Archive pour la catégorie ‘Général’

En stage, pas a Tignes.

Dimanche 13 juin 2010

Alors que les WSOP ont commencé depuis maintenant deux semaines, j’ai pour ma part opté pour une préparation dans un endroit plus calme et familier, mais pas dépourvu d’action niveau poker : Marrakech.

Le programme était simple, remise en forme physique avant de partir pour Vegas où je m’entrainerai tous les jours, et de longues séances de poker pour me remettre dans le bain du live et travailler mon endurance. Le choix de Marrakech s’est fait naturellement, c’est un endroit que je connais bien pour ses parties de cash game mais aussi ses séries de tournois toujours ponctuées par un main event a 50,000 dirhams, l’équivalent de 5,000 euros. Les participants y sont toujours issus d’horizons différents, jeunes qualifiés, joueurs locaux ou habitués de cercles parisiens. Bref, un bon entrainement avant les boucheries de Vegas.

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Quoi? L’essence.

Jeudi 10 juin 2010

Je passe ma vie à jouer, et j’ai ce besoin presque vital de m’échapper. D’enfermer dans leur boîte les poussiéreuses pièces de bois et les jetons colorés, et de voir jouer les autres. Cette année j’ai déjà eu l’occasion d’écouter une grande pianiste, Mitsuko Uchida, interprêter le concerto n°4 de Beethoven. ”Ma peau a chaviré”, une expression qui fait souvent sourire mes amis français car il est toujours difficile d’exprimer ce qu’on ressent en présence de la beauté et de la perfection (je rêve maintenant de la voir interpréter Mozart, sa spécialité). Autre parenthèse enchantée, je suis allée voir le Barbier de Séville à l’Opéra Bastille, qui m’a beaucoup surpris par sa mise en scène moderne et dont je chantonne encore les airs.

Hier, je me suis réfugiée à la salle Pleyel, le temple parisien de la musique classique, accompagné par un ManuB très impatient de voir le concerto de Grieg (dont l’interprétation par Valentina Lisitsa est devenue sa berceuse). Nous fûmes surpris de découvrir que le pianiste du soir, Nikolaï Lugansky, est aussi un joueur d’échecs émérite. D’ailleurs, le chef d’orchestre, un jeune norvégien possédé par l’oeuvre, aurait eu sans difficulté sa place à une table de poker à Vegas.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais l’émotion que suscite l’entrée dans une salle de spectacle ressemble à s’y méprendre au début d’un tournoi de poker. Le chaos originel: l’entrée des joueurs ou des spectateurs qui jouent des coudes pour atteindre leur siège, l’entrée des musiciens, la cacophonie quand ils accordent leurs instruments, tout comme les joueurs comptent et recomptent leurs stacks. L’entrée du chef d’orchestre qui salue respectueusement le public et les musiciens avant de faire naître l’harmonie d’un geste ample de sa baguette, tel un tournament director et son “shuffle up and deal”.

Petit à petit, la musique s’empare de moi comme peut le faire le jeu sous l’emprise de la concentration. Plus rien d’autre n’existe. On s’oublie à tel point que la confusion entre spectateurs, musiciens et oeuvre est totale, on devient ce torrent de pensées et d’émotions, comme quand on ressent le “flow” à la table de poker. Même ManuB arrête de twitter!

Je joue, donc je suis. Surtout au poker, après tant d’années de silence réligieux aux échecs, je peux enfin exprimer mes émotions. Une multitude d’Almira fait surface. Mais l’inverse est vrai aussi: quand je joue, quelque part, je cesse d’exister.

Vous avez rien compris? Passons à autre chose! Ce soir, coincée entre Nicoletta, Isabelle Adjani, et non moins célèbre Patrice Laffont, j’ai goûté aux vers exquis de Baffie, “Laurent Baffie est un sale gosse”. Figurez-vous qu’à défaut de cartes, il a parlé beaucoup de sexe, un peu des échecs. Adepte de l’improvisation sur scène, il cherchait une nouvelle proie à châtier. La frayeur m’envahit. Celui qui détourne les yeux se sait condamné.  Nos regards se croisent et je passe le meilleur bluff de ma vie. Plus fort que les verres fumés d’Adjani. Je souris. Ouf. Il passe à quelqu’un d’autre.

Et si jamais vous avez envie d’entendre le chant baroque (ABBA, dans un registre assez éloigné) de ManuB (qui a perdu le last longer contre moi à San Remo), suivez le coverage quotidien des WSOP de Benjo et Harper. Le pari sera honoré bientôt dans un karaoké de Las Vegas.

P.S. La coalescence est un phénomène par lequel deux substances identiques, mais dispersées, ont tendance à se réunir.

