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51 jours au Rio

18 juillet 2010 par Harper

Il ne reste plus que onze joueurs dans le Main Event… Notre mission touche pratiquement à sa fin. L’objectif était de vous faire vivre ces championnats du monde 2010 à travers le suivi de toutes les épreuves, mais aussi en partageant avec vous les meilleures anecdotes et les histoires les plus rocambolesques. On peut dire que cette édition nous a gâtée ! Entre autres paris déjantés et obtention d’un cinquième bracelet français, il ne s’est pas passé un jour sans qu’une histoire croustillante ne vienne pas égayer notre quotidien. Nous espérons donc que vous avez vibré tout autant que nous en suivant cette série de tournois. Et pour les plus assoiffés, n’hésitez pas à de nouveau jeter un coup d’œil à notre reportage, dont vous pouvez retrouver les liens ci-dessous. Je vous souhaite à tous un très, très bon été et ne vous remercierai jamais assez pour votre fidélité.

Day 1 : Présentation des enjeux des World Series of Poker 2010 et début d’une épreuve mastodonte : le Players Championship à 50,000 dollars. Quelques paris extravagants sont déjà pris autour des tables ;
Day 2 : La suite du Players Championship et l’arrivée des premiers joueurs du Team Winamax sur Las Vegas ;
Day 3 : La première boucherie des World Series passée au crible avec une première polémique : alors que nous sommes au beau milieu du Day 1B, les joueurs du Day 1A sont-ils d’ores et déjà entrés dans l’argent ?
Day 4 : Présentation des finalistes du Players Championship alors que Robert Mizrachi mène les débats. Son frère Robert est également dans la course ;
Day 5 : Le début de la belle aventure de Nicolas Levi dans le Shootout à 5,000$ et la victoire de Michael Mizrachi dans le Players Championship ;
Day 6 : Annette Obrestad fait sa grande entrée aux World Series. A suivre aussi : la formidable prestation de Nicolas Levi qui réussit à se débarrasser d’une table constituée de Dario Minieri, Tom Dwan ou encore James Akenhead dans le Shootout à 5,000$, parvenant ainsi à se qualifier pour la finale ;
Day 7 : La cruelle élimination de Nicolas Levi en cinquième place du Shootout à 5,000$ et une présentation détaillée de l’épreuve de Stud à travers un historique de la discipline ;

Day 8 : Une journée marquée par le premier tournoi de Patrick Bruel dans cette édition 2010 des World Series ;
Day 9 : Men Nguyen remporte son neuvième bracelet. A lire aussi : une interview de l’anglais Praz Bansi, après avoir décroché sa deuxième breloque en or ;
Day 10 : L’incroyable journée de Tom Dwan qui, deux semaines après avoir annoncé qu’il remporterait un bracelet, échoue à une marche du sacre ;
Day 11 : Retour détaillé sur les nombreux paris pris par Tom Dwan. S’il avait remporté un bracelet, Durrrr aurait pu raser une bonne partie de la communauté High-Stakes ;
Day 12 : Les débuts d’Alexia Portal dans l’épreuve de No-Limit Hold’em à 5,000 dollars ;
Day 13 : L’interview de Carter Phillips après sa victoire dans l’épreuve de Short-Handed à 1,500 dollars ;
Day 14 : Une journée marquée par une nouvelle série de paris pris entre Tom Dwan et John Juanda ;
Day 15 : Début du Ladies Championship et retour sur la victoire de l’excellent David Baker dans l’épreuve de Deuce To Seven à 10,000 dollars ;
Day 16 : La finale du français Thibaut Klinghammer dans l’épreuve de Pot-Limit Omaha à 1,500 dollars. Entretien avec l’alsacien, qui n’échouera qu’en seconde place ;

