Bilan mi-WSOP : 7 tournois, 1 ITM
Samedi 19 juin 2010Après vingt-deux jours de compétition, place à un premier bilan. Classons les tournois que j’ai joué en deux catégories : les donkaments et les tournois sharks.
Après vingt-deux jours de compétition, place à un premier bilan. Classons les tournois que j’ai joué en deux catégories : les donkaments et les tournois sharks.
Après un très bon départ au Day 1, je me retrouvé éliminé à vingt places de l’argent à l’Event #13 des World Series of Poker 2010… Ce qui compte au poker, c’est le résultat ! Qu’est-ce que ce jeu peut être cruel. J’ai maitrisé mon sujet pendant une journée entière, et ai commis une unique « erreur » au moment crucial du tournoi. Et voilà , sorti. Tout ce travail est remis au néant. L’important, c’est d’en ressortir avec une leçon qui va me permettre d’avancer. Ne revenons pas sur mon Day 1 : ce fut un gâchis de skill et de chatte. =)
Day 2, donc. Nous ne sommes plus qu’Ã cent places de l’argent.
Je vous avoue être un peu dégoûté de l’issue de mon tournoi shootout, une formule que j’affectionne tout particulièrement… Le concept de ce tournoi est simple : il faut terminer premier de sa table de dix joueurs pour accéder au second tour et ainsi être ITM. Ensuite, il faut battre une table de six joueurs pour atteindre la table finale. Autant dire qu’en gagnant le premier match, le bracelet n’est plus très loin…
L’an passé, j’ai réussi à accéder au deuxième tour avant de perdre en heads up contre le futur gagnant du tournoi : Peter Traply. Je me retrouve à une table très forte, avec Barry Greenstein Et Dario Minieri en guest star, mais aussi plusieurs jeunes joueurs online très dangereux dont un certain « Jorj95 », spécialiste en SNG high stakes.
De nombreux joueurs abordent ce tournoi comme un MTT normal, alors qu’à mon sens il faut le jouer comme un Sit and Go en sachant prendre des risques au moment opportun, étant donné qu’il n’y a qu’un seul vainqueur ! Dans cette optique, j’ai joué très peu de mains durant les deux premiers niveaux… Très concentré, j’observe les moindres détails des joueurs à ma table.
Je n’ai pas pris le meilleur départ possible dans ces World Series of Poker… Il faut dire que la structure de ce premier event n’était pas franchement géniale pour un tournoi live. Qui plus est quand 4,000 joueurs sont au départ ! En d’autres termes, on peut qualifier le tournoi comme un crapshot, un donkament ou une boucherie, je vous laisse choisir ! Point positif : le field, relativement faible grâce à un buy-in abordable (1,000$). Beaucoup de joueurs disputaient ici leur premier tournoi live, et cela s’est ressenti dans leur façon d’aborder la partie : ils étaient angoissés et anxieux. Pour la plupart, ce sont des pensionnaires du fin fond de l’Amérique venus tenter leur chance : ils sont très passifs et absolument pas dangereux.
J’ai rapidement perdu la moitié de mon tapis. Voici la description de la main par nos reporters :
« Davidi Kitai a eu un peu moins de réussite. Jugez plutôt. En début de parole, le belge trouve Valet-Huit et décide de faire une mini-relance : quatre joueurs le paient. Le flop est 8
8
5
(standard). Un premier joueur donke alors pour 325, la taille du pot : « je suis dans un vrai rêve à ce moment-là  » confiera plus tard Davidi. Il se contente de payer et un autre joueur fait de même. Le tournant est un 2
: nouvelle attaque de la blinde pour 800. Davidi hésite un long moment afin de déguiser sa main puis paie. Le troisième larron fait de même.
Prêts à voir la rivière, messieurs dames ? C’est un T
: la blinde envoie une dernière salve, pour 750, et Davidi paie. C’est alors que le troisième pousse son tapis ! La blinde paie et Davidi est contraint de passer. Regardez à quel point la rivière est cruelle : elle a apporté une couleur à la blinde qui possède 7
5
et un full au troisième, qui retourne Dix-Huit ! Ce pot laisse Kitbul derrière un maigre tapis de 1,500. ».
