Archive pour décembre 2009

2009 est mort, vive 2010

Dimanche 13 décembre 2009

Les WSOPe

Et voilà, encore une année qui s’achève. Elle fut riche en émotion, en joie comme en déception. C’est l’occasion de faire un bilan personnel : je n’ai pas à rougir de mon année, avec en point d’orgue une nouvelle table finale, celle du Grand Prix de Paris, tournoi à €10,000 organisé à l’ACF, en companie notamment Vikash Dhorasso qui termine 3è.

L’ACF est décidément un lieu qui me réussit. Cette année j’ai également fini 4e du Paris Open of Poker, accompagné d’un certain Manub et d’un certain Tristan Clemençon. On fait ça en famille chez Winamax ! Ceux qui viendront à la finale du France Poker Tour sont prévenus, l’Aviation, c’est une chasse gardée :)

Voici donc mon année en quelques mains… Lire le reste de cet article »

« Nice Hand », Titi

Mercredi 9 décembre 2009

L’Irlande vient de prendre le plus gros bad beat de son Histoire. Et il a été infligé par l’Equipe de France de football. Titi a fait une main (même deux !), et Gallas a envoyé l’équipe de France vers la coupe du monde en Afrique du Sud. « Merci les gars ! », devrait-on crier.

Mais non. La presse s’est déchainée. Philosophes, intellectuels, politiques, supporters lambdas ou spécialistes sportifs… tous avaient un avis. Inquiétant !

De façon unanime pour le monde du football : joueurs, entraineurs, journalistes, ce geste n’est qu’un fait de jeu parmi tant d’autres. Pour les autres, c’est souvent une tricherie, une honte.

« La fin ne justifie pas les moyens », diront certains. « Un sportif doit être un exemple pour la jeunesse », diront encore d’autres. Ah bon ? Pourquoi eux ? On en appelle donc à la justice, la morale, à la vidéo(surveillance) pour fliquer nos bons footballeurs. Faut-il rejouer le match ? Punir Thierry Henry ? Devait-il se dénoncer, trahissant ainsi la patrie ?

En tout cas, « nice hand Titi ». La vie ressemble à ça. Thierry Henry est un grand joueur de foot. Il vient de rentrer dans l’histoire. Car l’histoire est impitoyable : elle retient autant les buts incroyables que les erreurs d’arbitrage (qui n’ont d’ailleurs pas toujours été à notre avantage).

Titi ne sera peut-être jamais un grand joueur de poker. Pourtant, il vient de tenter un des plus beaux coups de bluff de l’histoire du football, à l’instar d’un certain Diego Maradona et sa main de Dieu.

« Nice hand, Titi » aurait-on entendu autour d’une table de poker. Parce que oui, au poker, le bluff est autorisé. Le mensonge d’une certaine manière. La seule véritable inconnue dans ce jeu reste les cartes de son adversaire. Alors on va essayer de “représenter tel jeu” ou on va faire un “check-raise all-in” ou bien encore rentrer dans un bluff totalement fou avec “air”.

On va essayer de lui faire croire que l’on est faible avec une main pourtant max et faire des “value bet” millimétrés pour être payé au mieux. On va lire son adversaire sur un “tell”, une expression, un mouvement… et faire un “call” génial avec la troisième paire.

Finalement, il faudra de tout façon se découvrir et montrer sa main. Pris dans le sac ou pas, on sera à ce moment-là le visage rouge de plaisir ou rouge de honte.

« That’s poker my friend ! »

En y réfléchissant, tout ceci ressemble un peu à la vie. La “faim” justifie les moyens. « Very nice hand, Titi ».

Anthony Roux conclut en beauté l’année 2009 du Team

Mardi 8 décembre 2009

Anthony Roux a finalement terminé en quatrième place en table finale de l’EPT de Prague, après une difficile bataille contre de très bons joueurs européens. Une performance qui conclut une fort belle année 2009 pour le Team Winamax. On passera en revue les douze mois qui viennent de s’écouler dans un prochain post.

En attendant, un grand bravo à xxTaLLxx pour sa prestation à Prague. Longtemps en retrait lors des compétitions live par rapport à certains de ses coéquipiers, Anthony s’est brillamment ratrappé cette année pour signer trois tables finales majeures.

Retrouvez notre couverture complète de l’évenement sur le site de Winamax. Arrêtez-vous en particulier sur le travail de Paco, particulièrement en forme cette semaine. La preuve ci-dessous.

Résumé de la table finale

Les impressions de Tallix

xxTaLLxx en table finale de l’EPT Prague

Dimanche 6 décembre 2009

Tout vient à point pour qui sait attendre. Alors que la première saison d’Antony Roux sur le circuit live, menée en parallèle avec des sessions de cash-games high-stakes hautement lucratives sur Winamax - fut plutôt décevante, 2009 le vit collecter ses premiers vrais succès en tournoi. Après une table finale lors des WSOP à Las Vegas, suivie d’une seconde quelques mois plus tard lors de l’édition européenne des championnats du monde, Tall termine l’année en beauté, avec sa première finale à l’European Poker Tour, qu’il entamera dimanche en troisième position au classement.

Ce que j’aime avec la performance, c’est que Tall l’a réalisée à force de travail. Au cours des quatre jours de l’épreuve, Anthony n’a finalement bénéficié que de peu de coups de chance outrageux ou de situations faciles (telles que brelan contre brelan, paire contre paire, etc), ne jouant, et gagnant son premier gros coin-flip qu’aujourd’hui, contre Juha Lauttamus.