Day 17 : Retour sur la victoire de Vanessa Hellebuyck dans le Ladies Event. La française apporte son cinquième bracelet à l’Hexagone dans une victoire en toute simplicité. A voir également : la folle histoire de « Super-Mamie » : alors que les meilleurs joueurs du monde avaient jugés bons de s’inscrire à la dernière minute d’une boucherie, une grand-mère les a rasés ;
Day 18 : Le début de l’épreuve Short-Handed à 2,500 dollars, avec l’élimination de Phil Ivey par Anthony Roux ;
Day 19 : Alexia Portal signe une nouvelle place payée dans l’épreuve Short-Handed. Clément Thumy va faire un poil mieux mais échouer à quelques marches de la finale ;
Day 20 : Retour sur le troisième bracelet de Sam Fahra obtenu dans une épreuve de Limit High-Low. Dans cette journée bien terne sur le plan du jeu, les reporters Winamax se sont lâchés avec quelques âneries subtilement (ou pas) placées ;
Day 21 : Le début d’une épreuve Short-Handed à 5,000$ cinq étoiles et la table finale du français Stéphane Tayar dans l’épreuve de Pot-Limit Omaha à 2,500$ ;
Day 22 : Les excellentes prestations françaises dans l’épreuve Short-Handed à 5,000 dollars marquée par le passage en demi-finale d’Anthony Roux et Bruno Launais. A suivre aussi : le début du championnat du monde de Heads-up à 10,000 dollars avec l’accession au troisième tour de Ludovic Lacay ;
Day 23 : Retour sur la quatrième place du français Bruno Launais dans l’épreuve Short-Handed et sur le duel épique qui a opposé Ludovic Lacay à Bertrand Grospellier en huitièmes de finale de l’épreuve de Heads-up ;
Day 24 : Cuts s’incline en quarts de finale du 10,000$ Heads-up pendant que démarre l’épreuve de Pot-Limit Hold’em à 10,000$ ;

Day 25 : Une journée marquée par la présence de Sara Underwood, mais aussi et surtout par l’obtention du huitième bracelet du meilleur joueur du monde : Phil Ivey. « Tant que des joueurs seront prêts à parier contre moi, je suis capable d’en gagner 30 » a-t-il déclaré après sa victoire.
Day 26 : Les demi-finales de Clément Thumy dans l’épreuve de Pot-Limit Hold’em qui s’arrêteront à la suite d’un coup invraisemblable. Marc Inizan était également de la partie.
Day 27 : Phil Ivey reçoit son bracelet des mains de Jack Binion. A voir : la (presque) accession d’Annette Obrestad en finale du Shootout ;
Day 28 : Vous voulez voir Antony Lellouche faire du ski nautique ? Alors ce Day 28 est fait pour vous !
Day 29 : A suivre : un Mike Mattusow au sommet de sa forme dans l’épreuve de Pot-Limit Omaha à 5,000 dollars ;
Day 30 : Comment Aurélien Guiglini a transformé une simple bouteille d’eau en un revenu de plus de 300 dollars ? Explications à l’occasion de cette trentième journée. A voir également : le premier bracelet de Gavin Smith.
Day 31 : Le début du Tournament of Champions (ce freeroll réservé à certains détenteurs de bracelet triés sur le volet) et l’élimination de Thomas Bichon en demi-finale d’une boucherie ;

Day 32 : Une flopée de français a débarqué sur Las Vegas et participe à divers tournois : une boucherie à 1,500 dollars ou encore le Pot-Limit Omaha à 5,000 dollars ;
Day 33 : Le départ de la très attendue épreuve Triple Chance en No-Limit Hold’em à 3,000 dollars ;
Day 34 : Un des tournois les plus relevés de la série débute : le 25,000$ Short-Handed. Au programme : mains de légende, tension et action au cœur d’une des journées les plus passionnantes de ces World Series.
Day 35 : Guillaume Darcourt réalise une nouvelle énorme performance en atteignant la troisième place du Triple Chance après un parcours haut en couleur ;
Day 36 : Retrouvez la présentation détaillée des finalistes du 25,000 dollars Short-Handed et la progression d’Antony Lellouche et Ludovic Lacay dans le Championship Omaha.
Day 37 : Revivez la victoire de Dan Kelly dans le Short-Handed à 25,000$ au travers d’un article détaillant le principe du stacking. Pendant ce temps, Ludovic Lacay atteint la finale du Pot-Limit Omaha à 10,000$…
Day 38 : Alors qu’il possédait la moitié des jetons à quatre joueurs restants, Ludovic Lacay s’incline en quatrième place au terme d’une dernière main totalement invraisemblable.

Et retrouvez également l’intégralité du Main Event : Day 1A, Day 1B, Day 1C, Day 1D, Day 2A, Day 2B, Day 3, Day 4, Day 5, Day 6, Day 7 et les demi-finales.