Autant dire que cette rivière fut horrible, non seulement pour les 1,500 jetons perdus mais aussi pour le manque à gagner. En effet, sur une autre rivière, j’aurais pu prendre un maximum de value contre le « troisième larron », celui qui possédait un 8 moins bien kické que le mien. Toujours est-il que je parviens à doubler quelques mains plus tard avec 55 contre K8 sur un flop K65. C’est alors qu’on me change de table : la nouvelle est passive et j’en profite pour min-relancer à 200 sur des blindes 50/100 et faire des continuation-bet sur tous les flops.
Je remporte quatre coups d’affilée avec cette stratégie plutôt simple. Cinquième main : je reçois une paire de dames. Est-ce un rush ? Suis-je rentré dans la ”zone” ? Mon image n’est pas top : je sens que je vais être payé ! Suite à un limp pour 100, je relance à 350 depuis le cut-off. Le limper paie et le flop est A
5
6
: je c-bet pour 250 et il me paie. Le tournant est un dix : on checke tous les deux. Enfin, la rivière arrive : un autre dix. Il mise 550 et je ne peux m’abstenir de payer en espérant qu’il soit sur un des nombreux tirages du flop. C’est raté : il me montre A4.
La main suivante, je reçois une paire de dix et relance à 200. Le bouton me fait 650 et vu mon image et mon maigre tapis de vingt blindes, je décide d’envoyer tapis. Il snap call avec KK et c’est la fin de ce premier event au troisième niveau… Je n’ai pas de regrets : c’est un tournoi qui ressemble aux nombreux MTTs online où on n’a pas le droit de perdre trop de coups. Une mauvaise rencontre peut être fatale et là … j’en ai pris trois !
Mon prochain tournoi a lieu mardi pour l’Event #6 : le shootout à 5,000$ où j’avais atteint une place payée l’an dernier. Pour se faire, il faut éliminer les neufs joueurs de sa première table… En gros : gagner un sit and go ! Comme promis, je ferais un compte-rendu à la fin de chaque tournoi, en espérant faire une table finale histoire de vous raconter des choses un peu plus passionnantes que des mauvaises rencontres…
COAD
Â
Je rentre tout juste de Monaco où je viens de finir à une très belle 51e place, sur plus de 800 joueurs inscrits. C’est mon 4e cash EPT cette saison et la deuxième fois que je suis chip leader d’un EPT en 2010 (titre honorifique idiot, oui, je sais).
Je suis très satisfait de mon tournoi pour plusieurs raisons, notamment parce que j’ai joué concentré du début à la fin, ce qui n’est pas toujours le cas ! Bien dans mon match et bien dans ma tête, j’ai géré ma barque comme il fallait, et j’emmagasine de la confiance avant le WPT Paris et le marathon des WSOP à Las Vegas. La table finale m’échappe ces derniers temps, mais quand je vois à quelle fréquence les opportunités se représentent encore et encore, je suis très optimiste !
Du point de vue du jeu, j’ai eu beaucoup de rencontres favorables, et j’ai surfé avec un gros tapis la majeure partie du tournoi, du coup j’ai joué très large contre un field difficile, et il y a eu beaucoup de coups intéressants et compliqués. Lire le reste de cet article »
La main dont je vais vous parler s’est déroulée au Main Event de l’Evian Poker Open en novembre dernier. C’est la cinquième heure de jeu sur ma table et je suis opposé sur ce coup à la championne canadienne Isabelle Mercier.
La situation : Au début du coup, je possède 20,000, le tapis de départ. Les blindes sont à 150/300 et je trouve A
Q
en milieu de parole : j’opte pour une relance à 800. Isabelle Mercier paye au bouton avec 40,000 de tapis.
Le flop vient Q
9
7
 : je place un continuation-bet à 1,200 et elle paye assez rapidement.
Sur le tournant, un 3
, je second-barrel 3,300 dans un pot de 4,000 : de nouveau, elle paye instantanément !
La rivière est un 4
qui ne complète rien.
Il me reste environ 15,000 et le pot fait déjà 10,000. A ce moment du coup, je suis persuadé que je possède la meilleure main. Le but est donc d’extraire le maximum de value. De nombreuses options sont possibles, reste à trouver laquelle m’apportera le meilleur profit. A posteriori, j’ai longuement repensé à cette main. Et comme souvent quand une situation me pose problème, je suis allé demander les avis de quelques membres du team Winamax.
