Mais la réalité est là : c’est contre eux que Nicolas donne le meilleur de lui-même. Le pro Winamax a ouvert le bal des performances françaises aux World Series of Poker. Inutile de dire que l’on attend avec impatience la prochaine…

Nicolas Levi : douze mois de folie

Juin 2010 : WSOP 5,000$ Shootout – 5ème (92,543$)
Septembre 2010 : WSOP-E Main Event – 5ème (321,062$)
Mars 2011 : LA Poker Classic 5,000$ NLHE – 2ème (90,170$)
Juin 2011 : WSOP 5,000$ NLHE – 6ème (114,525$)

Au total, en incluant toutes ses places payées : plus de 650,000 dollars de gains.

WSOP Event #7 - PLH 10,000$, 249 joueurs

Vainqueur. Amir Lehavot : 537,456$
Runner up. Jarred Solomon : 354,460$
3e. Sam Stein : 264,651$
4e. Stephen Chidwick : 198,927$
5e. Tommy Vinas : 150,453$
6e. Nicolas Levi : 114,525$
7e. Eric Cloutier : 87,702$
8e. McLean Karr : 67,596$
9e. Michael Benvenuti : 52,406$

Retrouvez quotidiennement le reportage en direct en cliquant ici

Benjo et Harper

American Psycho

Lundi 30 mai 2011

Salut à tous ! A l’heure où j’écris ces quelques lignes, je suis en mode « préparation de valises ». Ce n’est pas spécialement excitant en soi mais la perspective de poser le pied sur le sol américain l’est bien plus. Avant d’arpenter les salles de jeux de Sin City, je fais une escale de quelques jours à Miami. Je serai accompagné de plusieurs potes (pour la plupart bretons !) et nous croisons les doigts pour que l’un des matchs de basket des Miami Heats coïncide avec nos dates de séjour. Hormis l’espoir de voir à l’œuvre Lebron James et Dwyane Wade, ce séjour floridien sera surtout l’occasion de décompresser et accessoirement de faire la fête.

Dès le 1er Juin, les choses sérieuses commencent et c’est alors Las Vegas qui nous accueillera dans l’une de ses nombreuses villas à l’écart du Strip.
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Paint it Black

Jeudi 19 mai 2011

Si, dans quelques années, on me demande si je suis déjà allé à Madrid - et que je n’y suis pas retourné depuis l’étape European Poker Tour qui s’est jouée là-bas - je répondrai assurément oui, tout en étant incapable de raconter une main jouée, ou une anecdote à la table. Et ce pour des raisons évidentes : je me suis fait éliminer en moins de trois heures sans remporter la moindre main et sans jouer le moindre coup intéressant. S’il était écrit que Madrid serait un échec cuisant sur le tapis vert, cette ville marquera à coup sur un tournant dans ma carrière de joueur de poker professionnel.

Si l’on considère le poker comme un être vivant dont les joueurs, les sites en ligne, les casinos, membres du staff et journalistes sont les organes, alors c’est à Madrid que sa maladie récemment contractée s’est finalement révélée à l’œil nu. Le Poker est malade et les médecins ne sont pas optimistes.

Soyons plus clairs : c’est le Poker professionnel tel qu’on le connaît qui est malade. Le poker en tant que jeu, le milieu amateur, les parties en ligne (sur Winamax du moins) vont très bien, eux.

La finale de l’European Poker Tour, jadis grand-messe du poker européen, se déroulait historiquement à Monte Carlo, au « Bay », dans la salle dite « des étoiles ». Une salle impressionnante au toit coulissant, dans laquelle plus de cent tables étaient disposées face à une scène où quelques stars du poker attendaient de faire leur entrée triomphale.

Peu avant le coup d’envoi, le toit s’ouvrait, permettant au soleil monégasque réchauffer nos visages et les immenses rideaux s’écartaient, laissant se dévoiler une vue en cinémascope sur la Principauté entière alors que, tiré à quatre épingles dans son costume italien sombre, cravate colorée unie, l’emblématique Thomas Kremser prenait la parole. D’abord pour nous souhaiter la bienvenue à Monte Carlo et à ce grand final. Ensuite il présentait les joueurs professionnels bardés de titres qui représentaient le sponsor de l’évènement, et d’un geste, il ordonnait la fermeture du toit, des rideaux, et la salle s’obscurcissait pour laisser place à un clip vidéo sur les écrans géants, retraçant les moments forts de la saison, à grands renforts de musique dramatique, d’images de foules en délire, de rivières, de trophées, de larmes, et de champions. Quand le clip s’achevait, c’était dans un silence religieux, avant que les applaudissements ne viennent le rompre.