Si ces World Series touchent à leur fin, notre séparation ne sera que de courte durée : le circuit EPT et de nombreux autres tournois sur le vieux continent vont redémarrer à peine le mois d’Aout débuté. Benjo et moi serons bien évidemment présents tout au long de l’année pour vous faire vivre les exploits du Team Winamax et de la communauté du poker français. A très bientôt !

Variance professional

11 juillet 2010 par Johny 001

Las Vegas, 23 juin. Je suis assis à une table de 10/20 NL au Bellagio. J’étais là hier aussi, pour ma première partie de cash de ces WSOP. Ca s’est bien passé d’ailleurs et je me suis dit que je ne jouais pas assez souvent à Vegas ; j’ai du jouer seulement 5 sessions en cash ici depuis 2007… je me suis toujours concentré sur les tournois, et entre les journées de jeu, la préparation pré-tournoi, le temps de récupération post bad beat, les sorties et la récupération post sorties, je n’avais pas trouvé le rythme pour inclure du cash game.

Cette année avant d’arriver à Vegas je m’étais inscrit à 5 tournois avant le main event : les 3 tournois short-handed, un 5k, et le Heads-up. Et je n’aurais raté ces tournois sous aucun prétexte. Pourtant mon dernier tournoi, le heads-up, m’a laissé un gout amer : encore une fois quand j’ai été payé à tapis par ATo alors que j’avais AQs ca n’a pas tenu. Bien sûr ca n’était pas n’importe quel AT, c’était celui d’Elky, donc j’aurais pu me douter que c’était mal engagé. Mais ce jour là encore une fois j’y croyais. Et en quittant la table le fait que j’ai perdu à peu près tous mes tournois live de HU de cette façon depuis 3 ans m’est remonté à l’estomac.

En dehors du résultat le match était intéressant puisqu’on se connait très bien avec Elky. On a souvent joué ensemble, notamment en HU, comme par exemple 2 matchs (amicaux quoique pas gratuits) en marge du tournoi de Heads-up par équipe qui a eu lieu à Namur fin 2009. Et pendant ce HU des WSOP, on a tous les deux joué un jeu assez différent de celui que l’on pense que l’autre connait de nous. On a tous les deux joué moins agressivement que dans nos parties précédentes. Et moi qui l’ai souvent call light, j’ai réprimé mes tendances calling station :)

Le format heads-up a vraiment cet avantage qu’il est beaucoup plus rapide de se faire une idée de l’état d’esprit de son adversaire. Malgré que la structure ne soit encore une fois pas géniale, je pense avoir pu faire les ajustements nécessaires vers la fin du premier niveau (de 20mn). Si j’avais pu m’adapter immédiatement j’aurais évité 2 calls river dans des petits pots en tout début de tournoi. Mais ces 2 petits coups ont finalement contribué à lui retirer l’envie de me bluffer par la suite dans des plus gros pots. J’ai plus tard couché un brelan à la river, ce que je n’aurais pas fait dans d’autres circonstances. Elky m’a dit avoir la quinte max sur le coup et pour une fois je peux être sûr qu’on ne m’a pas menti, je sais qu’Elky est une des personnes à qui je peux faire le plus confiance dans beaucoup de domaines.

D’ailleurs sur mes 5 tournois je n’ai fait qu’un seul call difficile. Il y a beaucoup d’américains ici et donc moins de bluffs que sur le circuit européen… On est aux blinds 50/100 du 2,500 SH. Je suis BB et le bouton très aggro relance à 225. Je rajoute 125 avec 52s. Le flop vient 965 avec 2 carreaux. Je check call 300. La turn est la dame de pique. Je check et mon adversaire mise 800. Tous ses gestes me disent qu’il n’a pas de paire et qu’il 2 barrel un tirage ou air. Il checkerait aussi une paire sous la dame le plus souvent donc je paie plutôt confiant d’avoir la meilleure main. La river est le 8 de carreau qui complète la majorité des tirages. Je check, il mise 1,400. Je paie. Il retourne T4o et en voyant ma main il a l’air troublé pendant un long moment. C’est toujours très agréable… Il me demande après quelques instants de réflexion et un peu choqué quel pouvait être mon raisonnement sur la main. J’ai répondu que je n’avais pas envie d’en parler. Je n’aime pas parler stratégie et commenter les coups à table, surtout si le silence m’avantage.