C’est parti !…

Mercredi 9 juin 2010

Si vous êtes comme moi, vous guettez les news en provenance de Las Vegas.  Aux WSOP, Nico Levi a montré la voie pour le Team Winamax en se qualifiant pour la table finale du 5000$ shootout ; et sans un bad beat avec J-J contre 8-8, sa belle 5ème place aurait facilement pu se transformer en bracelet. Quoi qu’il en soit, voilà qui est de bon augure pour la suite. Des perfs Winamax, il y en aura d’autres cet été. Et pas seulement à Las Vegas…

Cette année, comme beaucoup d’entre vous, je ne vais pas aux WSOP. Qu’à cela ne tienne, depuis Paris, un thermos à portée de main vu le décalage horaire, je suis toutes les aventures de mes potes du Team, contées par le menu et en direct par le tandem Benjo-Harper avec la verve qu’on leur connaît. Bien sûr, j’aimerais être aux côtés de mes amis là-bas et participer avec eux à la course aux bracelets… Cela m’éviterait de boire autant de café.

Et pourtant je n’ai aucun regret ! Car pour moi et pour tout le staff Winamax, une autre partie, peut-être plus belle encore, se joue ici, en France. Au bout, pas de bracelet mais un enjeu largement aussi excitant: l’ouverture et la réussite du nouveau site winamax.fr. Avoir obtenu un agrément officiel del’ARJEL, c’est déjà comme si on avait passé la bulle…

Maintenant, à nous la victoire ! Et dans ce « nous », il y a évidemment vous tous. Notre défi sera non seulement de rester la communauté N°1 du poker français mais aussi de pouvoir jouer sur le meilleur site de poker du marché. Ouverture oblige, un public plus large, attiré comme nous tous par ce jeu passionnant, va nous rejoindre. Pas question de vous décevoir, pas question de les décevoir non plus. « Pour ce faire », comme dirait mon pote Davidi KitaÏ, Winamax va adopter d’entrée une stratégie plutôt « LAG », en offrant dans ses tournois 100% gratuits, pendant tout le mois de juin, des montagnes de cadeaux. Avec même des voyages pour deux à Las Vegas à gagner TOUTES LES HEURES !

Avec vous, ensemble, nous allons monter un très gros stack ! Certes, des mauvais coups, on en prendra en route. That’s poker. Nos « adversaires » qui eux aussi veulent se distinguer sur le marché français, ne resteront ni tight ni passifs. Peut-être y aura-t-il aussi quelques bugs avec notre nouveau logiciel mais ce n’est même pas sûr… car, croyez-moi, nous avons mis toutes les chances de notre côté et cette plate-forme de jeu sera très rapidement parfaite. Quand viendra l’heure de la t.f. dans les prochains mois, vous ne regretterez pas d’avoir fait partie de l’aventure. Vous pourrez dire : « J’y étais ! ». Et nous, nous serons toujours aussi fiers de partager avec vous un certain esprit du poker. Alors, ne tardez pas : rendez-vous sur Winamax.fr, pour une compétition comme on les aime.

MIK.22

WSOP : Shootout 5,000$ - 1er tour

Samedi 5 juin 2010

Sans chapeau mais avec le sourire

Sans chapeau mais avec le sourire

Le shootout a $5,000 s’annonçait comme un des tournois les plus relevés et prestigieux des WSOP 2010. Et il n’a pas déçu. Ma table de départ comportait notamment Jeff Sarwer, Isaac Haxton, Phil Hellmuth, ou encore Noah Boeken ! J’ai démarré le tournoi sans complexe, je ne vais quand même pas me laisser impressionner, les Sit n Go c’est ma spécialité !

La table a commencé directement avec une agression rare. Ce fut d’ailleurs le leitmotiv de tout ce tournoi. Les joueurs online ultra agro ne sont plus parsemé a une table par ci par là comme il a quelques années, au contraire ils représentent la quasi-totalité du field lors des tournois a gros buy-in de No-Limit Holdem. Ajoutez à cela une structure « Winner Take All » ou seul le gagnant de la table passe au tour suivant, et vous obtenez un cocktail explosif. Tous les pots sont surrelancés au minimum, les continuation-bet ne sont jamais respectés, et des pots de 100 blindes ou personne n’a rien sont monnaies courante…  Lire le reste de cet article »

WSOP : I have a dream

Vendredi 28 mai 2010

« I say to you today, my friends, so even though we face the difficulties of today and tomorrow, I still have a dream. It is a dream deeply rooted in the American dream. » Traduction : « Je vous le dis aujourd’hui, mes amis, bien que nous ayons à faire face aux difficultés d’aujourd’hui et de demain, je fais pourtant un rêve. C’est un rêve profondément ancré dans le rêve américain ».