Kremser lançait alors le « Shuffle up and deal » et moi, proverbial professionnel blasé, je m’asseyais l’estomac noué, les larmes aux yeux et le cœur battant à 200 à l’heure.

A Madrid, j’ai été triste, mais je n’ai pas eu les larmes aux yeux.

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J’y vais pas!

Jeudi 5 mai 2011

Ma vie est faite de coïncidences déroutantes.

Il y eût, l’année dernière, une série d’éliminations cocasses de nombreux tournois avec une paire de sept. Le comique de répétition, ça me connaît. Depuis, à chaque fois que je vois 77, je tremble: ma dernière heure a-t-elle sonnée? Tel Jim Carey dans Le nombre 23, je sombre dans la paranoïa. Mon casier régulier à la salle de gym? 077! Mon année de naissance? 1976! Si proche de 77! Vous vous rendez compte? Et je ne parle même pas de mon code de carte bleue…

Avec ça, j’ai un instinct hors du commun. Extrait d’un dialogue de Janvier 2011:

Almira: “Je veux aller à Los Angeles jouer le WPT Invitational, tu viens?”
Manu: “Tu rigoles? Onze heures d’avion pour un freeroll? Jamais de la vie, et tu ne devrais pas y aller non plus, les chances de perfer sont tellement faibles, quel intérêt?”

Aussi, quand après s’être abondamment moquée de mon flair après une deuxième place obtenue à L.A. (et encore, si elle ne gagne pas, c’est bien à cause de Davidi), la même blonde me propose, alors que je reviens de deux échecs en Autriche, de nous enfuir au Maroc pour un weekend de poker au luxueux Mazagan Resort sur invitation de la charmante Marine Jouaillec, que pouvais-je répondre? A part:

“Pff j’ai la flemme, j’en ai marre des voyages et tu veux me faire aller au Maroc? Mais pourquoi faire? Un tournoi à 2000€ duquel je vais bust en trois niveaux et qui va me mettre en tilt pendant des siècles? J’y vais pas.”

Cependant, la blonde sait se montrer persuasive. Elle me montre le site web du resort et m’encourage à l’accompagner, ne serait-ce que pour profiter des installations pendant qu’elle raflera la mise. Moui, quatre jours de vacances, pourquoi pas…

En général c’est là qu’on place l’expression “après un vol sans encombres”. Mais non, il a fallu que je perde à nouveau mon iPhone, le troisième en deux ans, cette fois-ci oublié dans la pochette du siège devant moi à l’atterrissage à Casablanca. Ah, que je suis ravi d’être venu au Maroc! Le moral remonte à l’arrivée au casino, à une heure de route de l’aéroport. C’est encore plus beau que sur les photos. Le tennis donne sur l’Océan, le spa est exquis, les nombreux buffets dignes des meilleurs de Vegas.

A ce moment, le poker m’est indifférent. Aussi, quand on me propose un last longer à 200 euros pour un package garanti pour The One à Monte Carlo (un autre tournoi que je n’ai pas prévu de faire), je veux d’abord dire non. Et puis après tout, ça peut être marrant. Je paie pour moi et Almira, qui sera mon cheval de course pour ce pari annexe car elle a déjà prévu de jouer sur le Rocher. On est bien, il fait beau, nous ne sommes que soixante-deux joueurs, let’s gamble.

Je commence le tournoi en perdant le tiers de mon stack pendant que basile Yaïche démonte ma table. Toujours la même rengaine. Story of my life, etc, pas moyen de toucher un flo… Ah, tiens, un brelan? Un autre? Un tirage couleur qui rentre une quinte backdoor! Il ne manque qu’une paire d’As - et là voilà déjà. Je passe une journée folle. Comme à chaque rush, le temps se suspend, les jetons sont plus légers, les sombres figures des cartes semblent presque me sourire avec malice. Impitoyablement, les joueurs adverses - un épineux mélange de joueurs marocains flamboyants et de pros français invités - tombent sous mes coups de boutoirs. Je run GOOD baby! Le jour 1 touche à sa fin et je suis large chip leader avec plus de trois fois la moyenne. Almira est deuxième. Les autres sont loin derrière, et nous sommes 17 dont 7 pour le last longer… Ca commence à prendre forme cette histoire.

