Archive pour la catégorie ‘Cash Game Online’

Tourner sa main en bluff à la rivière

Mardi 6 septembre 2011

Vous avez apprécié mon premier blog technique ? Voici le second ! Cette main s’est déroulée sur une table 2€/4€ de Winamax. Le contexte : RGoethals et S4lt1bank sont deux très bons joueurs qui viennent d’arriver à la table et moi-même, ohcaraiboa et jertiann sommes là depuis plus longtemps. Nous avons tous les 3 un tapis supérieur à 700€. Loïc Ohcaraiboa Sa est un excellent joueur : il fait d’ailleurs partie des Local Heroes Winamax. Il a un style de jeu très loose agressif avant le flop. C’est contre lui que je joue la main dont je vais parler aujourd’hui.

***** Hand History for Game 16410161297 ***** (Winamax)
$400.00 USD NL Texas Hold’em
Thursday, August 04, 09:14:15 ET 2011

Table Stara Zagora (Real Money)
Seat 5 is the button

Seat 1 : RGoethals 396.00€
Seat 2 : S4lt1bank 400.00€
Seat 3 : ohcaraiboa 1679.56€
Seat 4 : LocSta 712.50€
Seat 5 : jertiann 1125.84€

RGoethals posts small blind 2.00€, S4lt1bank posts big blind 4.00€
Dealt to LocSta KCœur ACarreau 

Ici, j’ai As-Roi dépareillé. C’est une excellente main avec laquelle il est plus que standard de partir à tapis en cash game avec une profondeur de 100 grosses blindes.

____________________
**
Dealing down cards **

ohcaraiboa relance à 14.00€
LocSta paie 14.00€

Je décide néanmoins de simplement payer et de cacher la valeur de ma main, pour plusieurs raisons que je vous présente :

- Je ne pense pas pouvoir amener ohcaraiboa à partir à tapis avant le flop avec une moins bonne main que la mienne ;
- Je sous représente la valeur de ma main et, de ce fait, je pourrai prendre assez souvent de la value post flop si je touche ;
- J’offre un spot de squeeze aux 3 joueurs à parler derrière moi.

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Rentabiliser une main grâce à l’historique

Vendredi 2 septembre 2011

Plutôt que de vous parler de mes vacances ou des tournois joués récemment, je souhaiterais aujourd’hui aborder avec vous une main jouée online. Et vous expliquer mon processus de réflexion, bien sûr.

Voici le contexte de la première main : il y 1h30 que j’ai commencé ma session en NL400 et alept a rejoint ma table il y a environ 45 minutes. Il est directement à ma droite et est un joueur loose agressif. Il float souvent, 3-bet light, etc. Dès son arrivée, nous nous sommes beaucoup joués : j’ai touché de bonnes cartes et gagné la plupart des coups contre lui lors des quinze premières minutes. Ensuite, j’ai perdu AQ contre T8 en bataille de blindes : je relance à 16€, il me 3-bet à 48€, je 4-bet à 120€ et il fait tapis. Je paie et le tableau est tombé : T62AT. Et je perds ce coup.

Vient ensuite la main dont je souhaiterais vous parler :

***** Hand History for Game 1355469139339 ***** (Winamax)
$400.00 USD NL Texas Hold’em - Wednesday, August 31, 11:27:16 ET 2011

Table Reading (Real Money)
Seat 4 is the button

Seat 1 : LocSta - 721.63€
Seat 2 : alept - 1110.44€
Seat 3 : BENJJJ11 - 271.00€
Seat 4 : Sixcoups - 439.70€
Seat 5 : jertiann - 164.81€

jertiann posts small blind 2.00€, LocSta posts big blind 4€

Dealt to LocSta QPique TPique 

** Dealing down cards **

Ici j’ai Dame-Dix assorti en grosse blinde : une bonne main à jouer en position en bataille de blindes, mais aussi une main qui joue plutôt bien dans les pots à plusieurs.

alept relance à 12€
BENJJJ11 paie 12€
Sixcoups paie 12€
jertiann passe
LocSta paie 8€
__________

Alept relance en début de parole et deux joueurs décident de suivre. Ici, j’ai 2 options : payer ou relancer (squeezer). Je pense que le squeeze n’est pas la meilleure option car d’une part BENJJJ11 est short stack et, de plus, je ne pense pas qu’il me donnera du crédit car c’est alept qui a relancé UTG et qu’il est également le joueur le plus loose à la table. Le spot est donc un peu trop évident pour que l’on me donne du crédit. D’autre part, ma main a une équité trop bonne contre les ranges adverses pour ne pas décider de simplement payer. Je paye, donc.