A vous je peux avouer que sur ce coup s’il avait misé un peu plus de 2,000 à la river j’aurais sûrement passé. Je pensais avoir une bonne idée de son niveau de réflexion et c’est la mise que je prévoyais de sa part s’il avait touché un tirage. C’est un joueur assez bon pour 3 barrel sur les cartes dangereuses mais il ne se rend pas compte de l’incohérence de sa mise avec la main qu’il tente de représenter. Il aurait quasiment toujours checké une street s’il avait une paire. Et s’il avait touché quinte ou couleur il aurait misé plus cher en espérant être payé souvent par 2 paires ou mieux. Il est également trop expressif mais cette info n’aurait pas suffit : à la river il a pris sa meilleure poker face, et si sa mise avait été cohérente avec un tirage j’aurais eu du mal à payer.

J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer ces tournois. Comme j’ai besoin de varier les plaisirs j’ai décidé de ne plus jouer d’autre tournoi avant le main event, pour me consacrer au cash game et au sport qui fait un bien fou à mon moral et à mon poker. J’en ressentais le besoin depuis un moment, l’arrivée de Stéphane me permet de le concrétiser, et je kiffe. J’essaie d’en parler dans un prochain blog. D’ici là le plan est de fêter mes 30 ans ce week-end ! Ca va être assez énorme et là je ne pense pas en parler dans un prochain blog, parce que malheureusement pour vous “What happens in Vegas stays in Vegas” ;)

« Miss, you don’t play well »

2 juillet 2010 par Neechee Girl

« Miss, you’re playing with stars of poker and you don’t play well. »

Cette phrase m’a été dite par un croupier. Un croupier du Rio à Las Vegas pendant les WSOP. Nous sommes encore 45 en course dans le 2,500$ 6 max et je viens de faire tapis avec un peu moins de 20 blindes. Voici le contexte.

Je suis, depuis plus de deux heures, en train de me bagarrer à une table difficile, trois gros stacks à ma droite et je navigue entre 15 et 25 blindes. Les deux joueurs directement à ma droite relancent quasiment tous les coups préflop et je ne vois pas de jeu. Je pousse pour me maintenir à flots (avec des mains très marginales) à chaque fois que j’en ai l’occasion. Le joueur en face de moi sur qui ça tombe plus de 7 fois ne me paye jamais mais me regarde à chaque fois très longuement. Je sens qu’il tilt. Qu’il tilt grave même. Puis arrive ce coup, où une fois encore ça tombe sur lui : je pousse mes jetons au milieu ( j’ai cette fois AK et un peu moins de 20BB, une très bonne situation pour qu’il call vu l’historique entre nous). Il réfléchit encore plus, excédé, et finit par fold non sans lâcher à son voisin un truc genre « stupid girl. » En tout cas quelque chose de court, de visiblement pas très aimable mais que je n’entends pas… Le croupier ( qui est depuis 5 minutes à notre table) voit que je tends l’oreille pour écouter ce qu’il dit et c’est là que sort cette phrase magique « Miss, you’re playing with stars of poker and you don’t play well » !

A ce moment là de la compétition, tout peut se jouer, le mental a une place primordiale et cette phrase est impardonnable. J’ai deux solutions : soit j’arrête le coup, je fais venir le responsable du tournoi, je demande au croupier de répéter ce qu’il vient de dire et je le fais virer, soit j’encaisse.

Le truc c’est que je monte rarement dans les tours mais quand ça monte… ça ne redescend pas de si tôt.

Je pense à la situation : si je perds vingt minutes à me calmer après avoir fait cet esclandre, je perds ma concentration, ma crédibilité et mon énergie. Alors je décide de prendre sur moi et de continuer à jouer. Je ne le regarde plus et je continue ma partie. Je régule mon souffle, je repense à ce coup et vu la situation je le trouve tout à fait bien joué au contraire et je me remets à fond dans le tournoi… jusqu’au coin flip qui ne passe pas…

Je vais sortir 38e de ce tournoi avec effectivement toutes les stars du poker international, des joueurs immenses et j’en suis très fière.

Shaun Deeb

Quand il arrive à ma table en milieu de Day 2 du 5000$, j’ai 110,000 de stack et je suis au dessus de l’average. Il s’assied et regarde chaque stack à table avant d’annoncer très fièrement « j’ai 150 ». Et il demande à chaque joueur assis derrière des colonnes de jetons combien il a…« 95000 » … « 120 000 » etc.