Le jour 2, c’est l’embellie. La bulle se rapproche à grands pas. Derrière un limper, un joueur fait une fausse relance de petite blinde et est obligé de compléter. Je checke mon 97o de grosse blinde et floppe la quinte contre ses As pour un pot énorme qui n’aurait pas dû exister. Peut-on être plus béni des Dieux? La bulle arrive, je relance 95% des mains sans même regarder mes cartes, mise tous les flops et fait tapis sur tous les check raise. Mon tapis passe à quatre fois la moyenne à 10 joueurs, alors que nous sommes soudain payés et en table finale. Almira est en bonne position. Et il ne reste que Cédric Rossi avec nous dans le last longer, avec un petit tapis.

Arrive alors un grand moment comme seul le poker marocain sait en créer : personne ne veut sauter, tout le monde se laisse tomber à trois ou quatre blindes, personne ne paie le tapis de personne. Ca raise/fold avec six blindes. Ca cold/call avec AK et sept blindes. Ca set mine avec huit blindes. Mon rush continue: un à un, j’élimine six joueurs de la table finale en ce qui paraît être une éternité. Almira s’écroule malheureusement en cinquième place, et je me débarrasse enfin de Cédric en quatrième place - voilà une bonne chose de faite, le package The One est pour moi! Et je suis gros chip leader à trois joueurs… Et là, je perds patience. Le rythme d’escargot de la table finale et le relâchement de la tension sur le package, tout ça m’a mis à bout de nerfs. Je veux gagner le tournoi tout de suite, j’essaie de forcer le passage, et deux gros bluffs inutiles plus tard, mes deux adversaires ont doublé sur moi. Très vite, je suis dehors, sans avoir le temps de comprendre ce qui m’est arrivé.

Troisième pour 12,000 euros et l’invitation à The One, pas si mal pour un tournoi que je n’aurais pas du jouer.

Trois semaines plus tard, après un EPT Berlin en demi-teintes, me voilà à Monte Carlo pour un autre tournoi qui n’était pas à mon programme à l’origine. Pourquoi? “Trop cher! Trop loin! Trop de voyages! Trop de frais! Fatigué!”. Mais il me faut honorer le package remporté. Le début est laborieux: je fais un move un peu spewy et je me retrouve avec la moitié de mon tapis de départ, bientôt le tiers. L’odeur de la piscine parvient à mes narines, il est temps de piquer une tête! De grosse blinde, je pousse A2s en resteal contre une relance du bouton. Il paie immédiatement avec JJ, et un As au turn me donne un second souffle. La baignade attendra un peu, qui sait, peut-être vais-je survivre au jour 1… Survivre, non. Prospérer, oui! Le rush de Mazagan se poursuit. J’enchaîne les showdowns gagnants et les bluffs réussis, les bons calls et les value bet insolents. Quand l’horloge s’arrête, je suis parmi les chip leaders de la journée et en tête des français. La vie est belle. Vive la principauté!

Le lendemain, je déchante très vite quand dès le premier tour, je perds un énorme coup à tapis avant le flop avec AK contre A9 et surtout A6 pour un side pot gigantesque… Mais depuis le gros travail effectué sur moi-même, je gère mieux le tilt, et je remonte la pente, petit à petit. Cependant, le rush arrive à bout de souffle. Les bonnes cartes se font rares. Les flops sont absents. Les adversaires de plus en plus coriaces. Réduit à un petit tapis , je manœuvre avec patience entre les flots déchaînés de raise et de reraises. La bulle saute. Je double une première fois, puis une autre aux abords de la table finale. Soudain, nous ne sommes plus que neuf! Après l’EPT Prague, j’atteins une seconde table finale majeure cette saison. Cette fois, plus de fébrilité. Mon regard est fermement tourné vers la première place.