Cette magnifique phrase du discours de Martin Luther King prononcé en 1963 résonne dans ma tête jour et nuit à mesure que se rapproche la date fatidique de mon départ pour Las Vegas. Oui, mes amis, je dois bien l’avouer : mon aventure annuelle aux World Series of Poker est un rêve… et cette année, je compte bien les transformer en réalité !Prenons un moment pour rêver tous ensemble…

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Back to Cash 5: retour en confiance

Samedi 15 mai 2010

Previously, in Back to Cash: je vous avais laissé aux environs de la 47,000ème main. Alors en plein downswing, je faisais mon possible pour rester confiant et voir l’avenir en rose. Depuis, j’ai relativement peu joué : les tournois live sont venus se placer sur mon chemin, et une chambre d’hôtel avec connexion internet instable n’est pas l’idéal pour grinder.

Voici néanmoins le graph pour les mains que j’ai jouées depuis la dernière fois, toujours en NL400 sur Winamax.


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Stéphane Matheu, coach d’exception

Jeudi 6 mai 2010

Le Team Winamax est fier de vous présenter son nouveau manager : Stéphane Matheu ! Ses tâches au sein de l’équipe la plus titrée du poker français seront multiples : organiser un planning pour les joueurs autour des tournois, gérer leur image, mais aussi les mettre dans les meilleures conditions possibles en les soulageant des aspects stressants d’avant-tournoi, ainsi que mettre en place un programme sportif afin d’optimiser leurs performances.

Ma rencontre avec Stéphane Matheu est assez récente. C’est à Vilamoura, à l’occasion d’une soirée passée en compagnie de Davidi Kitai que nous nous sommes entretenus pour la première fois. L’objet de notre échange : la folle carrière du tennisman Fabrice Santoro. Et croyez-moi, Stéphane est incollable ! Il m’a ainsi rappelé un improbable point sorti de mon esprit, qui s’était conclu par par un lob face à Arnaud Clément il y a de ça… six ans ! Après une heure de discussion, je suis ressorti comme toute personne ayant eu la chance de converser avec Stéphane : conquis.

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C’est une question d’équilibre

Jeudi 6 mai 2010

Je suis dans l’Eurostar pour Londres après une semaine à Monaco et un week-end à Paris. Après l’EPT Snowfest fin mars j’avais décidé de ne pas jouer San Remo pour me laisser un mois sans tournoi live. Pour ne pas me faire étrangler par Davidi je lui ai dit que je ne pouvais pas y aller à cause du nuage de cendre. Ne lui dites surtout pas, mais la vérité c’est que j’avais besoin de prendre du temps, pour régler des problèmes hors poker et pour pouvoir me concentrer plus que quelques jours sur le cash game online. Je ne me souviens plus de la dernière fois où je me suis assis serein derrière mon ordinateur en me disant que je n’avais rien d’autre auquel penser pendant quelques jours que de jouer. Et jouer online à haute limite est exigeant, et je n’ai jamais été au top que lorsque je pouvais m’asseoir sans aucun souci en tête et me dire que je n’avais qu’à me concentrer sur mon jeu.

C’est ce qui fait qu’il est très dur d’être à la fois un pro online et un pro qui joue le circuit des tournois. J’ai malgré tout choisi de faire les deux, parce que l’un ou l’autre seul ne me satisferait pas. Mais c’est aussi infiniment plus dur à gérer que de ne faire que l’un ou l’autre. Par exemple j’ai beaucoup trop souvent joué sur mon ordinateur portable dans une chambre d’hôtel, mal installé et sans avoir assez dormi ou après un long voyage. Le fait de jouer les tournois live a déréglé mon jeu à certaines périodes, et la seule solution pour rester au meilleur niveau dans les deux disciplines me semble être aujourd’hui de me garder de temps en temps des périodes d’environ un mois sans tournoi live.

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Mon EPT San Remo par Jim Jarmusch

Mercredi 21 avril 2010

Day 1

L’arrivée du joueur italien sous les regards des pros avides de sa chair - ici, Jason Mercier et Thomas Bichon. “If looks can kill, I am dead now”.

Une main d’anthologie où le joueur italien effectue le mythique “call pour info”. “What do you have? Nothing!”.
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Mon plus gros bad beat

Lundi 19 avril 2010

J’ai toujours considéré l’EPT San Remo comme le plus beau tournoi de l’année sur le circuit européen, notamment sur les critères suivants :

- Des qualifications toute l’année dans les casinos italiens ;
- Plus de 1,200 joueurs sont attendus, créant un impressionnant prize pool avec plus de un million d’euros pour le vainqueur ;
- Un tiers d’italiens avec, mis à part peut-être Luca Pagano et Dario Minieri, une majorité de qualifiés et de joueurs « amateurs » locaux ;
- Un style de jeu « à l’italienne » qui peut être contrôlé en jouant beaucoup de coups.

Vous l’avez compris : pour RIEN au monde j’étais prêt à manquer ce tournoi. Et pourtant…

Je me suis donc prêté à un petit jeu de calcul d’odds : étant donné mon hypermotivation à jouer ce tournoi, quelles sont les odds pour que je n’y sois pas présent ?

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