** Dealing Flop ** TCarreau TTrèfle TCœur 

Je floppe un carré de dix… Ça, c’est fait ! Maintenant la question est : comment le valoriser ?

Sur ce genre de flop, en général, un des trois autres joueurs impliqué dans le coup aura souvent Full. De plus, vu que je n’ai pas squeeze préflop, je n’aurai quasiment jamais mieux que paire de Neufs ici dans leur esprit. Du coup, la meilleure option me parait être un check-raise.

LocSta check
alept mise 33.00€
BENJJJ11 passe
Sixcoups passe

Ici, les deux joueurs auxquels je donnais le plus de crédit sont les deux joueurs à avoir passé. Mon plan de check raise reste-t-il le meilleur ? Comme je vous l’ai dit, alept est un joueur large agressif. Il a donc très souvent loupé ce flop. Néanmoins, du fait qu’il sache que je n’ai jamais mieux que 99 ici et que j’aurais probablement juste payé sa mise avec 99 ou moins bien pour le laisser bluffer dans la suite du coup, je ne représente pas grand chose en check-raisant. De ce fait, je m’attends à ce qu’il call mon check-raise avec toute sa range ou presque dans le but de me bluffer dans la suite du coup (il aura souvent deux cartes supérieures au 8 pour avoir une certaine équité au cas où j’ai décidé de check raise mes pocket paires sur ce flop).

LocSta relance à 85.00€
alept paie 52.00€

__________

** Dealing Turn ** 8Cœur 

Ici, je me dois de miser une deuxième fois car faire autre chose que miser montrerait trop de force. En effet, si j’étais en plein bluff, je ferais rarement autre chose que de miser ce turn.

LocStamise 148.00€
alept paie 148.00€

__________

** Dealing River ** JCarreau 

La rivière est une très bonne carte. En effet, elle lui a assez souvent donné Full car, comme je vous l’ai dit, il a souvent des broadways en main. Le problème est qu’il n’a pas tout le temps une main qui va lui permettre de payer mon tapis : est-il donc préférable de checker puis payer son tapis, ou de faire tapis nous-même ?

En dehors des broadways, il va assez souvent avoir de la showdown value (des mains avec lesquelles il battra les bluffs mais des mains non suffisantes pour miser et espérer être payé par moins bien) avec des pockets pairs inférieures au 8 qu’il va checker derrière moi. Si je décide de checker cette river, il a également parfois une hauteur As et donc un bluff catcher. Du coup, je pense qu’il est préférable de faire tapis en espérant qu’il ait Full ou qu’il Hero Call avec hauteur As ou ses pockets paires.

LocSta mise 476.63€
alept paie 476.63€

alept montre QCarreau JTrèfle 
LocSta mise QPique TPique 

LocSta remporte 1466.26€

Mon défi : les résultats

Lundi 29 août 2011

Nous sommes au-dessus de Deauville quand le signal « Fasten your seat belt » s’éteint enfin, m’autorisant à me lever pour attraper mon Mac. Je profite de ce court vol vers Barcelone, coup d’envoi de la saison 2011/2012, pour revenir sur le petit challenge qui aura fait mon quotidien ces derniers jours.

De retour de vacances lundi dernier, je découvre avoir laissé à peine 4000€ sur mon compte Winamax.fr, une somme trop faible pour me permettre de jouer aux limites auxquelles j’évolue habituellement. Le problème est que je me suis toujours fixé comme règle de ne plus déposer sur un site de poker en ligne, une bonne gestion de bankroll devant m’en prévenir. Je suis donc face à un challenge personnel : remonter une bankroll confortable à partir de ce “petit” capital en évitant bien évidemment de tout perdre.