Non, son accession en table finale fut loin d’être aisée. Après un Day 1 en demi-teinte, Tall avait entamé la seconde journée avec un tapis d’une vingtaine de blindes. L’exploit est rarissime : moins deux deux heures plus tard, Anthony avait complètement retourné la situation pour s’installer dans le siège du chip-leader.

Le lendemain, Tall allait se sortir magistralement d’un tirage de table difficile l’ayant placé directement à droite d’un ami, le dangereux Rui « Gohanounet » Cao, s’impliquant dans quantité de coups et asseyant progressivement sa domination sur la table. Deux jours plus tard, après quantité de gros bluffs et quelques calls mémorables (on se souviendra longtemps de cette paire de 5 contre Bastian Trachte), le joueur du Team Winamax est en passe de réaliser le plus gros résultat de sa carrière.

2009 a décidément réussi au Team Winamax, avec d’innombrables succès aux quatre coins de l’Europe et à Las Vegas. Cette table finale à Prague (accompagnée des places payées de Nicolas, Antony et Manuel) vient conclure l’année comme une cerise sur le gâteau de l’équipe la plus titrée du poker français. Allez, Tall, tu sais ce qu’il te reste à faire : une victoire, sinon rien !

Suivez les progrès d’Anthony en table finale dimanche à partir de midi, sur www.winamax.fr.

Le classement

Jan Skampa (République Tchèque) 3,985,000
Stefan Mattsson (Suède) 3,553,000
Anthony Roux (Team Winamax) 2,839,000
Eyal Avitan (Israël) 2,627,000
Luca Pagano (Italie) 2,119,000
Laurence Ryan (Irlande) 1,338,000
Sven Eichelbaum (Allemagne) 658,000
Gustav Ekerot (Suède) 502,000

Blindes : 20,000/40,000, ante 4,000

Les prix

Vainqueur : 682,000 euros
2/ 454,000 €
3/ 255,000 €
4/ 171,000 €
5/ 135,000 €
6/ 100,000 €
7/ 71,000 €
8/ 55,500 €

Virage avant la ligne droite

Samedi 5 décembre 2009

EPT Prague, 24 joueurs. Cette fois, j’ai dormi 7h, à poings fermés. J’en aurai même dormi une de plus si la réception de l’hotel ne m’avait réveillé pour un prétexte futile. Si je gagne ce tournoi, je rachète l’établissement et j’ouvre un casino à la place. Non mais.

La journée d’hier fût on ne peut plus rocambolesque. Le scénario idéal que je décrivais dans mon dernier post (400k après la bulle, 1 million à la fin de la journée) n’est pas passé loin de se vérifier! Arrivé avec 273k, J’avais 450k après un massacre de bulle comme j’en avais rarement effectué auparavant dans un tournoi de cette importance. A ma nouvelle table, je subissais plusieurs problèmes: d’abord la destruction de mon image avec des relances avortées et des sur-relances “light” attrapées la main dans le sac. Ensuite, un gros coin flip perdu avec JJ contre AK. Néanmoins, cette image pourrie n’allait pas tarder à payer: deux mains après le coin flip, j’élimine le joueur que j’avait fait doubler avec QQ vs TT, puis trouve AA un tour plus tard, un payeur et un stack moyen a la bonne idée de tout pousser avec 33 en squeeze. Ca tient, et me voici propulsé à 700k, proche du chip lead.

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Papillons dans l’estomac

Vendredi 4 décembre 2009

Matin du day 3 de l’EPT Prague. J’ai dormi 5h et je sais que je ne me rendormirai pas. Le tournoi n’a pas encore commencé mais je joue déjà dans ma tête.

Les mêmes chiffres tournent en rond dans mon cerveau. J’ai 273,200 pour une moyenne se situant autour de 160,000. Il reste 95 joueurs. La bulle est à 80. La journée se termine à 24 joueurs. Il y a 8 places en TF. Ca serait ma première TF d’EPT. Il y a 682,000€ au vainqueur …

Mais tout cela paraît si loin. Le bal des chiffres s’interrompt et je regarde la composition de ma table d’aujourd’hui: le deuxième stack a 148,000, et tous les autres sont bien en dessous. Je reconnais plusieurs joueurs, des serrures patentées. Une table de short stacks, à 15 joueurs de la bulle, dans un EPT, peut-on rêver mieux? Mon imagination débridée élabore tous les scénarios: “le pire? je joue mal, fais doubler un short, rate un bluff et tombe moi-même short, la table casse et je me retrouve à droite du chip leader, je tente un move de frustration et je sors à quelques places de la bulle…”. Le meilleur? “Je massacre ma table et arrive à monter 400,000 avant le passage de la bulle. J’ai un gros setup favorable en milieu de journée, set contre AA, et je franchis la barre du million quand nous tombons à 24 joueurs.” La réalité se situera probablement entre les deux… Mais je sais à quel point ce jeu peut être rapide et impitoyable, à la fois grisant et cruel, comment on peut jouer des pots de chip leader écrasant à 20 places de la table finale et succomber à deux outs. J’ai suffisamment d’exemples de grands joueurs autour de moi à qui cela est arrivé de nombreuses fois. Et pourtant, ils reviennent toujours à l’assaut, tournoi majeur après tournoi majeur, avec une détermination à peine émoussée. Les Levi, Mattern, Lacay, Lellouche, Croc, Davidi, Johny001, Elky ou Cao (et tous ceux que j’oublie) sont des modèles de talent, de technique, de travail mais surtout de volonté et de résilience psychologique. Ils ont leurs faiblesses, mais ce sont des monstres.

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