Je me suis décidé assez tard à jouer l’EPT de Berlin. Finalement j’y ai bien été, et plutôt 3 fois qu’une… j’ai pris 6 vols pour aller jouer ce tournoi. Un aller retour Londres Berlin d’abord, un aller retour Paris Berlin ensuite, un vol Berlin Genève quand un week-end ski s’est proposé à la dernière minute, un autre avion pour Genève lorsque j’ai raté celui que j’avais réservé, étant toujours dans le tournoi au jour 3. Bref, j’y étais.
Et je ne regrette pas. Je sais maintenant que « «Ich liebe die Deutsche“ (j’aime les allemands). Notre amour est né très vite. Juste après que le taxi m’ait déposé au Ritz à Berlin, et que je sois monté dans ma chambre, je me suis rendu compte que j’avais oublié mes 2 téléphones dans le taxi (un anglais et un français). Tilt instantané. Je fais toujours attention à ne pas les oublier, et pour l’instant j’avais toujours eu plus de réussite qu’Antony Lellouche, rendu célèbre (en partie) pour le nombre de téléphones qu’il a pu perdre dans sa vie. Novice en la matière, j’avais une tonne de données à l’intérieur dont certaines auxquelles je tiens beaucoup.
S’il y a bien une chose que je dois au poker français, c’est de m’avoir accueilli à bras ouverts. D’ailleurs, me retrouver dans la catégorie « France » dans les chipcount de Pokernews ne m’étonne plus !
Bon, il est vrai que je ne figure pas encore dans le classement Live Poker… Mais tant mieux après tout : mieux vaut être numéro un belge que dixième français ! Je connais personnellement presque tous les réguliers français du circuit, et force est de constater que j’apprécie tout le monde (sauf un ! comme dirait mon ami Vikash).
Au-delà de l’amitié, j’avoue bien aimer jouer contre les français. Je fréquente depuis longtemps les cercles parisiens et participe à tous les tournois de l’hexagone possible, et cela depuis quelques années. Les joueurs qu’on y trouve sont à classer dans deux catégories :
- Les réguliers de l’Aviation Club de France, qui adoptent une stratégie de l’ancienne école, dans un esprit de protection très important, quitte à perdre énormément de value ;
- Les jeunes venus du jeu en ligne, qui protègent très peu leurs mains, quitte à se faire outplayed en jouant small ball et en induced bluff un maximum.
Dans les deux cas, il existe de bons joueurs, même si « l’école des jeunes » regorge de plus de talent selon moi. En prévision de l’EPT Deauville, du FPT Winamax et des EFOP, il me fallait pouvoir exploiter au maximum toutes ces faiblesses qui rendent les tournois du circuit français si attractif.
Je parle ici d’une petite partie de joueurs dits « old-school » qui n’ont pas réussi à s’adapter à l’évolution naturelle du poker. Il faut être honnête : les mauvais joueurs se font de plus en plus rares, et le fish n’a qu’une vie… Il faut donc en profiter avant qu’un autre ne s’en charge.
Une fois repéré, il faut encore réussir à l’attraper. C’est en quelque sorte un art de se faire livrer : Elky ou Ludo sont des spécialistes du métagame qui consiste à créer un faux historique afin de provoquer une grossière erreur chez leur adversaire et d’accumuler des jetons sans souffrir.
Je vais me focaliser sur quatre types de joueurs qu’on retrouve sur le circuit français, en illustrant leurs défauts à l’aide des mains que j’ai disputé durant le dernier mois.
Mesdames et messieurs, je vous présente M. Marrakech, M. Toutpourpapa, M. Ego et M. Jesuisobligédepayer !
La victoire en tournoi est l’accomplissement suprême de tout joueur de poker. C’est le seul résultat qui ne laisse place à aucune frustration et qui procure cet état euphorisant du devoir accompli. Ce sentiment est cependant beaucoup trop rare, c’est presque toujours la frustration qui prédomine dans la vie du joueur de poker pro. Une raison de plus pour pleinement profiter quand la réussite vient vous sourire… jusqu’au bout ! C’est justement ce que j’ai pu connaitre au bord du lac d’Evian, pour ce qui était mon deuxième tournoi en tant que membre du Team Winamax. Un souvenir inoubliable : ma première victoire sur un tournoi majeur ! Très longue à se dessiner, elle s’est obtenue dans la douleur après une deuxième journée marathon de plus de 18 heures…