J’attends mon tour… sauf qu’il ne vient pas : il me zappe et ne me demande rien !

J’attends qu’une main se joue et là je lui demande avec mes yeux noirs (et je peux vous dire que je fais très bien les yeux noirs) : « Est ce que c’est parce que je suis une femme que mon stack ne vous intéresse pas ? » Il recule et accuse un peu le coup avant de répondre un truc bidon « non, mais j’avais réussi à compter vos jetons » LOL

Et il perdra un tiers de son stack dans un coup juste après… contre moi …

Et le surlendemain, je le vois au tournoi ladies avec une pancarte ridicule « le poker n’est pas une question de sexe, je suis contre et donc je le joue ». Qui dit tournoi, dit bracelet à la gagne… vous me suivez ?

Qu’on soit contre les tournois exclusivement féminins, soit (j’en fais partie d’ailleurs, on n’est pas au tennis et je peux renvoyer la balle) par contre dès lors que ce genre de tournoi existe, pourquoi ne pas le respecter ? Et vu notre échange précédent je doute fortement de son féminisme. Pas vous ?

Phil Hellmuth

J’ai eu la chance de jouer l’année dernière avec Phil Ivey pendant le main event et quand je me retrouve en day 2 du 5000$ à la table de Phil Hellmuth, je sais que c’est une autre catégorie de super star. Une foule se presse pour le regarder et pour l’écouter. Pour l’écouter surtout. C’est très sonore du Hellmuth !

Je vois plusieurs coups qu’il joue.

Le premier, aux blinds 1500/3000, il relance 8000 et quand un joueur fait boîte pour un peu moins de 100 000, il va faire un cinéma incroyable pendant 6 minutes (le temps pour moi de manger une pomme), un acting presque risible : il dit être certain de faire face à KQ ! Tout ça pour fold AJ après réflexion…

Déjà un peu énervé il va se tromper sur sa main suivante en relançant à 6000 au lieu de 8000. Le même joueur le sur-relance, cette fois pas à boite. Et il recommence son cinéma, en donnant du “it’s so sick i’m pretty sure you have aces”, “i can’t believe i’m folding this hand”, “i folded queens before today already”.

Et il finit par fold effectivement QQ. Son adversaire montre alors A9o. Il se retourne vers Greg Raymer qui est derrière lui et lui raconte comment il a fold QQ plus tôt dans le tournoi, genre tu as vu de quoi je suis capable ! Alors qu’on est tous en train de se demander comment il peut monter des jetons si souvent, avoir autant de bracelets en se trompant autant et il argumente encore et toujours genre « mais on est toujours énorme quand on missclick preflop » etc.

Ce même joueur le sortira quelques mains après avec une paire de 3 contre A10 pour Hellmuth. Et on en entendra des « mother fucker » et autres amabilités dans la salle du Rio ! Et il reviendra sur les lieux du « crime » à deux reprises pour insulter et s’énerver tout seul.

En fait un des seuls coups où je l’ai vu remporter des jetons, c’est avec AA en main…

Quand à moi c’est sur un coin flip que je vais sauter 22ième.

Voilà mes WSOP première partie.

3 tournois et 2 résultats dans des events réputés difficiles… C’est un bon encouragement pour le main event. Je suis réellement impatiente de reprendre l’avion dimanche pour Las Vegas.

Je disais que ces WSOP étaient un peu les premiers pour moi : la première année, mes copains avaient cassés leurs tirelires pour m’offrir 3 petits events et je pense que je n’étais pas prête, la seconde année j’étais enceinte de 3 mois, fatiguée par ma grossesse et par mes deux allers/retours, l’année dernière je ne suis venue que pour le main event ce qui est au final très frustrant. Cette année, c’est juste parfait.

Un grand merci pour les pommes, le soutien, la déception qui se lisait sur le visage de mes amis qui m’ont regardé jouer. Merci à Nico avec qui j’ai partagé une table dans le 6 max. Son regard bienveillant et nos discussions m’ont fait un bien fou.

Avoir un team manager comme Stéphane Matheu est un atout considérable pour nous, joueurs. Etre avec quelqu’un qui nous épaule comme ça, qui nous remue et qui organise notre vie autour des tournois… c’est juste génial !

A très vite …

“Trop de notes!”