(Photo Club Poker)

A peine le temps de dormir quelques heures et me voilà déjà assis, prêt à en découdre. Les premières passes d’armes vont être douloureuses, alors que je double Alessio Isaia, le short stack de la table, avec mon AQ contre son KK. S’ensuit une guerre de position entre petit tapis, alors que les grosse cylindrées allemandes s’en donnent à coeur joie. Pour mon plus grand malheur, je suis le premier à faire les frais d’une élimination, sur un bête coin flip, contre le futur vainqueur du tournoi. Une fois de plus, j’ai une dette envers Almira, dont la persévérance face à ma flemme m’a valu deux nouveaux résultats!

A peine rentré à Londres, ces tournois sont déjà loin dans mon rétroviseur. San Remo déboule sans crier gare, et comme chaque année, c’est un cauchemar. L’année prochaine… J’y vais plus!

Vendredi Noir, Espoir?

Vendredi 22 avril 2011

Ca nous pendait au nez: le couperet est tombé outre-atlantique il y a une semaine. Les trois opérateurs principaux de poker en ligne aux USA sont poursuivis par l’état américain pour tout un tas de choses très graves: blanchiment d’argent et fraude bancaire, entre autres… La faute à une loi absurde, passée en 2006, qui avait interdit les transactions bancaires entre établissements financiers US et sites de jeux en ligne. Certains opérateurs avaient pris la décision risquée (mais très lucrative) de rester sur le marché. Ca risque de leur coûter cher, mais il fallait peut-être passer par là pour amorcer une évolution législative.

A long terme, je pense que l’avenir du poker en ligne aux USA n’est pas menacé: la demande populaire est trop forte, les recettes fiscales potentielles trop alléchantes, les intérêts trop convergents. Je ne serais pas surpris de voir le congrès légiférer très prochainement pour autoriser le poker en ligne au pays de l’Oncle Sam. Le président Obama, qui a avoué pendant sa campagne être un joueur de poker accompli, ne peut qu’aller dans ce sens, n’est-ce pas? A court terme, cependant, c’est la panique chez les joueurs américains dont les fonds sont bloqués sur leurs sites préférés. Je leur souhaite bon courage pour traverser cette crise, mais vu l’humour dont ils font déjà preuve avec ce sujet sur l’avenir des joueurs américains en ligne, il semblerait que le moral soit encore là!

J’écris ce blog depuis Monte Carlo ou je vais disputer dans quelques heures le nouveau tournoi du circuit intitulé “The One”. Depuis une semaine, les joueurs pros n’ont que ce sujet sur les lèvres, mais l’heure n’est pas à l’affolement. Tout le monde m’a confié qu’ils attendaient d’en savoir plus. Les joueurs qui représentent les sites incriminés ne semblent pas inquiets. Les joueurs qui représentent les concurrents n’ont aucune raison de se réjouir. Il est trop tôt pour dire dans quelle mesure celle affectera le microcosme des joueurs sponsorisés. Tout ce que nous savons, c’est que nous pouvons continuer à jouer sereinement sur nos sites en .fr …

Personnellement, je me méfie de l’effet pervers que cette crise légale peut avoir sur l’industrie du poker en général. On peut anticiper une baisse de fréquentation au main event des WSOP, et certaines émissions télé sponsorisées ou circuits de tournois aux USA sont menacés. Plus proche de nous, cependant, on peut pour une fois se féliciter d’être dans un marché régulé. Malgré ses imperfections évidentes et sa fiscalité lourde, le système piloté par l’ARJEL a le mérite de protéger les joueurs. Sur Winamax en particulier, 100% dédié au marché francophone, nous sommes proches du risque zéro. J’ai souri à plusieurs reprises sur les forums de poker cette semaine, en constatant que le populaire photoshop “L’ARJEL m’a tuer” s’est vu remplacé (certes plus ou moins ironiquement) par “L’ARJEL m’a sauver”.

Qui l’aurait cru il y a un an?

Que cela ne change rien, cependant, à nos revendications: les sites de poker et joueurs français restent tournés vers la clause de revoyure de fin 2011. En espérant de l’Etat des conditions de jeu améliorées: une éventuelle ouverture à l’international pour les tournois, un rake moins lourd, plus de variantes… On en parle notamment ici.

En attendant de voir les effets exacts de cette crise étasunienne, dont nous discuterons en détail dans la prochaine émission de Club Poker Radio, mon optimisme sur l’avenir du poker reste intact et mon programme inchangé. The One, EPT San Remo, Winamax Series , Finale EPT Madrid, Finale FPT, finale FPT à l’ACF fin mai, et enfin, Vegas!

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