C’était pas du gâteau…


La période des fêtes de fin de l’année me fait souvent voyager dans le temps et explorer les souvenirs de mon enfance. Tout au long du mois de décembre Paris fait défiler ses plus belles tenues de soirée, et en me promenant dans la ville de lumières j’aime beaucoup observer la rue, son effervescence, la fougue des passants vers une nouvelle année où tous les espoirs sont permis et je me souviens…

Almira Skripchenko en 1989

Almira Skripchenko

Réveillon de 1988, j’ai 12 ans et c’est la première fois que je suis sélectionnée pour représenter la Moldavie dans un tournoi qui rassemble les meilleures équipes de l’Union Soviétique à Moscou.

Je me souviens d’une ribambelle d’enfants au pied du train, le lendemain de cette grande fête qui réunissait toute la famille et ses amis autour d’une table remplie de plats traditionnels et exquis à perte de vue. Impossible de goûter à tous ces petits plats à moins que vous ne soyez un personnage de conte pour enfants très peu soucieux de votre taille de guêpe. Le plus souvent on s’adonnait à la tâche de terminer ce festin toute la semaine qui suivait.

Le voyage Kichinev - Moscou durait 28 heures et chaque enfant avait un petit sac avec ses vêtements, un échiquier et quelques livres. Et, malgré nos espoirs de jeûne, un autre sac, contenant quelques kilos de nourriture soigneusement préparée par sa maman à l’apogée de son art culinaire.

10 enfants, 2 entraîneurs, iI y avait de quoi servir le goûter à tous les voyageurs de ce périple. Alors, malicieux que nous étions, nous organisions des petits duels d’échecs et de cartes (et oui, on jouait à une variante russe de la belote) et le perdant devait tout simplement manger

le plat choisi par notre joyeuse assemblée. Le borsch, la salade Olivié, le gâteau Napoléon, la tarte aux pommes, la baklava… Inutile de vous dire que les combats furent particulièrement féroces.

Je me souviens que je n’ai jamais été aussi contente de gagner mes matchs, et comme le tournoi avait une longue tradition et était organisé annuellement, je m’entraînais quelque jours avant chaque départ afin d’éviter la baklava préparée par ma tante…Quelques années plus tard je gagnais le championnat du monde des moins de 16 ans.

Finalement, bien jouer aux échecs ou aux cartes, ce n’était qu’une simple question de survie :-)

Je vous souhaite une très heureuse année 2009 et je suis sûre que plus jamais vous ne regarderez votre bûche de Noël de la même façon !

ChessBaby

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6 commentaires pour “C’était pas du gâteau…”

  1. valou29 dit :

    Merci almira pour ce belle article.

  2. YueStud dit :

    J’adore cette photo Almira!!!

    Et lol, la baklava de la tante :)

  3. lhiverpoule dit :

    Très bel article, un rien triste et nostalgique mais bon…
    Le borsch je connais c’est une soupe a la bettrave non?
    Bonne année à toi!!
    Maintenant ça serai plutôt les chèques et automat;;;;bon je sors

  4. Bosoleclown dit :

    Bel article Almira, bonne année à toi aussi :)

  5. Lou_Jr dit :

    Un régal …

    Ces nourritures spirituelles, ce bond dans ton patrimoine, remarquablement écrit, aide beaucoup à comprendre d’où tu viens, où tu es allé, et nous l’espérons, où tu iras… Merci de cette belle expérience ! Et meilleurs vœux à toi aussi !

  6. Sept murmures dit :

    [...] Mais revenons à cette muse que je vous présente enfin : Almira Skipchenko. Allez, faites l’effort de ne pas cliquer et de vous demander qui cela peut bien être… Et commençons par le prénom, déjà, rien que le prénom, qui sonne si mystérieux que google se perds dans ses origines … On voyage d’Espagne et Angleterre pour finir en Moldavie d’où vient d’ailleurs ce nom à consonance russe. Voilà, c’était juste un petit tour du monde avec ce maître international féminin d’echecs, de surcroit championne à 14ans. Petite histoire, narrée au coin d’un blog “tendancieux”, qui fera rêver ceux d’entre vous qui connaisse un peu la nouvelle discipline de prédilection d’Almira. [...]

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