D’un autre côté, je sais que l’EPT Barcelone arrive à grands pas et un peu de poker intensif pourrait me faire du bien avant la reprise. Techniquement bien entendu, mais aussi mentalement pour gonfler mon capital confiance et travailler sur mon endurance. Et puis c’est une bonne occasion de faire des vidéos à des limites plus faibles pour les partager et en discuter sur le forum Wam-Poker avec vous.

J’ai donc eu l’idée d’un petit challenge public que vous avez pu suivre sur le Forum, sur Twitter et ma page Facebook, défi qui a touché à sa fin vendredi dernier. Je vais donc faire un petit compte rendu et procéder aux comptes ainsi qu’à la remise du prix : deux heures de coaching personnel.

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J’accorde ma basse

Vendredi 19 août 2011

On ne va pas ressortir chaque année les mêmes clichés sur les nouveaux cartables, trousses, cahiers à spirales à grand carreaux et taille-crayons. Rentrons directement dans le vif du sujet : à partir du 26 août, la machine repart pour un tour. Première escale : Barcelone et son étape European Poker Tour.

Mais avant, petit retour en arrière sur les championnats du monde et les vacances qui ont suivi.

Pas un très bon cru, ces World Series of Poker 2011… J’ai joué une dizaine de tournois, pour au final une seule place payée, dans le gros tournoi de Pot Limit Omaha à 10,000 dollars. J’étais assez déçu. Plus par les résultats que par la façon dont les choses se sont déroulées. Depuis le début de l’année, trois tournois sont sortis du lot : Deauville, San Remo, et donc ce tournoi de PLO à Vegas. A chaque fois, j’ai été loin mais j’ai perdu ce petit coup crucial qui peut remettre en selle et emmener vers la finale, ou mieux. Enfin, quand je dis « ce petit coup », disons « ce premier petit coup », celui qui permet de se hisser vers les cieux. Parce qu’après, il en faut encore de la réussite pour gagner un tournoi de poker… ça, je ne vous l’apprends pas.

Le point positif de ces six derniers mois : j’ai appris à m’ouvrir, à discuter avec des gens comme Pier Gauthier et Stéphane Matheu, qui sont là pour aider au quotidien les joueurs du Team Winamax. J’ai fini par intégrer qu’il n’y avait pas de honte à avoir des points faibles, et encore moins à les partager, c’est même le meilleur moyen de les corriger, surtout quand on travaille avec des personnes aussi compétentes et intéressantes. Donc voilà, ces six derniers mois ont fait de moi quelqu’un de plus fort et malgré le manque de résultats je ne regrette absolument rien… Pas même cette brésilienne de 23 ans rencontrée à Las Vegas et qui s’est avérée être une colombienne de 37 ans avec trois enfants. Mais ne nous égarons pas.

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Back in the game… The real game !

Jeudi 20 janvier 2011

C’est un résultat en tournoi qui m’a fait connaître, mais c’est bien par le cash-game que j’ai fait mes débuts au poker. Avant d’être sponsorisé, j’avais peut-être joué entre 200 et 300 tournois sur Internet, pas plus. Trois ans plus tard, je n’ai sans doute pas dépassé le chiffre de mille.

C’est donc en cash-game que j’ai progressé et construit ma bankroll. Depuis les plus basses limites jusqu’en 10$/20$, avec même quelques tentatives en 50$/100$. A cette époque (2007), je jouais parfois jusqu’à 80,000 mains par mois. Je travaillais énormément mon jeu, et je donnais régulièrement des cours à des joueurs de moyennes limites. Bref, j’étais un bon joueur de cash-game.

Ont suivi trois années à jouer des tournois live, durant lesquelles j’ai complètement délaissé les parties d’argent… L’explication est simple : je me suis concentré sur le circuit live, où les enjeux sont différents, et j’en suis arrivé à passer moins de temps devant mon ordi, et plus à faire la fête, ou tout simplement traîner avec mes amis. Ceci dit, il y a un an, j’ai tout de même tâté à nouveau du cash-game, via le Pot Limit Omaha, une variante que j’avais envie d’apprendre.