30 juin 2010 par ManuB

Déçu par mon absence de performances en NLHE aux WSOP, j’en ai tiré quelques conclusions (en dehors de l’omniprésente “bouh-houh-hou-qu’est-ce-que-je-run-bad”). J’ai compris assez vite que je jouais bien en dessous de mon A-Game principalement par manque de patience, par “envie de jouer” furieuse qui me fait prendre des mauvais spots.

Après avoir tâtonné un peu, j’ai trouvé une solution fun, exploitable par la suite, qui met à profit mes “sick twittering skillz” et qui, comble de joie, se partage avec vous, lecteurs du blog! Je note donc toutes les mains de la table sur mon iphone. Toutes, sans exceptions, même les plus anecdotiques. Le fait de ne rater aucun détail me fait prendre conscience de beaucoup plus de choses qu’avant sur les stratégies employées par mes adversaires.

Pour cette première, je vous livre ici l’intégralité de l’event WSOP à $3000 Triple Chance, comme on dit à la télé US, c’est “raw, unedited and uncensored”.

On commence par les notes prises sur les joueurs en fonction des mains, dans un fichier séparé. Pour le titre du blog, c’est ce qu’aurait dit Joseph II à Mozart. Une telle citation prouve incontestablement l’intérêt de ma méthode!

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La vie en 6-max

29 juin 2010 par KitBul

Après des débuts de World Series difficiles, j’attendais avec la plus grande impatience le début des tournois Short-Handed. J’aurais souhaiter faire un résultat avant de les jouer car je connais le rôle prépondérant de la confiance dans cette discipline… Dans quelques jours, c’est l’Event #52, le tournoi de No-Limit Hold’em en 6-max à 25,000 dollars. Il ne va réunir que le gratin du poker mondial. J’ai pu faire un petit entrainement avec les deux Short-Handed : le 2,500$ et le 5,000$.

Dans le premier, j’ai atteint ma première place payée auw World Series. En SH, j’aime bien attaquer dès le début du tournoi, contrairement aux tournois Full-RIng où il est plutôt conseillé de ne pas trop jouer dans les premiers niveaux. J’ai donc joué libéré, n’hésitant pas à squeeze preflop avec des suited connector (ou pas) et lorsque j’étais payé : un simple continuation bet suffisait. Exemple avec une main contre Josh Arieh.

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La débâcle dans la bonne humeur

26 juin 2010 par _guignol_

Un peu à l’image de l’équipe de France de football, ces deux premières semaines à Las Vegas se soldent par un zéro pointé… En effet, en sept participations, je ne compte aucune deuxième journée et donc aucune entrée dans l’argent. Comme dirait Benjo, « c’est nul ! »

Revenons quelques jours plus tôt. Je suis arrivé sur Vegas très motivé par la table finale de l’ami « Croc » dans le shootout à 5000$. Il faut dire que moi aussi mon kiff, ce serait de doubler sur Durrrr ! De plus, je compte démarrer par mes tournois préférés : le 2,500$ et le 5,000$ Short-Handed. Malgré la fatigue du décalage horaire, je me démène plutôt bien sur le 2,500$ à une table qu’on peut juger facile.

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Bilan mi-WSOP : 7 tournois, 1 ITM

19 juin 2010 par KitBul

Après vingt-deux jours de compétition, place à un premier bilan. Classons les tournois que j’ai joué en deux catégories : les donkaments et les tournois sharks.

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En stage, pas a Tignes.

13 juin 2010 par Sir Cuts

Alors que les WSOP ont commencé depuis maintenant deux semaines, j’ai pour ma part opté pour une préparation dans un endroit plus calme et familier, mais pas dépourvu d’action niveau poker : Marrakech.

Le programme était simple, remise en forme physique avant de partir pour Vegas où je m’entrainerai tous les jours, et de longues séances de poker pour me remettre dans le bain du live et travailler mon endurance. Le choix de Marrakech s’est fait naturellement, c’est un endroit que je connais bien pour ses parties de cash game mais aussi ses séries de tournois toujours ponctuées par un main event a 50,000 dirhams, l’équivalent de 5,000 euros. Les participants y sont toujours issus d’horizons différents, jeunes qualifiés, joueurs locaux ou habitués de cercles parisiens. Bref, un bon entrainement avant les boucheries de Vegas.

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Quoi? L’essence.