Six mois après ma dernière place payée, aux WSOP, les choses sont différentes. J’ai investi un peu de mes gains en tournoi, et dilapidé le reste dans d’innombrables sorties, voyages et abus de toutes sortes. Et c’est ainsi que je me retrouve dans une situation précaire. J’ai un loyer à payer, des voyages en prévision, et bien entendu des besoins en alcool à satisfaire. Cela coûte cher.

J’ai donc décidé de me remettre au cash-game en ligne, en sachant pertinemment que cela n’allait pas être facile. J’ai donc mis mon ego de côté, et regardé avec humilité les vidéos réalisées par certains de mes anciens élèves sur différents sites de coaching. J’ai écouté, et appris. Et début novembre, je me suis lancé en 2€/4€ sur Winamax.

Premier constat, évident : le niveau est bien plus élevé qu’il y a trois ans. Second constat : j’ai beaucoup plus de mal à multitabler qu’auparavant, vu qu’il me faut du temps pour réfléchir à chaque situation - je ne connais ni mes adversaires, ni les tendances actuelles ! Il m’a donc fallu “payer” pour apprendre.

En trois mois, j’ai joué un peu plus de 60 000 mains. C’est faible, mais il faut prendre en compte les fêtes de fin d’années, mes difficultés suscitées à jouer plusieurs tables, le temps nécessaire pour réviser mon jeu et apprendre, ainsi que, bien sur, les voyages et les sorties (ben oui). Mais je peux dire aujourd’hui que je me sens à l’aise à nouveau en cash-game No Limit, et je me suis même fixé quelques objectifs sur l’année.

Je vois d’ici les nombreux regulars se lécher les babines : rendez-vous est donné toute l’année autour des tables de Winamax (pseudo : Sir Cuts). En NL400 pour le moment, mais plus haut je l’espère, et très rapidement !

Bonne année et bonnes résolutions!

Mardi 4 janvier 2011

Tous mes vœux pour cette nouvelle année. J’étais content de souffler un peu fin décembre apres une bonne saison bien remplie. Avec le mois de janvier, voici les traditionelles résolutions de la nouvelle année. Voici les miennes en ce qui concerne le Poker en général :

- Tu ne sous-estimeras point tes adversaires
- Tu ne sur-estimeras point tes adversaires !
- Une bonne préparation tu suivras toute l’année
- Tu seras confiant et humble : venu pour gagner, mais préparé à la défaite
- Tu observeras les joueurs dans leur moindres détails à tout moment
- Tu tourneras sept fois ta langue dans ta bouche avant de faire un hero call/bluff/thin valuepush (rayer les mentions inutiles)

Et pour ce qui concerne le cash game :

- Tu écourteras les sessions perdantes
- Tu choisiras bien tes tables

Tout un programme ! Pour commencer dans de bonnes conditions, j’ai à peu pres vidé le calendrier de tournois en janvier afin de « grinder » tout les jours de chez moi. Un petit défi personnel sera de me remettre au cash game sur Winamax. J’ai eu très peu l’occasion de pratiquer la discipline en ligne en 2010 et ça me manque. En plus, garder la main et être dans une dynamique de confiance (si tout va bien !) est toujours bénéfique pour le cÅ“ur de mon metier : perfer lors des tournois du circuit.

Je compte aussi beaucoup travailler en lisant les derniers livres publiés et discuter de coups joués par moi ou par d’autres , et vous faire partager un peu cette dynamique en postant de nombreuses réflexions ici même tout au long du mois, histoire de faire part des concepts que je trouve intéréssants. De nouvelles vidéos de coaching sont également prêtes et je pense qu’elles plairont aux joueurs de tournois car elles changent un peu de format et vont assez loin dans la reflexion.

En attendant, bonne chance aux tables et bonnes résolutions à tous !

S04 E01

Lundi 11 octobre 2010

Je trouve enfin le temps de vous écrire… Il faut dire que le début de ma quatrième saison chez Winamax a été des plus intenses. J’ai enchaîné coup sur coup l’EPT de Vilamoura, le PPT à Cannes, les WSOP-Europe et l’EPT de Londres sans trop m’en rendre compte. Le tout entrecoupé d’intenses sessions en ligne, tournois et cash-games mélangés. La raison de ce regain d’intêret pour le poker online malgré un planning live chargé ? Mon manque de rigueur lors des deux premiers tournois de la saison.

Je n’ai effectivement pas aimé mon niveau de jeu à Vilamoura, et je n’ai pas joué assez longtemps à Cannes pour me sentir dans le « rythme » d’un tournoi majeur. Je suis donc retourné faire mes gammes sur le nouveau site Winamax.fr, que j’affectionne de plus en plus, surtout ce petit bouton « copier la hand history » qui me permet de partager et discuter un coup avec mes acolytes du Team en un seul clic.

J’ai ensuite joué les WSOP Europe. Pour la première fois, j’étais à domicile pour disputer une grosse épreuve. Cette année, j’avais opté pour un programme plus chargé que lors de l’édition 2009, avec trois tournois préliminaires, et le Main Event.

L’épreuve de Short-Handed aura duré trois heures pour moi. Un peu trop de prise de risque de ma part… Sur le Pot-Limit Omaha, j’ai assez bien joué - sauf vers la fin, en me faisant sortir par Jeff Lisandro, qui allait finalement remporter le tournoi, et son cinquième bracelet.

Ensuite, le tournoi de tête à tête. Au premier tour, j’affronte un joueur scandinave assez bon mais contre qui je vais rapidement prendre l’avantage en jetons, ce qui va me servir pour lui mettre une grosse pression. Le canadien Greg Mueller est mon second adversaire. Un joueur très respecté en Limit Hold’em, mais faible en No Limit : j’ai touché beaucoup de jeu, il n’a eu aucune chance.

Troisième tour : je fais face à Kevin Eyster. Un excellent joueur de tournoi : je savais à quoi m’attendre, mais fut tout de même surpris par son style, très proche du mien que ce soit avant ou après le flop. Il a pris l’avantage le premier lors d’un gros coup où j’ai tenté un « move » à forte variante - chose que je ne fais jamais d’ordinaire dans les Sit-N-Go Heads-Up, mais je suppose que mes tendances à vouloir jouer « créatif » comme en cash-game prennent parfois le dessus en tournoi.

Enfin, le Main Event… Epreuve magnifique tant par sa structure que ses participants. J’ai joué un poker de haute voltige (selon l’expression consacrée) pendant deux jours - je pense vraiment avoir montré le meilleur de ce que j’étais capable. Bien entendu, j’ai eu de la réussite, mais j’aurais mérité d’aller plus loin.

La dernière main est assez particulière. Je tente un gros, gros move. Avec Dame-4 à pique, je sur-relance depuis le cut-off un joueur solide possédant un gros tapis. Il me paie, puis check/raise sur un flop Roi-8-4. Il possède Roi-10, et avait soi disant prévu de payer mon 3-bet à tapis avec cette main. Il a tout de même réfléchi avant de payer ce 3-bet. Quoi qu’il en soit, je pense que sa décision est très mauvaise dans le cadre d’un MTT. Je parle en connaissance de cause, car ce genre de prise de risques contre des joueurs agressifs m’a couté tellement cher dans le passé : lors d’un gros coup, même le joueur le plus « déglingo » aura la plupart du temps un gros jeu. Peu importe, il a bien joué ce coup, et a mérité d’aller loin.

Je quitte le casino Empire un peu déçu. Direction le Hilton, pour l’étape londonienne de l’European Poker Tour. Rien de particulier à raconter au sujet de cette épreuve… Vous avez déjà lu la plupart des mains dans le reportage de Benjo et Harper. J’ai perdu le gros de mon tapis au cours de confrontations normales, avant de me faire éliminer sur un coup semi-standard sur lequel je reviendrai sur les forums de Wam-Poker, histoire d’en discuter un peu avec vous.

La première salve de tournois est passée, et je n’ai toujours pas ouvert le compteur de places payées. Je ne me fais pas trop de soucis. A la fin du mois, je serai à Vienne pour le grand retour de l’EPT dans la capitale autrichienne, et compte bien jouer à mon meilleur niveau.