10 juin 2010 par ChessBaby

Je passe ma vie à jouer, et j’ai ce besoin presque vital de m’échapper. D’enfermer dans leur boîte les poussiéreuses pièces de bois et les jetons colorés, et de voir jouer les autres. Cette année j’ai déjà eu l’occasion d’écouter une grande pianiste, Mitsuko Uchida, interprêter le concerto n°4 de Beethoven. ”Ma peau a chaviré”, une expression qui fait souvent sourire mes amis français car il est toujours difficile d’exprimer ce qu’on ressent en présence de la beauté et de la perfection (je rêve maintenant de la voir interpréter Mozart, sa spécialité). Autre parenthèse enchantée, je suis allée voir le Barbier de Séville à l’Opéra Bastille, qui m’a beaucoup surpris par sa mise en scène moderne et dont je chantonne encore les airs.

Hier, je me suis réfugiée à la salle Pleyel, le temple parisien de la musique classique, accompagné par un ManuB très impatient de voir le concerto de Grieg (dont l’interprétation par Valentina Lisitsa est devenue sa berceuse). Nous fûmes surpris de découvrir que le pianiste du soir, Nikolaï Lugansky, est aussi un joueur d’échecs émérite. D’ailleurs, le chef d’orchestre, un jeune norvégien possédé par l’oeuvre, aurait eu sans difficulté sa place à une table de poker à Vegas.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais l’émotion que suscite l’entrée dans une salle de spectacle ressemble à s’y méprendre au début d’un tournoi de poker. Le chaos originel: l’entrée des joueurs ou des spectateurs qui jouent des coudes pour atteindre leur siège, l’entrée des musiciens, la cacophonie quand ils accordent leurs instruments, tout comme les joueurs comptent et recomptent leurs stacks. L’entrée du chef d’orchestre qui salue respectueusement le public et les musiciens avant de faire naître l’harmonie d’un geste ample de sa baguette, tel un tournament director et son “shuffle up and deal”.

Petit à petit, la musique s’empare de moi comme peut le faire le jeu sous l’emprise de la concentration. Plus rien d’autre n’existe. On s’oublie à tel point que la confusion entre spectateurs, musiciens et oeuvre est totale, on devient ce torrent de pensées et d’émotions, comme quand on ressent le “flow” à la table de poker. Même ManuB arrête de twitter!

Je joue, donc je suis. Surtout au poker, après tant d’années de silence réligieux aux échecs, je peux enfin exprimer mes émotions. Une multitude d’Almira fait surface. Mais l’inverse est vrai aussi: quand je joue, quelque part, je cesse d’exister.

Vous avez rien compris? Passons à autre chose! Ce soir, coincée entre Nicoletta, Isabelle Adjani, et non moins célèbre Patrice Laffont, j’ai goûté aux vers exquis de Baffie, “Laurent Baffie est un sale gosse”. Figurez-vous qu’à défaut de cartes, il a parlé beaucoup de sexe, un peu des échecs. Adepte de l’improvisation sur scène, il cherchait une nouvelle proie à châtier. La frayeur m’envahit. Celui qui détourne les yeux se sait condamné.  Nos regards se croisent et je passe le meilleur bluff de ma vie. Plus fort que les verres fumés d’Adjani. Je souris. Ouf. Il passe à quelqu’un d’autre.

Et si jamais vous avez envie d’entendre le chant baroque (ABBA, dans un registre assez éloigné) de ManuB (qui a perdu le last longer contre moi à San Remo), suivez le coverage quotidien des WSOP de Benjo et Harper. Le pari sera honoré bientôt dans un karaoké de Las Vegas.

P.S. La coalescence est un phénomène par lequel deux substances identiques, mais dispersées, ont tendance à se réunir.

Sick, sick, sick !

10 juin 2010 par KitBul

Après un très bon départ au Day 1, je me retrouvé éliminé à vingt places de l’argent à l’Event #13 des World Series of Poker 2010… Ce qui compte au poker, c’est le résultat ! Qu’est-ce que ce jeu peut être cruel. J’ai maitrisé mon sujet pendant une journée entière, et ai commis une unique « erreur » au moment crucial du tournoi. Et voilà, sorti. Tout ce travail est remis au néant. L’important, c’est d’en ressortir avec une leçon qui va me permettre d’avancer. Ne revenons pas sur mon Day 1 : ce fut un gâchis de skill et de chatte. =)

Day 2, donc. Nous ne sommes plus qu’à cent places de l’argent.

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