Parcours de la Combattante: Le Retour

Mercredi 6 octobre 2010

“On a coutume de dire que la vie est dure. Moi, j’me bats pour le futur. Quelle aventure! ” .

Je suis revenue de Londres avec cette chanson dans la tête. Curieux ce que mon âme russe fait ressortir dans les moments de grande tristesse. Ces vers de Menelik ont adouci les journées qui ont suivi mon élimination à la bulle du main event WSOPE. Même si pour une fois, j’ai été couronnée du titre honorifique de “Last Woman Standing” et poursuivie par ESPN.

“…Moi, j’me bats pour le futur…”

Les trois bulles majeures de cette année (San Remo, WPT Paris et maintenant Londres) m’ont permis de comprendre des choses essentielles sur ma gestion des tournois et la façon dont je réagis dans les situations de stress extrême. J’en tire une leçon d’une grande importance qui me permettra peut-être de faire un travail sur moi-même avec l’aide de notre nouveau coach mental Pier Gauthier.

Revenons au sujet de la dernière fois. Je suis contente que cette main ait suscitée un si grand nombre de commentaires. Merci à tous!

Comme vous je ne connaissais pas la fin de l’histoire, j’ai réfléchi à cette main et voici mon analyse.

La range d’un joueur LAG est très large preflop. Sa range de check/raise sur ce genre de board comprend à mon sens diverses parties:
- des mains faites fortes (22, 66, T6s) - TT, 62 et T2 sont plus rares dans cette situation.
- un tirage couleur ou combo draw (toutes les combinaisons possibles à l’exception de celles comportant la QCœur  évidemment) comme 6Cœur 7Cœur  et autres.
- une gutshot (54, 34, 78, 98, 79…)
- un petit pourcentage de bluffs complets

Notre paire de dames est évidemment grande favorite à ce stade. On pourrait sur-relancer mais ça risque de tuer l’action sauf si nous sommes battus ou dans une situation de coin flip. Payer pour joeur contre toute la range adverse me paraît plus judicieux.

Au turn, je trouve le check de l’adversaire étrange. Avec cette profondeur, on peut imaginer qu’il ait envie de construire un gros pot avec une bonne main faite ou un gros tirage. Quand il check, on imagine donc qu’il veut soit check/raise à nouveau, soit qu’il abandonne un bluff complet, soit qu’il possède désormais une main à showdown value et décide de contrôler le pot. Quand il check/call, cela oriente pour moi très clairement sa range vers cette dernière option: une main faite faible avec néanmoins le potentiel de battre ce que nous représentons (Tx+, JJ+) ou un bluff de notre part.

A la river, son gros bet (quasiment la taille du pot) est donc légèrement incohérent avec ses actions précédentes. Il essaie de représenter la couleur, mais je pense qu’il aurait continué son semi-bluff au turn avec un bon tirage ou combo-draw (ou choisi un check/raise) et n’aurait pas choisi l’option plus passive du check/call. La question de l’historique récent se pose cependant: ce joueur vient juste d’essayer de nous faire un gros bluff, est-il suffisamment agressif pour en retenter un autre malgré son image déteriorée?

En pesant le pour et le contre, je me dirige donc plus vers un call (de toute façon je n’ai jamais passé une paire de ma vie! :) ).

Résultat: notre adversaire avait 7Trèfle 8Carreau .

Félicitations à guetali pour son processus de réflexion.
A bientôt pour un nouvel exercice!
 
 

 

 

 

Parcours de la Combattante

Mardi 21 septembre 2010

Ces derniers temps, j’ai été confrontée à des situations difficiles dans mes tournois de poker. Il arrive toujours un moment où je dois faire face à une prise de décision très complexe, et c’est là que je réalise que je manque d’expérience. Les automatismes que j’ai développés pendant vingt ans de pratique intensive des échecs ne sont pas encore tout à fait en place au poker.  Mes adversaires sur les tapis verts ont derrière eux des années de compétition et des millions de mains d’expérience. Quand à moi, je suis souvent obligée d’analyser l’intégralité de l’action, car je n’ai pas encore ce réservoir de connaissance dans lequel puiser pour parfaire mes décisions. Le souvenir d’une main en particulier me hante encore aujourd’hui, quand Eric Haik m’a bluffée à la bulle du WPT Paris sur un board avec quatre piques. J’ai failli payer avec top paire sans pique, mais j’étais tellement envahie par le doute que je n’ai pas pu m’y résoudre.

Le poker prenant une place de plus en plus importante dans ma vie, il est vital pour moi désormais de combler ce retard. Après une discussion avec ManuB, j’ai compris que je ne pouvais pas me contenter de jouer douze tournois live par an accompagné d’un petit volume de tournois online. J’ai commencé petit à petit mon apprentissage du cash game online (NL200 sur Winamax), ainsi que du heads up, afin de multiplier les cas de figures et d’améliorer ma compréhension du jeu.

J’ai aussi le privilège de pouvoir observer les sessions de cash game de mes amis joueurs en high stakes. Un peu comme une vidéo de coaching, mais en direct! Je discute aussi longuement des mains jouées pour comprendre leur processus de réflexion avec de telles contraintes de temps. J’ai récemment débattu d’une main très intéressante que je livre ici à votre réflexion.

Nous sommes à une table de 15/30 NLHE online en shorthanded. Les tapis sont assez profonds, 150bb effectifs. Il ne reste que trois joueurs à table, elle va bientôt casser et il s’agit donc d’une des dernières mains de la session.

Seat 1: Bouton ($4,761.21)
Seat 2: Petite blinde ($5,034.49)
Seat 5: Grosse blinde ($6,336.37)

Nous sommes au bouton avec QPique QCœur  et ouvrons à $90. La petite blinde passe et la grosse blinde, un joueur loose agressif (il a tenté un 3-barrel bluff quelques mains auparavant contre nous), se contente de suivre.

Flop: TCœur 2Cœur 6Pique 

Ce très bon flop nous donne une overpaire et une backdoor flush. L’adversaire checke, et nous misons $120. Le BB nous check/raise à $360. Nous suivons.

Turn: 8Trèfle 

L’adversaire checke. Nous misons $550, il suit.

River: 5Cœur 

Le BB mise $1770 dans un pot de $1865!

La décision est maintenant entre vos mains. Que faites-vous et pourquoi? J’attends vos réponses dans les commentaires et je posterai le dénouement et mon analyse dans quelques jours.

Je traverse la Manche dès demain pour jouer le plus fort tournoi de ma vie (le main event des WSOPE) avant d’enchaîner sur l’EPT Londres.

Player is on tilt

Mercredi 7 avril 2010

Cela fait quelques mois que j’éprouve les plus grandes difficulté à gagner sur Winamax… Il est temps de faire le bilan, histoire d’essayer de comprendre les raisons de cet échec. Le début des ennuis remonte à mon intégration dans le Team, en octobre dernier. A ce moment commençait un bad-run qui allait durer 30,000 mains et durant lequel j’allais perdre 35,000$ en espérance de gain (cette somme correspondant donc à la différence entre mon résultat réel et le résultat espéré si les probabilités avaient été respectées). Cette mauvaise passe, couplée à une sélection de table inexistante et un niveau de jeu en baisse, est venue noircir des résultats plutôt correct en tournoi.

Ainsi, j’avais succombé au fameux syndrome du Team Winamax… Un syndrome qui, avant mon intégration, m’avait toujours fait sourire quand j’entendais mes camarades en parler. Avant que j’en devienne moi-même la victime ! Ce syndrome, on peut le définir très simplement en deux temps : « live donkament boomswitch », puis « online cash-game doomswitch ». Traduction : quand on entre dans le Team Winamax, on « chatte » tout de suite en tournoi live, avant de subir un très violent coup de mou en cash-game.

Cela s’est parfaitement illustré pour moi. J’ai connu la victoire à Evian dès mon second tournoi live aux couleurs du Team. Dans le même temps, j’ai connu autant de sessions négatives en quatre mois que je n’en avais connu durant les deux années précédentes…

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